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Billard et révélations [FINI]

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Chief Executive Officer

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Jeffrey J. Gallagher
Chief Executive Officer
Message Sujet: Billard et révélations [FINI] | Jeu 8 Nov - 22:09

Cigare en bouche, Jeffrey se concentra un long moment avant de tirer. La boule de billard en percuta deux autres dans un angle stratégique, de sortes qu’elles rejoignent chacune un trou différent. Particulièrement fier de son coup, le PDG milliardaire se redressa en écartant les bras, l’air incroyablement satisfait et prêt à recevoir les compliments qui s’imposent.

« Il faut avouer que c’est réussi, pas vrai ? »

Il fixait la seule personne présente avec lui dans la salle de billard qu’il avait tenu lui-même à installer dans l’étage consacré au personnel. Tout le monde savait pertinemment que c’était la table de billard du patron, si bien qu’on n’y trouvait jamais grand monde, la plupart des employés probablement terrifié à l’idée de faire un faux pas ou de tomber dans un piège. En vérité, Jeffrey avait pensé à tout ça avant même de l’installer, mais c’était justement cela qui l’amusait : plus d’une fois, il avait fait semblant de s’énerver contre quelques courageux joueurs et s’était délecté de les voir bafouiller et s’excuser avant de comprendre que ce n’était qu’une énième blague de leur excentrique patron.

La personne qui se trouvait avec lui était un jeune homme qui n’avait pas encore tout à fait atteint la trentaine d’années, mais qui travaillait déjà pour la Neo Corporation bien avant l’accident et qui faisait de ce fait partie des employés habitués et blasés. Il avait bien tenté de protester une minute lorsque Jeffrey lui avait ordonné de lui tenir compagnie le temps d’une partie de billard, essayant de prétexter du travail à faire tout en sachant pertinemment d’avance que rien n’arrêtait Gallagher lorsqu’il décidait quelque chose. Il avait fini par capituler très vite, habitué, et se tenait maintenant adossé à la table de billard, occupé à taper frénétiquement sur la tablette tactile qu’il tenait en main et qui servait d’agenda à beaucoup d’employés. Il ne se donna même pas la peine de relever les yeux, concentré, si bien que Jeffrey attendit quelques secondes les bras écartés avant d’abandonner, fronçant les sourcils et l’air boudeur. Il retira le cigare de ses lèvres, expira la fumée, puis répéta d’un air agacé et entendu à la fois :

« Pas vrai ? »

Cette fois, il vit son employé relever la tête pour lui accorder son attention, docile et rodé par l’habitude.

« Parfaitement, monsieur. »

Jeffrey leva les yeux au ciel et se désintéressa de lui pour plutôt faire le tour de la table et tenter un nouveau coup. Tout en se plaçant, il continua à interroger son employé.

« Est-ce que la nouvelle commande a été passée à nos chers amis frigides et coincés de l’extérieur ? »

Il savait que son employé saurait de quoi parlait, soit du marché qu’avait passé la Neo Corporation avec le gouvernement à l’extérieur de la ville pour acheter des vivres et des matières premières afin de subvenir aux besoins de la population de San Francisco. Ces livraisons étaient effectuées de la manière la plus rudimentaire possible : les cargaisons étaient larguées du haut d’un hélicoptère, rapidement, sans un seul mot ni un seul message. Les militaires et le gouvernement n’étaient pas très bavards, en vérité. Un peu comme son employé, qui prit le temps de glisser à nouveau les doigts sur sa tablette, plusieurs fois, avant de répondre.

« Je ne sais pas, monsieur, mais je vais vérif… »
« Non, le coupa Jeffrey sur un ton agacé, appelle-moi plutôt Hawkins. Je n’ai pas de temps à perdre et elle appréciera mon jeu comme il se doit, elle. »

Il vit avec satisfaction son employé se redire avant d’obtempérer avec un « Oui, monsieur. » qui dissimulait mal son léger agacement. Alors qu’il partait, Jeffrey fit à nouveau le tour de la table, analysant la place des boules de billard qui s’étalaient sur le tapis. Au passage, il éteignit son cigare et récupéra un verre de whisky qu’il avait posé sur un meuble élégant contre le mur. Il savait pertinemment que Charlotte Hawkins serait tout aussi blasée que l’autre employé, mais il s’en fichait. Elle restait sa secrétaire personnelle et par conséquent, c’était elle qui se chargeait de tous les dossiers qu’il lui mettait entre les mains. Il devait donc s’entretenir souvent avec elle, encore plus depuis ces trois derniers mois alors que la ville s’effondrait. Mais que lui vivait toujours dans un luxe indécent.



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Dernière édition par Jeffrey J. Gallagher le Mar 26 Fév - 0:11, édité 1 fois
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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Sam 10 Nov - 16:45

Cela faisait une semaine peut être que Charlotte vivait un peu plus sereinement. Une semaine qu'elle savait qu'elle ne serait jamais dotée de pouvoirs comme certaines personnes à San Francisco. Elle s'inquiétait toujours concernant sa famille, ne pouvant pas communiquer avec eux mais savoir qu'elle serait toujours saine quoiqu'il arrive était un véritable soulagement. Maintenant, elle pouvait se plonger dans son travail sans penser qu'un jour, elle serait obligée de le quitter parce qu'elle était une mutante. Elle n'était toujours pas à l'aise avec toutes ces histoires, l'explosion et le fait que tout était en fait la faute de la Neo Corp., l'entreprise pour laquelle elle travaillait, certes, mais le fait qu'elle ne se retrouvera jamais enfermée à cause d'une mutation lui permettait de penser à autre chose. La qualité de son travail s'en trouvait changer aussi, elle redevenait beaucoup plus professionnelle, intransigeante sur le moindre détail. Comment avait-elle fait pour savoir la vérité sur sa non-mutation ? Tout simplement en allant voir une personne capable de le lui dire, une personne dotée d'un pouvoir plus qu'intéressant. Elle avait appris l'existence d'Eryn Blake en lisant un rapport d'un agent et l'envie de savoir étant devenue un besoin, Charlotte improvisa une petite promenade dans une partie retirée de la ville, où se concentrait généralement toutes les personnes voulant se cacher et par un heureux hasard, elle réussit à s'entretenir avec la mutante, qui lui apprit que non, elle n'aurait aucun pouvoirs. Charlotte était soulagée, certes, mais elle savait qu'un jour, elle risquait d'avoir des problèmes suite à cette rencontre : elle n'avait parlé de ceci à personne et si les Peacekeepers l'apprenait d'une façon ou d'une autre, elle devrait tout avouer, de peur de s'enfoncer encore plus. De plus, elle avait maintenant une dette envers Eryn Blake et elle craignait de la revoir un jour : cette nouvelle rencontre signifierait qu'il serait temps de payer sa dette. Charlotte redoutait ce moment parce qu'elle ne savait pas du tout ce que pourrait lui demander la jeune mutante, de même cela serait honnête ou non, si cette demande lui attirerait des ennuis auprès de son patron par exemple. Eryn allait savoir qui elle était, pour qui elle travaillait au bout d'un moment : là, elle connaissait seulement son nom, mais ce n'était vraiment pas compliqué pour la retrouver. Au final, Charlotte avait un peu regretté d'avoir cédé à l'envie de savoir si elle était saine : elle avait beau être soulagée, elle n'avait pas l'esprit tranquille : elle avait enfreint beaucoup de lois ce jour-là et elle était persuadée qu'un jour ou l'autre, cela lui retomberait dessus.

Le seul moyen que Charlotte trouva pour éviter de penser à tout ceci, ce fut de se donner à fond dans son travail, comme à chaque fois que quelque chose n'allait pas. En fait, depuis trois mois, elle ne vivait plus que pour son travail et depuis une semaine, ce sentiment s'était encore intensifiée. Elle n'avait que ce mot à la bouche : son travail. Et dès qu'elle arrêtait d'y penser, elle se revoyait dans les ruelles sombres et mal-famées du Black Market, avec cette Eryn. Alors elle essayait de penser à autre chose, son travail en l’occurrence. Et de toutes façons, les dossiers à traiter ne manquer pas et quoiqu'il arrive, elle avait toujours quelque chose à faire, c'était le coup à payer pour être la secrétaire de Jeffrey Gallagher.

Assise à son bureau, Charlotte lisait des dossiers concernant de nouvelles idées de campagnes publicitaires et un nouveau plan de communication pour rassurer la population en posant la Neo Corp. comme leur sauveur, comme dans chaque campagne précédente depuis trois mois. Charlotte trouvait le message un peu répétitif et limite gonflant, mais c'était un passage obligatoire pour limiter les dégâts. Elle détestait devoir mentir à des milliers de personnes, sur l'implication de la Neo Corp. sur l'incident qui a conduit à la mise en quarantaine de la ville, mais elle n'avait pas d'autres choix d'approuver et de faire parvenir tous ses dossiers à son patron, qui approuvait chacun d'entre eux.

Charlotte fut interrompu par un de ses collègues, qui frappa à la porte de son bureau, entre-ouverte. Elle leva la tête, lui demandant ce qu'il voulait. Il semblait agacé mais elle n'en fit guère attention : l'ambiance au travail n'était pas aussi détendue qu'on pourrait le croire. Et puis elle comprit lorsqu'il lui dit qu'il venait de la part de Gallagher, qu'il était dans sa salle de billard et qu'il voulait la voir. Charlotte voulu alors savoir pourquoi mais son collègue partit aussi vite qu'il était venu, sans lui laisser le temps de répondre. Tout le monde savait que quand Gallagher demandait à voir sa secrétaire, celle-ci rappliquait aussi vite : certains pensaient qu'elle lui était complètement dévouée et que ça cachait quelque chose mais pour Charlotte, c'était une manière de prouver à son patron qu'il pouvait lui faire confiance dans toute sorte de situation, qu'elle était là pour travailler et qu'elle ne perdait pas de temps. Un parfait petit soldat, en outre, mais c'était sa façon de travailler.

Charlotte prit quelques dossiers à soumettre à son patron ainsi que sa tablette tactile, au cas où il lui demanderait quelque chose qui n'aurait rien à voir avec ce qu'elle lui amenait : toutes les informations importantes étaient soigneusement notées sur sa précieuse tablette, Charlotte mettant un point d'honneur à s'organiser un maximum pour n'être jamais prise au dépourvu face à son patron pour qu'il n'ait rien à le lui reprocher. Elle traversa ensuite les différents couloirs qui la séparait de la salle de billard, ses hauts talons raisonnant sur le sol ce qui attira l'attention de certains collègues qui se détournèrent l'espace d'un instant de leurs occupations. La salle de billard, se trouvant dans l'espace réservé au personnel, n'était pas très loin du bureau de Charlotte : elle prit un ascenceur, descendit de deux étages et s'y trouva rapidement. Elle se retrouva donc assez vite sur le seuil de la pièce. Charlotte, n'étant pas une adepte du billard et des loisirs au travail, ne s'y rendait pas souvent, d'autant qu'elle ne voulait pas affronter son patron dans un jeu, son travail ne consistant pas à le divertir et espérant éviter quelques remarques agançantes – Charlotte comprit alors la raison de la mauvaise humeur de son collègue : encore un coup de son patron. Tablette tactile et dossiers calés contre sa poitrine, elle donna quelques coups à la porte, de sa main libre, et entra. Sur un ton neutre, elle s'adressa alors à son patron :

« Monsieur. Vous m'avez demandé ? »


Question purement rhétorique mais c'était une manière de s'annoncer et de savoir pourquoi il voulait la voir, vu que son collègue, énervé, ne s'était pas donné la peine de le lui préciser.




Dernière édition par Charlotte G. Hawkins le Lun 19 Nov - 23:13, édité 1 fois
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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Lun 19 Nov - 22:13

Son verre de whisky toujours en main, Jeffrey avait le regard pensif dirigé vers la fenêtre, à travers laquelle il voyait une partie de la ville. Il avait une bien meilleure vue depuis ses appartements, situés au sommet de la tour, et il avait toujours aimé porter un regard satisfait sur San Francisco qu’il dominait ainsi de la hauteur de son bâtiment. Sauf que depuis l’accident de laboratoire, son regard se faisait plus pensif qu’avant lorsqu’il le portait sur la ville. Une ville qui avait subi de profonds changements. En grande partie à cause de lui. Ou plutôt de son entreprise. De ses idées. De ses décisions. S’il ressentait des remords ? Non. D’aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, il n’en avait jamais ressenti. Il n’avait pas de temps à perdre pour ça. Le temps, c’était de l’argent. Mais contempler objectivement les changements qui s’étaient opérés sur San Francisco avait de quoi laisser pensif. Jeffrey connaissait les causes de tous ces changements, alors il ne perdait pas de temps, comme beaucoup d’autres, à s’interroger sur le sujet. Il préférait réfléchir au futur. Aux autres changements qui surviendraient. À ce qu’il pouvait faire pour que cela arrive, et pour que ces changements l’arrangent. Il voulait que tout l’arrange dans cette nouvelle ville, dans cette nouvelle vie. Et il était plutôt bien parti.

Il s’écarta de la fenêtre et secoua machinalement son verre avant d’avaler le fond de whisky qu’il restait. Il revenait auprès de la table de billard lorsque sa secrétaire arriva enfin, toujours posée et propre sur elle. Elle ne souriait pas et si elle n’avait pas l’air blasée, elle n’avait pas non plus l’air niais et enjoué des nouvelles recrues féminines qui se mettaient dans la tête l’idée qu’il serait intéressant de travailler pour le célèbre milliardaire excentrique alors qu’en vérité, c’était bien plus contraignant qu’intéressant. Charlotte Hawkins, elle, était juste habituée et lucide. Et efficace. Un atout majeur de la Neo Corporation, en vérité ; Jeffrey exécrait s’occuper lui-même de toute la paperasse administrative, et il n’était pas forcément chose aisée de trouver quelqu’un capable de s’en occuper avec brio dans son intégralité. Quelqu’un de confiance, de plus. Mais Jeffrey avait trouvé ce quelqu’un en Charlotte Hawkins et ne regrettait absolument pas son choix, en sachant que la jeune femme avait fait largement ses preuves depuis les années.

Il écarta les bras pour faire mine de l’accueillir avec jovialité, le sourire au coin des lèvres, puis posa son verre vide sur un coin de la table de billard, non loin de Charlotte.

« Un jour, il faudra que vous m’expliquiez l’utilité de ces questions purement rhétoriques que vous posez tous, très chère. »

Il avait le ton ironique, comme souvent lorsqu’il se permettait ce genre de réflexions. Il était habitué au fait que ses plus fidèles employés soient justement habitués à lui, si bien qu’il n’attendit pas une éventuelle réponse de sa secrétaire et préféra plutôt faire à nouveau le tour de la table pour pouvoir se placer face à la blonde et prendre un air grave.

« J’avais expressément besoin de votre avis. Au sujet de mon jeu. »

Il fit un geste théâtral en direction de la table, pour attirer son regard sur les quelques boules qui restaient encore en jeu sur le tapis. Il attendit qu’elle y jette un coup d’œil, peut-être machinal, avant de faire un grand sourire ravi.

« Pas mal, non ? »

D’accord, il n’avait pas demandé à la voir pour ça, à la base. Mais les lubies du PDG, à force, plus personne ne s’en étonnait.



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Mar 20 Nov - 13:02

Il y avait bien longtemps que Charlotte n'appréhendait plus toutes ces entrevues avec Gallagher. Au début, elle ne pouvait s'empêcher d'angoisser à chaque fois qu'il la demandait justement à cause de sa réputation et de tout ce qu'elle avait pu entendre à son sujet au sein même de l'entreprise. Elle discutait souvent avec ses collègues et eux disaient qu'il pouvait se montrer vraiment chiant et déplacé avec ses employés, que beaucoup de ses remarques n'étaient que pure provocation pour tester la résistance de tout le monde. Elle se demandait alors systématiquement ce qu'il allait lui préparer mais au fil du temps elle finit par apprendre à travailler avec le patron de la Neo Corp., à anticiper toutes ses réflexions, à adopter une attitude nonchalante à chacune de ses lubies, afin de lui montrer que rien ne l'atteignait et que seul le travail comptait, qu'elle était là pour ça et non pas pour l'amuser. Enfin malgré tout, elle avait aussi appris à l'apprécier en tant qu'homme et patron. Elle le respectait pour tout ce qu'il avait fait pour son entreprise, tout seul et si elle ne se focalisait que sur ce point, Charlotte arrivait à oublier à quel point il pouvait être détestable par moment. Cependant, elle ne pouvait vraiment pas se plaindre : elle avait un travail qui lui plaisait et ce n'était vraiment pas donné à tout le monde, elle le savait. Aujourd'hui même, elle occupait une très bonne position, si bonne qu'elle réussit même à savoir, par quelques moyens détournés et peut-être illégaux, qu'elle n'était pas une mutante. Et elle espérait qu'un jour, à force de se montrer toujours aussi efficace malgré la situation, son patron s'arrange pour qu'elle puisse communiquer avec l'extérieur. Une faveur à lui demander ? Oui. Néanmoins, elle n'était pas en mesure de lui demander, sachant qu'elle l'avait trahi, en quelques sortes, en trouvant une jeune mutante qui l'intéressait, visiblement, sinon pourquoi aurait-elle eu son dossier à lui transmettre ?

Charlotte entra dans la pièce, Gallagher se trouvait devant le billard, un verre vide à la main. Elle ne comprenait pas vraiment l'intérêt de boire au travail mais c'était le grand patron, il avait tous les droits et personne ne pouvait le contredire. Elle n'était pas sûr que si ses collègues se permettaient un jour la même chose qu'il laisserait passer ça. Enfin, tant qu'il restait lucide, Charlotte s'en fichait un peu au final. Gallagher l’accueillit en écartant les bras, l'air heureux de la voir. Elle se retint de lever les yeux au ciel, estimant que ce n'était qu'une mise en scène comme une autre, que ce n'était pas un geste naturel, juste une de ses excentricités. Pourquoi serait-il heureux de la voir sachant pertinemment qu'elle ramenait du boulot et que lui, était dans la salle de billard, pour se distraire ? Elle se contenta alors de soupirer, esquissant un léger sourire un peu forcé face à son curieux accueil.

Gallagher la interrogea alors sur les questions purement rhétoriques que tous les employés utilisaient sans arrêt pour se présenter à lui. Charlotte faisait cela naturellement en fait, c'était ancré en elle et même si elle savait que c'était bien souvent inutile, ces mots restaient juste une marque de bonne manière, une façon respectueuse de s'adresser à son supérieur. Étant son propre patron, il ne risquait pas de s'adresser à quelqu'un de la sorte, il n'avait pas de supérieur hiérarchique techniquement.

Elle le suivit du regard lorsqu'il commença à faire le tour de la table, se demandant ce qu'il lui préparait, encore. Charlotte lui répondit alors dans un murmure, persuadée que la réponse ne l’intéresserait pas au fond.

« Pure politesse monsieur, pure politesse ... »

Effectivement, il avait déjà enchaîné sur la raison pour laquelle il avait demandé à ce qu'elle vienne et n'avait certainement pas écouter sa réponse. Il avait donc besoin de son aide pour qu'elle lui donne son avis sur son jeu. Sur son jeu au billard. Là, Charlotte ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, agacée qu'il la dérange pour cela. Elle n'avait pas le temps pour ses gamineries, non, elle avait du travail et il ferait bien d'en faire autant. Sauf qu'évidemment, elle ne pouvait pas le lui dire, bien qu'elle soit convaincue qu'elle aurait pu se le permettre : il ne pouvait pas la virer, pas en ce moment, à moins de se désintéresser complètement de l'avenir de son entreprise, ou de vouloir vraiment se mettre au travail et que tout le mérite lui revienne au final.

Charlotte, ses bras toujours croisés contre sa poitrine, dossier et tablette avec elle, s'était déjà rapprochée de la table de billard et jeta alors un regard en direction des quelques boules restantes. Le billard ne la passionnait vraiment pas et elle en connaissait à peine les règles, à force d'observer les gens y jouer mais ne comprenait pas ce qu'il pouvait y avoir d’intéressant là dedans. Cepedant, une règle d'or de Charlotte consistait à rester polie avec son patron, quoiqu'il arrive. Elle devait le respecter, même s'il l'agaçait à certains moment, lorsqu'il n'était pas sur la même longueur d'onde qu'elle au travail, c'est-à-dire les trois quarts du temps. Elle décida alors d'oublier volontairement de donner son avis sur le jeu de son patron, préférant passer à autre chose et au mieux, retourner dans son bureau au plus vite. Tant pis pour les dossiers qu'elle avait ramené, son patron n'avait pas l'air d'humeur à les étudier.

« Vous m'avez vraiment demandé pour que je vous donne mon avis sur votre jeu ? » demanda-t-elle, septique, sourcils froncés.

Encore une question assez rhétorique, étant donné qu'il lui avait déjà dit que oui, il l'avait fait venir pour avoir son avis. Charlotte ne cherchait pas à comprendre la logique de son patron, elle avait arrêté de chercher une quelconque logique chez lui depuis longtemps de toute manière. Elle attendait juste qu'il lui permette de s'en aller, ce qui l'arrangeait au fond : elle n'était pas sûre de pouvoir garder son secret et ce qu'elle avait fait la semaine précédente bien longtemps.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Mar 27 Nov - 22:47

Jeffrey eut un sourire faussement compatissant lorsqu’il vit l’expression sceptique de sa secrétaire. Allons bon, cela l’étonnait encore de se faire demander pour des choses sans importance comme celles-ci ? Probablement que non, mais Charlotte Hawkins était connue pour être sérieuse et appliquée dans son travail – ce qui expliquait pourquoi elle était un atout de taille à l’entreprise et à son PDG – si bien qu’elle n’appréciait jamais être dérangée pour rien, même lorsqu’il s’agissait de son patron. Cela, Jeffrey le savait pertinemment et il s’en amusait souvent, puisqu’il savait aussi que Charlotte ne s’autorisait jamais, ou très rarement, des remarques pour signaler qu’elle n’approuvait pas le comportement de son chef. D’accord, elle savait très bien afficher son agacement, mais elle restait toujours très professionnelle. De ce fait, Jeffrey aimait l’embêter, la taquiner, la faire tourner en bourrique de temps en temps, tout comme il aimait toujours tester les limites des gens. Mais Charlotte avait un atout pour elle que le commun des mortels n’avait pas, c’était que Gallagher lui faisait confiance. Si bien qu’elle pouvait être sûre qu’aussi insupportable qu’il puisse être, Jeffrey finirait toujours par l’écouter à un moment ou à un autre.

Il s’appuya contre la table de billard derrière lui, croisa les bras, et haussa un sourcil d’un air entendu.

« Pourquoi, cela vous surprendrait ? »

Il savait bien que non, mais visiblement, Charlotte aimait les questions rhétoriques et inutiles, alors autant s’y mettre lui aussi. Il inclina légèrement la tête du côté et reprit, le ton faussement accusateur :

« Ceci dit, j’attends toujours ce compliment qui ne vient pas. Alors je vais nous faire gagner du temps et dire à votre place que je suis incroyablement doué et que je mérite amplement un nouveau verre de whisky en guise de récompense. Vous me passez la bouteille ? »

Il attrapa le verre vide qu’il avait posé sur un con de la table et fit un vague signe en direction de l’élégant minibar qui se dressait dans un coin de la pièce, dans le dos de Charlotte. Il y entreposait quelques bouteilles d’alcool pour son compte personnel et ne prenait même pas la peine de le fermer avec un code ou une vulgaire clé, sachant pertinemment que son personnel se méfiait bien trop de lui pour prendre le risque de lui piquer ne serait-ce qu’un verre d’alcool. Surtout pendant le travail. Sauf peut-être une ou deux têtes brûlées ; et encore.

Jeffrey se décolla de la table de billard, son verre toujours en main, et fit quelques pas distraits en direction de la baie vitrée, le regard à nouveau pensif.

« Au passage, j’aimerais savoir où nous en sommes avec la nouvelle commande. Nos chers amis de l’extérieur acceptent toujours notre petit accord, j’espère ? »

Il parlait bien entendu ici de l’accord que la Neo Corporation avait passé avec le gouvernement pour que les militaires en faction aux abords de la ville leur livrent de temps à autres les produits dont la ville avait besoin. Jeffrey pensait bien que cet accord serait d’actualité encore un moment : après tout, tant que la ville serait toujours en isolement, ce cher Oncle Sam ne pouvait décemment pas laisser les habitants de San Francisco mourir de faim. Pour le moment du moins. Jeffrey ignorait totalement combien de temps la situation allait durer mais ce qu’il savait par contre, c’est qu’on ne pouvait jamais faire confiance au gouvernement bien longtemps.



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Ven 30 Nov - 23:58

Charlotte ne serait évidemment pas surprise que son patron ne l'appelle que pour qu'elle puisse admirer son jeu. Il lui avait déjà fait des coups de ce genre et au bout de six ans maintenant, ses excentricités faisaient parties du quotidien des employés de la Neo Corp. et Charlotte n'avait pas droit à un traitement de faveur pour être la secrétaire du patron. Au début, ses demandes farfelues surprenaient beaucoup la jeune femme, habituée à des conditions de travail strictes, qui lui convenaient tout à fait. Mais elle avait fini par s'y faire, comme un peu tout le monde ici et n'y faisait plus vraiment attention maintenant. Par contre, tout ceci était loin de l'amuser : elle était là pour travailler et elle n'aimait jamais qu'on la dérange pour des choses aussi futiles qu'un jeu de billard. Sauf qu'elle ne voulait pas se rabaisser au niveau de son patron et ne lui disait rien, espérant qu'un jour, il se lasse tout seul. Ce qui, soit dit en passant, n'était pas prêt d'arriver, elle le savait : même un événement aussi grave que l'explosion d'un laboratoire et la mise en quarantaine de la ville ne l'empêchait pas de se distraire au travail.

Charlotte écouta son patron se faire des compliments à lui même, lasse. Lui faire gagner du temps ? Pourquoi pas lui permettre de retourner à son travail alors. Elle commença à hocher la tête, comme pour approuver ses propos sur son jeu incroyable pour lui faire plaisir mais s'arrêta soudainement lorsqu'il annonça qu'il méritait bien une récompense, soit un verre de whisky. Charlotte soupira, exaspérée par le manque de sérieux de M. Gallagher. Cependant, elle s'exécuta, espérant qu'il la laisse retourner dans ses bureaux au plus vite : il n'était visiblement pas enclin à travailler de toute manière. Elle s'approcha du minibar, déposa sur le dessus les affaires qu'elle avait apporté dans l'espoir que son patron s'intéresse à son entreprise et passa derrière, afin d'attraper la bouteille de whisky qu'il voulait. Tout en cherchant, elle ne put s'empêcher de lui faire une remarque, remarque qui lui brûlait les lèvres.

« Vous savez, boire au travail n'est pas vraiment conseillé. Mais c'est vous le patron ... »

Charlotte haussa les épaules et soupira une nouvelle fois, sachant pertinemment que Gallagher n'allait absolument pas l'écouter. Elle savait qu'il ne prendrait pas mal cette remarque, c'était le genre de réflexion qu'elle lui faisait souvent, le mettre en garde sur quelque chose était devenu assez naturel chez elle. Et puis, elle lui rappelait que c'était lui, le grand maître, qu'il faisait donc ce qu'il voulait et que s'il voulait finir complètement ivre dans les bureaux de sa société, c'était son problème. Enfin, s'il finirait soûle, Charlotte s'inquiéterait quand même de son état : boire jusqu'à l'ivresse n'était jamais bon et quoiqu'elle puisse dire, elle appréciait son patron. Mais il n'en était pas là, fort heureusement.

Une fois le whisky trouvé, Charlotte rejoint le PDG de la Neo Corp devant la baie vitrée. Elle lui fit un signe de tête en levant la bouteille et attendit qu'il lui tende son verre pour le servir. Elle refermait la bouteille tout en l'écoutant reprendre la parole : un petit sourire satisfait se dessina sur son visage. Enfin son patron décidait de passer aux choses sérieuses ! Charlotte se demanda un instant s'il ne l'avait pas fait venir pour s’intéresser un peu à son travail ou alors si le sujet de la commande de biens et matériaux lui était revenu d'un coup et si, dans ce cas présent, il ne l'avait pas réellement demandé pour avoir son avis sur son jeu stupide. Elle ne le saurait probablement jamais et elle était incapable de se décider sur une hypothèse ou une autre, les deux étant tout à fait possibles avec un homme comme Gallagher. Par moment, Charlotte se disait que si elle n'aimait pas autant son travail et ses responsabilités, elle serait partie depuis longtemps.

« La commande a été passée sans encombres il me semble, je vais vérifier ça tout de suite. » lança-t-elle, sur un ton plus que sérieux.

Elle savait évidemment que c'était le cas mais, professionnelle, elle préférait vérifier toutes les informations qu'elle donnait à son patron. Elle retourna alors prêt du minibar où elle posa la bouteille de whisky sur le comptoir - on sait jamais, son patron serait bien capable de vouloir un autre verre - et récupéra sa tablette tactile. Tout en pianotant sur l'appareil, elle rejoint une nouvelle fois son patron près des fenêtres et, trouvant enfin le fichier qui l'intéressait, elle s'adressa de nouveau à lui, toujours aussi sérieuse. Les comptes-rendu, c'était sa spécialité, elle était à l'aise dans cet exercice.

« La commande est prévue pour après demain, le temps que le gouvernement rassemble le tout. Nous avons réussi à avoir plus de produits médicaux cette fois-ci et d'après le rapport, l'arrangement ne fut pas des plus simples. »

Charlotte connaissait le document presque par cœur mais le relisait, pour la forme et pour être sûr de n'oublier aucune information importante à dire de vive voix à Gallagher. Un dernier élément capta son attention.

« Oh et une équipe et déjà prête à réceptionner cette commande et à trier le tout. Il n'y a plus qu'à étudier la distribution. » finit-elle, avec un sourire polie.

Être aussi professionnelle lui permettait d'oublier un peu l'erreur commise la semaine passée, alors qu'elle s'était illégalement servie d'un dossier plutôt confidentiel pour son usage personnel. Toute cette histoire restait illégale, de son point de vue. Cela ne l'était peut être pas, mais elle ne voyait que le côté hors-la-loi de sa petite escapade alors, il fallait bien qu'elle se rachète d'une manière ou d'une autre et elle n'avait trouvé que son travail pour. Charlotte finit par relever la tête vers son patron, prête à le renseigner sur tout ce qui pourrait l'intéresser : il semblait enclin à discuter travail, autant en profiter. Et penser ainsi lui faisait oublier la tentation de raconter tout ce qu'elle avait fait - et vu - dans le Black Market.




Dernière édition par Charlotte G. Hawkins le Sam 8 Déc - 15:23, édité 1 fois
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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Dim 2 Déc - 17:39

Si boire au travail n’était pas vraiment conseillé ? Certes. C’était une règle générale assimilée par tous à travers le monde, mais Jeffrey n’en avait cure. Il se foutait royalement de toutes les règles établies. Ici, au siège de la Neo Corporation, on était chez lui. Donc il avait bien le droit de faire ce qu’il voulait entre ces murs. Puisqu’il était de toute façon le grand manitou de ces lieux.

« Précisément, c’est moi le patron, répondit-t-il justement à sa secrétaire sur un ton guilleret et presque enfantin. »

Il attendait toujours devant la baie vitrée, observant distraitement les autres bâtiments qui s’étalaient un peu partout aux alentours. Il ne se donna pas la peine de vérifier si Charlotte se dirigeait bien vers son minibar – il savait qu’elle le servirait de toute façon, quand bien même elle désapprouvait fortement l’idée. Il se contenta donc d’attendre et ne fut pas étonné de la sentir se poser près de lui. Par habitude, il tendit légèrement son verre de côté et attendit qu’elle l’ait servi avant de le porter à ses lèvres pour en boire une première gorgée. Décidément, le whisky, c’était ce qu’il préférait. Une partie de billard et un verre d’alcool, il n’y avait rien de mieux pour le motiver à travailler. Enfin, c’était ce qu’il aimait dire à ses employés pour se justifier.

Il attendit que sa secrétaire le rejoigne à nouveau pour jeter un coup d’œil distrait à sa tablette tactile. Très professionnelle, elle avait toujours des copies numériques de tous les dossiers qu’elle pouvait traiter et ne manquait jamais de s’y retrouver. Elle lui fit un compte-rendu concis et efficace de ce qu’il voulait savoir, comme il s’y attendait, et il eut un hochement de tête appréciateur sans même vraiment s’en rendre compte.

« Parfait. »

Il se doutait bien que l’arrangement avait dû être compliqué pour réclamer davantage de produits médicaux : les arrangements étaient toujours compliqués avec le gouvernement. Il n’était donc pas étonné et était juste satisfait que l’accord ait tourné en sa faveur. Ce qui était bien, avec Charlotte Hawkins, c’est qu’il pouvait être sûr et confiant à chaque fois qu’il la demandait, parce qu’elle répondrait toujours à ses questions de travail avec le plus grand sérieux. C’était un avantage indéniable, sans parler du fait qu’elle avait une personnalité qui donnait terriblement envie de l’embêter, de la taquiner et de la chercher, juste pour la voir retenir son agacement et lever les yeux au ciel. Elle était loyale, efficace ; une valeur sûre sur laquelle on pouvait toujours compter.

Sauf que.

Gallagher junior ne passait pas tout son temps non plus dans la salle de billard qu’il avait installé à l’étage du personnel. S’il était communément admis qu’il était excentrique, le fait qu’il soit un homme d’affaires impitoyable et un génie l’était aussi. Installer des programmes pirates et des logiciels espions dans le propre système de son entreprise avait été un jeu d’enfant pour lui. Oh, il n’en abusait pas ; il voulait juste savoir quel dossier était consulté par qui et quand, par exemple. Une vérification des plus basiques. Une vérification des plus basiques qui avait attisé sa curiosité, il y avait de ça quelques semaines, lorsque sa secrétaire personnelle s’était mise à consulter le dossier Blake. Une première fois d’abord, puis d’autres. Toujours dans un laps de temps très court. D’accord, il était vrai que Jeffrey s’était mis en tête de retrouver cette jeune femme à la mutation très intéressante pour ses futures recherches de laboratoire, mais ce n’était pas Hawkins qui était chargée du travail d’enquête sur ce dossier, ni même sur aucun autre. Le travail d’enquête était réservé aux agents de terrain.

Alors bien sûr, il était tout à fait logique que Charlotte s’y intéresse puisqu’elle suivait l’avancée de tous les dossiers de l’entreprise. Mais de là à le consulter plusieurs fois, toujours dans un court laps temps, et sans en prévenir son patron ? Sans parler du fait que le visionnage des vidéos de surveillance avait pu montrer qu’elle prenait à chaque fois des notes rapides, qu’elle rangeait ensuite dans son sac à mains et non dans un tiroir de son bureau. Peut-être que le PDG de la Neo Corporation était parano. Mais si on l’accusait un jour de l’être, il l’assumerait volontiers. C’était lui le grand manitou ici, il était hors de question qu’on fasse des petits magouilles dans son dos. Question de principe.

Une main glissée dans la poche du jean foncé qu’il portait aujourd’hui avec une chemise claire, Jeffrey prit le temps de boire quelques gorgées de whisky, toujours tourné vers la fenêtre, avant de demander d’une voix tranquille :

« Sinon, ma chère, dites-moi. Qu’est-ce qui vous intéresse autant dans le dossier d’Eryn Blake ? »



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Sam 8 Déc - 15:46

Charlotte sourit, satisfaite : comme d'habitude, elle avait répondu aux attentes de son patron, si bien qu'il ne lui demanda rien de plus. Le compte-rendu de la commande était de toute manière disponible depuis l'ordinateur personnel de son patron dorénavant, Charlotte ayant pris soin de le transférer à l'instant. Sa tablette tactile, c'était vraiment sa meilleure alliée dans travail. Enfin, même si elle ne l'avait pas, elle aurait pu lui faire un rapport, moins détaillé certes, mais elle aurait pu lui annoncer que la commande serait réceptionnée dans deux jours.

Gallagher reprit la parole alors que Charlotte continuait à pianoter sur sa tablette, essayant de trouver un nouveau rapport à soumettre à son patron. Elle leva la tête vers lui, un sourire aux lèvres, fière de voir qu'il avait à priori encore besoin d'elle pour un renseignement : elle était surtout ravie de voir qu'il s'intéressait à autre chose qu'à lui-même. Sauf qu'elle s'était fait des idées, sur le coup et son sourire disparu bien vite. Ce n'était pas une nouvelle question concernant l'entreprise, ou pas directement. Charlotte se figea au nom d'Eryn Blake et, prise par surprise, elle ne su quoi répondre, noyée au milieu de mille interogations. Qu'est ce qu'il savait exactement ? Pourquoi lui poser une telle question ? Savait-il qu'elle était allée trouver cette femme ? Sa question serait-elle un moyen détourné pour tester sa loyauté ? S'il était au courant, il aurait pu lui dire immédiatement. Or, il voulait peut être que Charlotte lui avoue qu'elle s'était servie des dossiers de l'entreprise à des fins personnelles. Que devait-t-elle lui dire ? Il voulait savoir pourquoi elle s'intéressait à son dossier. Or, son travail ne concernait pas l'étude des dossiers, ni la collecte d'informations, ce dossier ne la concernait donc pas.

« Je … J'ai ... » balbutia-t-elle.

Charlotte n'arrivait pas à construire un mensonge crédible dans la seconde et mentir à son patron, c'était hors de ses principes. Elle abandonna donc : de toute façon, il finirait par le savoir. Si elle lui mentait aujourd'hui, elle irait le voir dans quelques jours, rongée par le remord. De toute façon, son attitude était suffisamment suspicieuse pour qu'il remarque qu'elle cache quelque chose. Elle soupira alors : elle n'avait pas voulu de cette confrontation aussi tôt, elle n'était pas préparée et elle ne pouvait pas s'appuyer sur sa tablette tactile ou autre dossier pour essayer de rebondir, de se rattraper. Non, son escapade était écrit nulle part : elle était prise au dépourvu et ce sujet était plus personnel, et non professionnel. Il était plus sage d'être sincère : elle respectait trop son patron pour inventer un mensonge qui, de toute façon, ne tiendrait pas la route, Charlotte n'était pas douée pour construire un récit farfelu sous pression, trop habituée à dire la vérité. Elle prit une grande inspiration, cherchant le courage nécessaire pour commencer son histoire, que son patron risquait de ne pas apprécier. La mine grave, elle fixait le paysage, essayant de trouver les mots les plus justes.

« J'ai commis une faute grave, monsieur, j'en ai conscience et vous avez le droit de me virer. »

Elle ne disait rien de concret, certes, mais elle n'était pas tout à fait prête à tout balancer comme ça. Il lui fallait un peu de préparation au préalable et peut être que si son patron voyait à quel point elle s'en voulait, il aurait pitié d'elle. C'était peut être sa seule chance de s'en sortir au final. Mais une question hantait quand même Charlotte : elle avait trouvé un mutant recherché, elle était censée en parler aux Peacekeepers, non ? C'était un devoir civique car cette personne était recherchée par les autorités et elle était jugée dangereuse à cause de sa mutation – ce que Charlotte ne pouvait pas croire vu qu'elle avait côtoyé la jeune femme pendant un moment et que celle-ci l'avait même sauvé la vie, en quelques sortes, alors que des hommes leur avaient tendu une embuscade : Eryn lui avait alors passé son arme, se débrouillant parfaitement au combat au corps à corps. Depuis, Charlotte ne sortait plus sans sa bombe lacrymogène, même lorsqu'elle était dans la Bright : le souvenir de ses hommes lui donnait des frissons.

Charlotte soupira une nouvelle fois : elle savait pertinemment que son patron ne se contenterait pas de ces quelques mots, ni d'une lettre de démission. Il voulait savoir ce qu'il l'avait intéressé dans le dossier d'Eryn Blake. En cherchant un peu, ce n'était pas compliqué : Charlotte avait juste voulu savoir si elle allait développer des capacités anormales elle-aussi, ou alors si elle resterait saine. Elle avait donc été tout de suite intéressée par le don de cette fille, qui pouvait détecter les mutations et donc répondre à sa terrible question, question qui la perturbait depuis le début de la mise en quarantaine : sa vie lui plaisait telle qu'elle était et elle ne se voyait absolument pas vivre cachée, de peur de se retrouver enfermée. Elle pouvait aussi confirmer, suite à son escapade au Black Market, que la vie là-bas n'était absolument pas faite pour elle, trop habituée à son confort. Elle avait donc, à plusieurs reprises, consulté le dossier Blake, pour en savoir plus sur cette fille, savoir où la trouver, comment l'aborder et pour se tenir au courant de toutes les mises à jour potentielle : comme les dossiers des mutants ne la concernait pas, elle n'avait pas systématiquement à les faire parvenir à son patron, les agents de terrain donnaient parfois des informations directement à son supérieur et ils s'occupaient eux-mêmes d'actualiser les dossiers informatisés. Charlotte n'avait pas forcément mesuré tous les risques lorsqu'elle consultait ce dossier : son patron était visiblement au courant de l'intérêt que portait sa secrétaire à Eryn Blake, il lui manquait simplement le pourquoi.

Il fallait maintenant qu'elle continue son discours, même si elle avait envie de partir en courant. Les mains crispées sur sa tablette tactile, elle n'osait même plus regarder son patron : c'était peut être exagéré comme réaction mais elle n'était pas fière de ce qu'elle avait fait, absolument pas. Seulement, elle ne pouvait plus reculer, elle ne pouvait plus se cacher.

« Je voulais juste savoir si je serais, moi aussi, dotée de mystérieuses capacités. » finit-elle par ajouter. « Je me suis servie de son dossier à des fins personnelles, je n'aurai pas dû, je le sais. »

S'arrêter là était peut être une bonne idée. Gallagher allait peut être se contenter de cette réponse, qui sait ? Elle en serait soulagée : elle n'aurait pas à expliquer tout ce qu'elle avait vécu et il ne saurait pas qu'elle s'était servie de toutes les informations qu'elle avait récolté pour retrouver Eryn Blake. Peut être qu'il ne se rappellerait pas que, une semaine auparavant, Charlotte avait posé sa journée, prétextant se sentir mal ce qui, soit dit en passant, ne lui arrivait pas très souvent. Accro du travail, il lui était déjà arrivé de se rendre dans les bureaux quand même, estimant qu'elle était trop en retard sur ses dossiers pour se permettre de respecter la volonté de son médecin, qui lui avait délivré à de nombreuses reprises des arrêts de travail pour qu'elle se repose. Sauf qu'un mauvais rhume n'arrêtait pas Charlotte lorsqu'il était question de son boulot. Ni même une grippe en fait. Il fallait vraiment qu'elle soit clouée au lit pour qu'elle décide d'écouter son médecin et en général, elle s'absentait plusieurs jours. Elle espérait donc que Gallagher n'ait pas remarqué son absence et qu'il ne veuille pas en savoir plus concernant sa possible mutation ou pas : il saurait alors qu'elle avait trouvé Eryn, sinon, comment ferait-elle pour le savoir ? En parfaite secrétaire, Charlotte serait incapable de cacher ce qu'elle avait découvert sur son état : elle n'avait pu le dire à personne pour le moment, Gallagher serait donc le premier à savoir.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Dim 9 Déc - 23:33

La perche était lancée et le poisson mordait parfaitement à l’hameçon. Jeffrey aurait été prêt à croire sa secrétaire si jamais elle lui avait expliqué calmement, tranquillement et honnêtement qu’elle avait été curieuse, qu’elle avait simplement répondu à la demande d’un agent de terrain ou qu’elle avait juste voulu se renseigner sur le dossier pour faire du zèle. Il l’aurait longuement interrogée, il aurait demandé des détails, il l’aurait testée, mais si ça avait été la vérité, il aurait fini par la croire. Parce qu’il finissait toujours par voir lorsque Charlotte Hawkins lui disait la vérité. Par contre, lorsqu’elle mentait… Non, en fait, ça n’était jamais arrivé. Et après six ans de loyaux services, ça ne risquerait pas d’arriver, pas vrai ?

Persuadé de ce fait, Gallagher tourna la tête vers la jeune femme et posa un regard impénétrable sur elle, décidant d’attendre qu’elle se décide à parler. La surprise et la confusion se lisaient parfaitement sur son visage, signe révélateur. Elle bafouilla deux mots, sans réussir à formuler une phrase cohérente. Déstabiliser Charlotte Hawkins à ce point relevait du miracle et Jeffrey se surprit à penser distraitement que Joshua Stone aurait été impressionné de voir ça. Mais la gravité de la situation le rappella bien vite à l’ordre et il fronça légèrement les sourcils, toujours dans l’attente d’une réponse digne de ce nom. Une réponse qui, il le savait maintenant, ne lui conviendrait sûrement pas. Sinon, pourquoi sa secrétaire serait-elle aussi déstabilisée, décontenancée et visiblement horriblement gênée ? Elle avait l’attitude parfaite du coupable empli de remords qui ne savait pas mentir sur l’instant. Il y avait donc quelque chose d’anormal dans le fait qu’elle ait consulté si souvent le dossier d’Eryn Blake. Elle avait quelque chose à confesser. Et Jeffrey ne demandait plus qu’à savoir quoi.

Il fronça davantage les sourcils lorsque la jeune femme finit par lui avouer qu’elle avait commis une faute grave. Allons bon, ça commençait bien. Quelle idée de le stresser ainsi, à son âge ! Elle ne pouvait pas simplement lui expliquer tout de suite ce qu’elle avait fait ? Et puis, quelle idée de lui préciser ce qu’il savait déjà, évidemment qu’il avait le droit de la virer s’il en avait envie, c’était le droit le plus légitime de tout PDG, mais il se fichait de ça pour le moment, tout ce qu’il voulait, là, tout de suite, c’était SAVOIR. Et enfin, ce fut le cas. Il ne put s’empêcher d’hausser les sourcils de stupeur lorsque Charlotte finit par réussir à formuler deux phrases d’explication sans bafouiller, mais sans pour autant oser le regarder dans les yeux. Comment ça, elle voulait savoir si elle aurait une mutation ? Elle avait eu des symptômes ? Et elle ne lui avait rien dit ? Mais pourquoi contacter une mutante activement recherchée, dans ce cas ? Non… Ce n’était pas le bon raisonnement. Quelque chose cloquait dans ces explications. Charlotte n’avait pas tout dit. A vrai dire, elle n’avait rien dit du tout.

« Hawkins. »

Il n’appelait que très rarement sa secrétaire par son nom de famille, surtout sur ce ton. D’habitude, il préférait se moquer du monde, être désinvolte, taquiner ses employés. Mais il n’en restait pas moins le PDG de la Neo Corporation. Et surtout, un homme capable d’effectuer des expériences sur des êtres humains pour en tirer le meilleur profit possible. Un homme qui, de ce fait, n’appréciait pas qu’on lui cache des choses.

Charlotte Hawkins lui avait toujours semblé d’un naturel assez angoissé, dans le fond. Il savait qu’elle s’inquiétait énormément pour sa famille, notamment. Etait-il possible qu’elle se soit inquiétée d’une potentielle contraction de mutation sur sa personne, avec tout ce qui arrivait en ville ? C’était légitime, beaucoup devaient s’inquiéter également sur le sujet. (Pas Jeffrey, en vérité ; dans son arrogance naturelle, il restait persuadé qu’il ne pouvait que rester totalement sain dans toute cette histoire.) Après, qu’elle se soit inquiétée à juste titre ou non, la question importait peu sur le moment. Le lien avec Eryn Blake paraissait plus clair en partant de cette déduction. Ayant minutieusement étudié le dossier de l’ex-agent, Jeffrey connaissait parfaitement les caractéristiques de sa mutation. Mutation qui, en vérité, l’intéressait beaucoup. Or, qui de mieux qu’une personne sachant déceler la moindre mutation chez les gens pour vous rassurer une bonne fois pour toute sur le sujet ?

« Bon dieu de merde. »

Le juron fusa entre ses dents alors qu’il commençait à comprendre ce que sa secrétaire avait fait. A vrai dire, il n’osait pas encore envisager une possibilité qui lui paraissait maintenant évidente. En attendant, il pivota avec vivacité pour faire face à la jeune femme et la fusiller du regard. Si sa voix était encore plus ou moins posée au début, elle fut grondante sur la fin.

« Vous voulez dire que vous avez voulu savoir si vous aviez contracté une mutation ou non, c’est ça Hawkins ? Et pour ça, vous vous êtes dit qu’Eryn Blake serait la personne la mieux placée pour vous en informer, en vue de son dossier ? C’est ÇA, Hawkins ? »



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Mer 12 Déc - 13:29

Charlotte était très mal à l'aise. Elle n'était pas habituée à ce genre de situation : elle était si professionnelle, si honnête que toute cette histoire la gênait et au final, elle aurait été incapable de lui mentir, sans aucun doute. Elle aurait pu lui cacher son escapade pendant encore longtemps même si elle s'en serait voulue de manquer de franchise et peut être que, rongée par le remords, elle aurait fini par lui avouer qu'elle avait fouillé dans les dossiers de l'entreprise pour répondre à une question qui l'angoissait. La seule différence avec la situation présente, c'est qu'elle aurait été beaucoup plus calme car elle aurait bien préparé son coup : prise par surprise, elle bafouillait trop, ce qui montrait clairement qu'elle avait fait quelque chose de grave dont elle n'était pas fière. L'imprévu, c'était vraiment une chose qu'elle détestait.

Elle savait qu'elle avait commis une erreur, les personnes recherchées étaient des hors-la-loi et elle aurait dû la livrer, ce qu'elle aurait fait en temps normal : elle aurait appelé la police signalant qu'elle avait des renseignements sur une personne recherchée, obligation civile oblige. Et pour ne pas arranger les choses, elle avait commis au final une double faute, celle de se servir de dossier professionnel à des fins personnelles. Elle avait l'impression de se retrouver dans une vieille série, où trois femmes avec des pouvoirs magiques ne se servaient jamais de leurs dons à des fins personnelles : à chaque fois qu'elles avaient le malheur de le faire, leurs sorts se retournaient contre-elle. Charlotte pensait se trouver dans la même situation : elle allait avoir des ennuis, c'était certain, à moins que son patron soit assez indulgent pour rapidement oublier cet écart de conduite. Sauf qu'elle doutait vraiment qu'il le soit, elle était allée peut être trop loin et ses six ans de bons et loyaux services ne suffiraient peut être pas à faire oublier tout ça.

Charlotte grimaça lorsque son patron l'appela par son nom. C'était mauvais signe. Prenait-il vraiment son geste comme une grave trahison ? Elle l'aurait mérité, de toute façon, elle n'avait même pas respecté ses propres principes. Elle était très attachée à l'éthique professionnelle, comme à beaucoup de choses, mais elle était à l'encontre de ça, de peur de voir sa vie changée à cause d'une possible mutation. Elle n'avait eu aucun symptômes pourtant mais elle en avait eu marre d'attendre, de vivre dans le doute donc elle avait décidé, après de multiples hésitations, d'aller voir cette Eryn Blake qui avait pu l'aider. Après réflexion, elle aurait peut être dû en parler à son patron : il aurait peut être pu l'aider lui aussi. C'était l'homme à l'origine de toutes ses mutations, non ? Donc il aurait pu l'aider, juste la rassurer même. Sauf que Charlotte doutait fortement que ce soit son genre et il se serait certainement moqué d'elle et de sa peur qu'il aurait pu définir d’irrationnelle. Mais tout ceci était encore des suppositions : Charlotte avait beau bien connaître son patron, elle ne pouvait pas tout anticiper lorsqu'il ne s'agissait pas de son travail.

Le juron qui fusa ensuite la fit tressaillir. Il avait l'air vraiment en colère, juste en sachant qu'elle avait utilisé le dossier Blake, comment réagirait-il en apprenant la suite ? Charlotte avait bien fait de s'arrêter et là, tout ce qu'elle voulait, c'était prendre congé, retourner dans son bureau pour se remettre au travail, jour et nuit s'il le fallait, pour que son patron se rende compte qu'il s'agissait d'un tout petit écart mais que cela ne se reproduirait plus, plus jamais. Charlotte ne savait plus où se mettre : elle était tellement habituée au rôle de la secrétaire parfaite, jamais réprimandée. Même lorsqu'elle était petite, à l'école, elle recevait que très rarement des punitions. Elle attendait justement sa punition : elle voyait le renvoi de près, très près. Alors au final, mutante ou pas, sa vie prendrait quand même un autre tournant, encore moins plaisant que le premier : sans travail, loin de sa famille, Charlotte ne verrait pas grand intérêt à sa vie.

Gallagher se retrouva ensuite en face d'elle : Charlotte sut que la suite ne serait pas agréable pour elle, au vu de son regard. D'abord calme, il haussa le ton sur la fin. Elle se mordit la lèvre et hocha la tête. Oui, c'était ça. Elle avait voulu savoir si elle allait contracté une mutation et pour ça, elle avait trouvé Eryn Blake, qui était la personne la mieux placée pour le lui dire. Charlotte se demanda un instant s'il n'était pas vexé qu'elle ne soit pas allé le voir lui, puis, elle ressaisit en se disant qu'il devait surtout être en colère. Elle inspira un grand coup et dû redoubler d'efforts pour soutenir son regard. Elle n'avait jamais vu son patron se comporter ainsi avec elle et quelque part, c'était intimidant.

« Oui c'est ça, c'est exactement ça. » commença-t-elle, d'une voix tremblante. « Je m'excuse monsieur, c'était stupide, mais si vous pouvez essayer de me comprendre … Je ne voulais pas avoir de mutations, je … Je ne pouvais plus vivre dans le doute. »

Charlotte voulait se justifier, elle voulait faire comprendre à son patron qu'elle n'aurait jamais fait ce genre d'erreurs en temps normal. C'était une situation particulière, dans des conditions particulières, voilà tout. Seulement, elle n'était peut être pas en position pour s'expliquer, c'était peut être déplacé même. Et elle doutait fortement que Gallagher prenne en compte ses arguments. Aussi, elle continua : elle avait commencé à raconter son histoire, autant la finir. Se montrer coopérative et honnête était peut être dorénavant la meilleure des façons pour s'en sortir.

« C'est pourquoi je suis allée trouvé cette Eryn Blake la semaine dernière, j'ai été la chercher jusqu'au Black Market et … Je l'ai trouvé. »

Elle fut hésitante sur la fin, ne sachant pas trop si elle devait lui dire ou pas, elle finit par soupirer et baisser la tête. Gallagher aurait peut être cherché à en savoir plus, savoir si elle l'avait trouvé, elle, alors que des tas de Peacekeepers avait essayé eux-aussi, sans grand succès. Inutile de lui préciser les conditions de la rencontre cependant : elle avait une dette envers Eryn, ce fut son moyen de la payer pour lui avoir répondu à sa question. Gallagher avait déjà bien trop d'informations, Charlotte n'avait pas voulu lui en livrer autant mais quand elle commençait à avouer, il était difficile pour elle de s'arrêter. Et elle respectait trop son patron pour continuer à lui cacher toute l'affaire. Elle serait peut être obligée de lui dire un jour qu'elle avait bel et bien rencontré cette Eryn et elle se voyait mal lui annoncer ceci lors d'une réunion.

Elle se retrouvait maintenant avec de nouvelles angoisses et la réaction de son patron était en haut de la liste. Là, tout de suite, elle ne serait plus contre l'idée d'un verre : elle avait déjà enfreint plusieurs de ses principes, un de plus, ce ne serait pas dramatique à ce stade.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Mer 16 Jan - 18:20

Jeffrey ne put retenir un léger grognement désabusé lorsque sa secrétaire lui confirma qu’il avait visé juste, et lui expliqua les raisons de son geste. Elle ne pouvait plus vivre dans le doute ? Mais enfin ! S’était-elle réveillée un matin en voyant son radioréveil flotter dans les airs ? Voilà qui expliquerait cette angoisse démesurée qui l’avait visiblement prise. Mais s’il n’y avait strictement aucune raison d’angoisser sur le sujet, hormis un petit doute néfaste qui se serait insinué dans son esprit… Non, il ne pouvait pas croire ça de Charlotte Hawkins. Cette femme était loin, très loin d’être idiote. Mais c’était visiblement bien par bêtise qu’elle avait agi ici, en se mettant en tête qu’une mutante aux capacités bien connues pourrait la renseigner sur le sujet. Une mutante aux capacités bien connues que la Neo Corporation aimerait bien pouvoir approcher, qui plus est. Sans y être encore arrivé.

C’est pourquoi le PDG écarquilla les yeux avec incrédulité lorsque sa secrétaire ajouta qu’elle avait cherché elle-même la fameuse Eryn Blake la semaine dernière… et qu’elle l’avait trouvée. Comment ça, elle l’avait trouvée ? Elle avait réussi à la localiser ? Au Black Market, donc ? Non, non, ce n’était pas ça. Il la vit soupirer, baisser les yeux. Elle avait eu le ton hésitant sur la fin, comme si elle rechignait à avouer qu’elle avait trouvé la mutante. Elle ne l’avait pas seulement localisée… Elle l’avait vraiment trouvée. Non. C’était impossible. Beaucoup de Peacekeepers étaient sur le coup et aucun n’avait réussi à ramener cette foutue détectrice de mutations pieds et poings liés à la Bright City. Oh, quelques-uns avaient eu la chance de l’apercevoir dans un coin reculé de la ville ou un autre, mais jamais aucun d’eux n’avait encore réussi à l’arrêter. Et Charlotte Hawkins annonçait soudain qu’elle avait réussi là où de pauvres abrutis sur le terrain n’étaient pas capables d’assurer ?

« Vous l’avez trouvée ? »

Il souffla la question presque avec hésitation. Incrédule, il avait encore du mal à y croire. Pourtant, il devait se faire à l’idée : il voyait mal pourquoi sa secrétaire inventerait une histoire pareille alors qu’elle savait pertinemment comment il réagirait. Ce n’était pas pour rien si elle baissait les yeux, à cet instant, il le savait. Elle se sentait coupable, elle était coupable.

« Vous voulez dire que vous avez réussi à trouver Eryn Blake, cette mutante que je recherche activement en vain depuis quelques semaines et qui pourrait être démesurément utile pour les projets de notre société ? C’est ça que vous voulez dire ? »

Il avait beau parler calmement, presque en détachant chaque mot, la colère contenue se devinait néanmoins aisément dans sa voix. Sa main se resserra autour de son verre. Ses yeux se plissèrent, réduisant son regard à une fente noire.

« Et vous me l’avez caché ? »

C’est ça qui risquait le plus de faire céder les digues de sa colère. L’idée que sa secrétaire ait pu faire quelque chose d’aussi important, et qu’elle ne l’en ait pas informé. Qu’elle ne l’en ait pas informé, alors qu’elle savait pertinemment qu’il voulait que quelqu’un lui ramène au plus tôt cette mutante dans son bureau pour qu’il puisse s’entretenir avec elle… et éventuellement l’envoyer ensuite à Alcatraz, dans les laboratoires secrets de la Neo Corp, pour qu’un de ses scientifiques puisse isoler le gène de sa mutation et s’en servir pour la conception d’un sérum futur. Cet objectif, celui de capturer Eryn Blake, ne quittait pas le PDG depuis que les capacités de la demoiselle lui avaient été rapportées et décrites. Et cela, Charlotte Hawkins le savait parfaitement : en tant que secrétaire personnelle, elle était au courant de tout, absolument tout. Il ne pouvait pas croire qu’elle lui ait fait un coup pareil. Qu’elle n’ait pas emmené quelques gars avec elle pour capturer cette idiote de mutante. Qu’elle ait préféré discuter tranquillement avec elle au marché noir, comme si… Comme si… Minute.

Une nouvelle pensée commença à tracer son chemin dans son esprit, plus intéressante que la colère. Sa secrétaire avait donc réussi à trouver Eryn Blake et s’entretenir avec elle, hein ? Et bien… Elle pouvait donc y arriver une seconde fois, non ? C’était logique. A moins que la mutante ne prenne ses précautions, désormais. Il était déjà étonnant de savoir qu’elle s’était laissée approcher par quelqu’un… Peut-être était-ce parce que Charlotte Hawkins était une femme inoffensive ? Qu’elle lui avait peut-être inspiré un semblant de confiance ? Ce n’était pas si bête, finalement. Il y avait peut-être un moyen de rattraper tout ça.

« J’ai déjà viré des gens pour beaucoup moins que ça, vous savez. »

Il s’était exprimé sur un ton dur et cinglant. Il voulait être sûr que Charlotte Hawkins prenne pleinement conscience de sa situation pour comprendre qu’elle avait commis une faute, qu’elle était acculée, et qu’elle devrait tout faire pour se rattraper. À ce moment-là, il lui trouverait le moyen idéal de se racheter. Et elle serait bien obligée d’accepter.



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Ven 18 Jan - 13:31

Charlotte savait que ce moment aurait été inévitable : elle ne pouvait pas raconter à tout le monde le mensonge donné à Joshua, qui l’avait malheureusement vu ce jour là dans la Seamy. Lors d’une réunion datant de quelques jours, elle lui avait raconté qu’elle était allée voir une amie, pour l’aider. N’étant pas habituée au mensonge, elle réussit cependant à le convaincre mais s’il était au courant de son escapade, elle savait pertinemment que le patron le serait bientôt également d’ici, n’ayant pas tellement confiance en Joshua. Et elle venait d’apprendre que Gallagher avait remarqué elle consultait régulièrement le dossier Blake : intelligent, il aurait peut être vite fait le rapprochement entre sa demi-journée d’absence coïncidant à sa présence dans la Seamy. Même si Joshua lui aurait dit qu’elle était soi-disant allée voir une amie, son patron n’aurait pas été dupe, il aurait peut être parlé de ces soupçons à Joshua qui se rendrait compte qu’elle lui avait menti … Une catastrophe supplémentaire, en somme. Non, au final, cette situation avait un côté positif et Charlotte pouvait limiter les dégâts, en quelque sorte, bien qu’elle ne sache pas comment pour l’instant.

Charlotte pouvait exceller dans son travail et n’étant pas habituée à commettre des erreurs – surtout comme celle-ci – elle n’arrivait pas à cacher son anxiété et sa gêne : oui, elle était gênée d’être prise sur le fait. Elle aurait attendu de la part de son patron un peu de compassion, ce n’était apparemment son intention. En même temps, c’était le patron : il avait des responsabilités, une entreprise à gérer. Et malgré les six ans de bons et loyaux services, il ne semblait pas enclin à se montrer plus souple avec Charlotte. Elle avait pourtant compté là-dessus, c’était loupé.

Charlotte tressaillit à nouveau. Oui, elle l’avait trouvé. Apparemment, il n’avait pas besoin qu’elle lui dise, Gallagher devinait tout, à croire qu’il avait un don de voyance. Oui bien, il était simplement doué pour deviner les non-dits de sa secrétaire. Elle hocha la tête, tristement et se rendit compte que lui cacher encore un élément de l’histoire serait inutile. Un jour ou l’autre, il finirait bien par le découvrir.

Eryn Blake était activement recherchée, elle le savait. En se rendant à la Seamy, elle n’était pas sûre de pouvoir la trouver et si elle n’avait pas été si persévérante, elle serait sûrement partie au bout d’une petite heure, ne supportant plus la vue de tous ces gens, livrés à eux même. Le Black Market était un endroit difficile, elle s’en était rendue compte et la vision d’elle là-haut avait été suffisante pour qu’elle continue à chercher Eryn pendant de longues heures, attendant qu’elle se fasse voir. Elle voulait savoir pour elle, être fixée, ne plus attendre un quelconque signe d’une mutation et surtout, ne plus vivre dans l’angoisse de se dire qu’un jour, sa vie pourrait changer. C’était une angoisse inutile mais pesante, voilà pourquoi Charlotte avait tenu, voilà pourquoi elle avait poursuivi Eryn Blake dans les rues étroites du Black Market, ne la perdant pas de vue. Pourquoi s’était-elle arrêtée ? Charlotte n’en savait trop rien ou alors ses allures de femme sans défense avaient été déterminante. Ou bien, c’était juste une succession de coïncidence. Elle avait eu de la chance, une chance insolente, elle ne pouvait pas le nier. Elle en payait le prix maintenant.

Charlotte lança un regard désolé lorsque Gallagher souligna qu’elle lui avait caché toute l’histoire. Elle hocha de nouveau la tête et inspira un bon coup.

« Si ça peut vous rassurez, je comptais vous le dire : vous connaissez ma loyauté envers l’entreprise, je ne pouvais pas vous cacher ça très longtemps. J’attendais juste … le bon moment. »

Elle était sincère, c’était la vérité. Elle était partie sur ce principe depuis le début, elle souhaitait parler de tout ça à son patron et encore plus lorsqu’elle avait su que Joshua l’avait vu aux frontières de la Seamy. Charlotte avait juste peur de la réaction de son patron, à juste titre. Elle continua alors, essayant de rassembler les deniers éléments qu’il n’avait pas et confirmer les mots de son patron.

« J’ai réussi à la trouver, effectivement. Elle a accepté de me parler et de me dire que je ne développerai jamais de capacités comme elle ou d’autres. » dit-elle, non sans soulagement. Gallagher était le premier à qui elle le disait : le seul à qui elle pouvait le dire, en vérité. « Elle m’a ensuite raccompagné jusqu’aux frontières de la Seamy. Mais on n’a pas beaucoup parlé. »

Non, puisqu’elles avaient dû affronter une bande de voyous entre-temps qui a quelque peu refroidit l’ambiance. Enfin, ce n’était pas un détail important : elle ne savait même pas pourquoi elle lui disait qu’Eryn l’avait raccompagné ensuite, peut être pour lui dire à demi-mots qu’elles avaient passé un peu de temps ensemble, un court temps cependant. Enfin, au moins, son patron connaissait les grandes lignes : elle l’avait trouvé, elle lui avait parlé. Voilà l’histoire. Après, elle n’eut pas vraiment l’impression qu’elle serait indispensable pour la Neo Corp. : son pouvoir était intéressant, certes, mais pour le peu qu’elle l’avait vu, jamais cette femme se montrerait coopérative. Elle lui faisait confiance mais elle savait que la Neo Corp. allait perdre son temps avec elle. Mais elle se gardait bien de le dire à son patron, pour le moment.

Qu’est ce qu’il allait se passait maintenant ? Charlotte eut rapidement sa réponse. Tête baissée sur sa tablette, manipulant mécaniquement quelques applications, elle se redressa lorsque son patron reprit la parole : il avait viré des gens pour moins grave que ça. Oh elle le savait, elle était au courant de tout. Alors il voulait la virer ? Charlotte ne pouvait que le comprendre et elle s’y était attendue. Elle avait suffisamment d’économies pour vivre convenablement pendant un temps ; elle s’adapterait. Résignée, elle ravala difficilement sa salive – se faire virer ne fait jamais du bien, surtout quand on aimait son travail – et elle lui lança sur un ton on ne peut plus sérieux.

« Donnez-moi une heure pour rassembler mes affaires et je quitterais le bâtiment. Je vous donne ma démission ou vous pouvez me licencier, comme vous voulez. Vous ne me verrez plus, je ne vous causerai plus aucun problèmes. »

C’était la seule solution, non ? Elle avait trahi la confiance de son patron. Elle avait conscience que travailler en sachant ça serait difficile. Charlotte ne quitta pas son regard, essayant de se montrer professionnelle, une dernière fois peut être.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Sam 19 Jan - 14:17

Elle attendait juste le bon moment ? Quelle bonne blague. Avec Jeffrey John Gallagher, le bon moment pour lui révéler une faute était tout de suite. Il ne fallait jamais attendre. Bien sûr, il voyait bien que ce mensonge taraudait sa secrétaire, elle qui avait toujours été irréprochable, blanche comme neige et terriblement loyale. Mais ce n’était pas une raison. Il détestait qu’on lui mente. Pire, il détestait qu’un employé ne saisisse pas une occasion exceptionnelle lorsqu’elle se présentait. Comme Charlotte Hawkins avait-elle pu quitter cette foutue Eryn Blake sans la convaincre au passage de venir s’entretenir avec lui ? Alors qu’il n’attendait que ça, pouvoir mettre la main sur les capacités intéressantes de cette mutante ? Gâcher une telle rencontre, pour seulement s’assurer être sain… Non, cette logique échappait totalement à Gallagher. Il en restait amer, comme s’il voyait une opportunité lui passer sous le nez. Mais il ne devait pas s’attarder là-dessus. Non, il devait déjà réfléchir à la meilleure manière de rebondir sur cette annonce. Et il savait déjà comment, parce que c’était évident.

Son verre vide toujours en main, il garda un regard assez inexpressif rivé sur sa secrétaire. Il la vit relever les yeux de sa tablette tactile et il comprit à son regard qu’elle se pensait renvoyée. Forcément, avec la remarque qu’il avait faite. Elle devait même s’être préparée à cette éventualité depuis l’instant où elle s’était rendue au marché noir pour y trouver en secret Eryn Blake. Elle avait toujours été très logique, capable d’anticiper les évènements. Elle se savait en faute. Et elle était visiblement prête à assumer ce fait. Difficilement, Jeffrey s’en doutait ; il avait toujours vu Charlotte Hawkins comme une femme dévouée à son travail. De plus, en ces temps de crise exceptionnelle, il n’était pas forcément bon de se faire licencier. Il ne cilla pas lorsqu’elle lui annonça qu’elle pouvait donner sa lettre de démission ou qu’il pouvait la renvoyer, selon ce qu’il préférait, et qu’elle allait rassembler ses affaires. Il avait presque envie de sourire. Si la situation n’était pas ce qu’elle était, il aurait pris un malin plaisir à lui faire croire jusqu’au bout qu’il la renvoyait pour finalement lui annoncer que ce n’était pas le cas. Ce serait une blague de très mauvais goût, bien sûr, mais c’était justement celles qu’il préférait. Seulement, la situation ne le permettait pas. Il n’avait pas envie de plaisanter, cette fois. Il inclina légèrement la tête de côté, sans la quitter du regard.

« Ce ne sera pas nécessaire. »

Il n’ajouta rien d’autre dans l’immédiat, laissant le temps à sa secrétaire d’assimiler et de comprendre ce qu’il voulait dire par là. Il s’était exprimé de manière calme, posée, et non plus de manière sèche ou contrariée. Il glissa à nouveau sa main libre dans la poche de son pantalon puis s’éloigna à pas tranquilles en direction du bar. Il posa son verre vide sur le meuble et tournant le dos à Charlotte, reprit sur ce même ton posé :

« Je prends le risque de penser que vous vous sentez coupable, que vous restez fidèle à mon entreprise et que ceci n’était qu’une regrettable erreur de parcours. Seulement… »

Il laissa sa phrase en suspens comme s’il hésitait, alors que ce n’était pas du tout le cas. Il voulait juste que sa secrétaire comprenne bien qu’elle n’aurait pas le choix. Il se retourna, dévisagea la jeune femme un instant, garda encore le silence, puis haussa légèrement un sourcil.

« J’exige que vous vous rattrapiez. »

Il n’y avait plus d’hésitation factice dans sa voix. Il était maintenant le PDG d’une entreprise qui donnait une directive à l’un de ses employés. Employés payés pour obéir à ce genre de directives. Il n’y avait rien à refuser, rien à discuter. Il y avait juste à faire ce qu’il disait.

« Trouvez le moyen d’approcher à nouveau cette Eryn Blake. Et amenez-la-moi. »



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Sam 19 Jan - 17:06

Comment ça ce ne sera pas nécessaire ? Il n’avait donc pas besoin de la virer ? Pourtant, c’était la seule des solutions pour Charlotte : il avait bien souligné qu’il avait viré des gens pour moins que ça. C’était inévitable donc, même pour elle. C’était la seule voix possible : comment pourrait-elle encore travailler dans de bonnes conditions si son patron ne lui faisait plus confiance ? Devrait-elle recommencer à zéro ? Le soucis, c’est que Gallagher saurait toujours qu’elle était capable de commettre des impairs et ça, ça allait être difficile à effacer. Donc, elle voyait difficilement où son patron voulait en venir, c’est pourquoi elle le regarda, hébété. Tenait-il vraiment au professionnalisme de son travail au point d’oublier toute cette histoire au plus vite ? Elle avait envisagé deux possibilités lorsqu’elle réfléchissait à l’issue de cette affaire : la première, qui avait été sur le point de se réaliser, la seconde, plus utopiste, où son patron aurait mieux pris les choses, comme s’il s’en fichait au fond. Mais bon, c’était à prévoir : Blake l’intéressait, Charlotte avait réussi à entrer en contact avec elle alors que les Peacekeeper, armés et entraînés, n’y arrivaient pas. Elle aurait bien voulu voir la tête de Joshua s’il apprenait un jour qu’elle avait fait son boulot mieux que lui.

Ne pas être virée ou être obligée de partir l’arrangeait au fond : d’accord elle avait des économies mais elle vivait pour le travail, elle ne voyait pas sa vie sans un job. Elle n’était pas sûre que beaucoup d’entreprises pouvaient embaucher en ce moment et, elle se connaissait. La dernière fois qu’elle avait perdu un job, la première fois de sa vie en fait, elle avait fait une dépression et elle avait fini par prendre des vacances et elle avait rejoint sa famille au Kansas. C’était juste avant que la Neo Corp. ne l’embauche, elle s’en souvenait parfaitement : son séjour dans sa ville natale lui avait été bénéfique, si bénéfique qu’à son retour, alors qu’elle se rendait justement à l’entretien pour le poste de secrétaire de la Neo Corp., elle était extrêmement détendue. Elle s’était toujours dit que c’était grâce à ça qu’elle avait eu ce poste, parce qu’elle n’avait montré aucune anxiété malgré le prestige de l’entreprise : si elle avait été dans un état d’esprit normal, elle aurait été stressée, elle n’aurait pas pu montrer à quel point elle pouvait être sérieuse et professionnelle. Quitter ce poste qu’elle aimait tant serait donc particulièrement difficile : cette fois-ci, il lui aurait été impossible de revenir dans sa famille, elle aurait dû rester à San Francisco et l’aurait très mal vécu.

Charlotte attendit un instant avant de se réjouir : elle connaissait son patron, il ne faisait jamais de « cadeau » sans compromis. Et elle estimait que ne pas la virer était un réel cadeau, une opportunité inestimable : elle voulait juste en connaître le prix. A moins que Gallagher oublie cette histoire en récompense de tout le travail qu’elle avait apporté à l’entreprise pendant six ans – mais elle en doutait fortement. Et elle avait raison. Gallagher s’était dirigé vers le bar et Charlotte attendait la suite : il y avait forcément une suite et elle ne voyait pas trop quoi lui répondre pour le moment : il venait de la décontenancer totalement, en lui disant qu’il n’était pas nécessaire qu’elle soit viré. Il prenait un risque. Un risque inutile parce que tout ce qu’il disait était vrai : Charlotte se sentait réellement coupable de ce qu’elle avait fait, conscience professionnelle oblige. Et évidemment qu’elle resterait fidèle à l’entreprise : elle ne cessait de se le dire à elle-même et elle lui avait assuré qu’elle était toujours loyale. Elle ne se l’expliquait pas d’ailleurs, peut être qu’elle avait de l’affection pour l’entreprise et son patron, peut être qu’en quittant cette vie, elle savait qu’elle ne s’en remettrait pas vraiment : elle n’avait pas d’autre vie à côté, pas de famille, rien à se raccrocher. Enfin, Charlotte soupira, soulagée de voir que son patron considérait son histoire comme étant une erreur de parcours. Seulement … Elle tressaillait. Et merde. Elle s’y était attendue : Gallagher ne faisait rien sans condition, pas même à sa secrétaire modèle.

Il voulait qu’elle se rattrape. Charlotte ouvrit la bouche mais aucun mots ne sortit : elle n’était pas en position de marchander, elle le savait. Elle était en faute, elle devait écouter son patron. Sauf que ce qu’il lui demandait, elle n’en était pas capable. Elle ne s’en croyait pas capable. Elle ferma un instant les yeux et inspira un bon coup : elle avait l’impression de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Le ciel lui tombait sur la tête, presque. Une nouvelle apocalypse. La fin du monde. De son monde. Comment voulait-il qu’elle retrouve Eryn une seconde fois ? Et pire, l’amener ici ! Elle n’avait pas voulu sortir de la Seamy pour l’accompagner un peu plus loin, Charlotte doutait franchement qu’il existe un moyen de la faire sortir. Son patron lui demandait la lune, il n’avait pas l’air de s’en rendre compte. Pire, il n’avait pas l’air enclin à discuter sur ce point. C’est qu’il la voulait absolument cette Eryn Blake. Elle inspira, histoire de rassembler ses dernières forces pour exprimer son doute concernant la réussite de sa mission : elle était hésitante, mais elle essayait de ne pas quitter des yeux son patron, pour bien lui faire comprendre que ce n'était pas des paroles en l'air : elle pensait ce qu'elle disait, elle doutait et savait d'avance qu'elle n'y arriverait pas, à moins d'un miracle.

« Et si je n’y arrive pas ? Je veux dire, je doute franchement arriver à la faire sortir de la Seamy. De même, je n’ai pas l’impression qu’elle me fasse confiance. Je pourrais bien y rester, cette fois. »

Ce n’était pas l’argument le plus convaincant à son avis et il y avait des chances pour que son patron s’en fiche complètement. Elle soupira alors une nouvelle fois : il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle redevienne professionnelle et sérieuse, son patron n’allait certainement pas apprécier son attitude : il exigeait qu’elle se rattrape, elle ne pouvait pas faire autrement qu’obéir.

« Mais je suppose que je n’ai pas le choix. Je ne peux vraiment pas démissionner

Pas qu’elle en avait envie, non, mais elle préférait peut être cette solution au final. Sa voix se cassa sur la fin et elle se remit à fixer sa tablette, elle avait essayé de faire un peu d'humour en esquissant un léger sourire mais, elle n'était pas douée pour ça. Elle ne pouvait pas marchander, elle le savait. Seulement, c’était plus fort qu’elle : elle voulait au moins essayer, quitte à subir de nouveau la colère de son patron face à son manque de motivation concernant sa future tâche – et sûrement prioritaire. Elle aurait pu faire des heures supplémentaires, se coltiner le travail le plus chiant de l’entreprise : il y avait bien d’autres manières de se racheter, des manières bien plus réalisables, bien plus accessible. Son patron venait de lui demander quelque chose de gros, très gros et Charlotte ne savait même pas qui elle craignait plus : sa colère voyant que sa secrétaire n’était pas très coopérative ou la vengeance d’Eryn si elle apprenait que Charlotte était sur le point de la trahir, en quelques sortes.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Jeu 24 Jan - 14:39

Jeffrey voyait toutes les expressions se succéder sur le visage de Charlotte : étonnement, appréhension, hésitation, choc, désillusion. Nul doute, il avait réussi à surprendre sa secrétaire comme jamais aujourd’hui. Et ce n’était pas forcément une bonne chose pour elle. Il s’adossa contre le bar et croisa les bras patiemment, en attendant que son employée accuse le choc et comprenne bien ce qu’il attendait d’elle. Il garda donc le silence, se contentant de l’observer alors qu’elle prenait une inspiration. Lorsqu’elle prit la parole, ce fut en le regardant bien en face ; Jeffrey apprécia le geste, mais désenchanta en comprenant qu’elle lui faisait part de ses doutes. Bien sûr, il se doutait bien qu’elle n’allait pas accepter un travail pareil sans essayer au préalable de lui faire implicitement comprendre qu’il n’avait pas le droit de demander ce genre de choses. Mais il se fichait bien de savoir qu’il n’était pas orthodoxe de demander à sa secrétaire d’aller embobiner une personne en ville pour la lui amener. Il faisait ce qui lui plaisait, depuis toujours, et personne ne pouvait rien lui dire. Il savait aussi que Charlotte Hawkins finirait par accepter son deal : elle n’avait de toute façon pas le choix. Mais il aurait préféré qu’elle le fasse sans discuter, au lieu de lui avouer qu’elle doutait pouvoir y arriver et qu’elle risquait d’y passer. Il ne broncha pas, ne répondit pas, et attendit tout simplement la suite. Il vit sa secrétaire soupirer, comme si elle se rendait compte elle-même que ce qu’elle disait était complètement inutile. Bien. Il préférait qu’elle se reprenne. Surtout qu’elle avait l’air de comprendre le fait qu’elle n’avait pas le choix, comme elle le fit d’ailleurs elle-même remarquer en reprenant la parole. Lorsqu’elle demanda si elle ne pouvait pas démissionner, Jeffrey ne put s’empêcher d’avoir une espèce de sourire sardonique.

« Non. »

Évidemment qu’elle n’avait pas le droit de démissionner. Pas maintenant, pas alors qu’il venait de lui confier cette mission de la plus haute importance en guise d’épreuve de rattrapage. Et puis, elle était un élément important pour la Neo Corporation en tant que secrétaire personnelle du PDG. Donc elle avait encore moins le droit de démissionner. Ce serait trop… facile. Jugeant la question réglée, Jeffrey se décolla du bar.

« Et il n’est pas question de ne pas y arriver. Je vous soufflerais des idées s’il le faut, je vous donnerais des pistes. Mais vous allez me l’amener. »

Son était aussi catégorique que sa volonté était inflexible. Il jeta un dernier regard entendu à sa secrétaire avant de revenir auprès de la table de billard pour jeter un coup d’œil à son jeu qu’il avait abandonné en cours de route. Désinvolte, il fit un vague geste de la main en direction du tapis de billard.

« Je vous laisse au passage le soin de ranger tout ça. Et je reviendrais vous voir très vite pour avoir des nouvelles de notre… petit arrangement. »

À nouveau, il eut un sourire. Il n’éprouvait pas de plaisir particulier à mettre des bâtons dans les roues de sa fidèle secrétaire, mais comme elle avait commis une faute et une trahison dans son dos, il pouvait bien se permettre de s’acharner un peu. Parce que non, il ne comptait pas la laisser tranquille une seule journée sans venir lui demander où elle en était. Il ne lui laisserait pas l’occasion d’oublier un seul instant le fait qu’elle devait se rattraper à ses yeux. Et il pourrait dans la foulée obtenir ce qu’il voulait depuis un moment. C’était faire d’une pierre deux coups.

Avec un signe de tête en guise de salut, il quitta la pièce aussi tranquillement qu’il y était entré plus tôt avec un autre employé, laissant derrière lui sa secrétaire seule avec ses pensées.



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Billard et révélations [FINI] | Lun 25 Fév - 19:04

Charlotte était bel et bien coincée, elle n’avait aucun moyen de retourner en arrière et son patron ne la laisserait même pas démissionner. Elle eut peur de l’agacer encore plus en essayant de faire passer une nouvelle demande de démission avec humour mais il eut un sourire, sourire que Charlotte n’apprécia guère. La situation ne semblait pas le déstabiliser. Non, puisqu’il avait trouvé une manière pour rebondir rapidement tout en gardant sa secrétaire malgré sa trahison. Les risques de cette mission ne semblaient pas atteindre Gallagher. Il devait pourtant avoir conscience que ce n’était pas une tâche faite pour sa secrétaire ça, elle n’était pas formée pour ramener des gens de force à la Neo Corp. Et même si elle était formée pour, elle n’y arriverait pas : c’était hors de sa portée, elle ne pouvait pas trouver une personne et l’amener à son patron, juste parce qu’il le lui demandait surtout pas une mutante prête à tout pour survivre et pour garder sa liberté. Elle avait beaucoup trop de principes, elle aurait beaucoup trop de scrupules et serait même plus mal qu’en ce moment même, alors qu’elle devait affronter la colère – pourtant faible – de son patron. C’était un véritable casse-tête.

Gallagher mis cependant fin au débat alors que Charlotte n’avait pas dit clairement qu’elle acceptait cette mission. Lui partait du principe qu’elle n’oserait pas le défier, ce qui était vrai. Charlotte savait qu’elle était en tord, c’était à elle de se racheter, elle n’était pas en position de marchander et même si elle s’était résignée, elle n’arrivait pas à lui dire qu’il pouvait lui faire confiance pour cette mission, qu’elle mettrait tout en œuvre pour mettre la main sur Eryn Blake afin de la ramener dans les locaux de la Neo Corp. Non, puisqu’elle ne se sentait pas capable. Charlotte ne savait même pas si les paroles de son patron sur l’aide qu’il allait lui apporter la rassurait : avec lui, il fallait s’attendre à tout. Quels risques seraient-ils capable de lui faire prendre pour arriver à ses fins ? Jusqu’où pourrait-il aller ? Charlotte préférait limite se débrouiller toute seule, pour être sûre de ne pas tomber dans un plan complètement farfelu. Elle soupira encore, incapable de le remercier par avance pour les pistes qu’il pourrait lui donner. Elle le savait déterminé mais elle n’avait jamais fait les frais de sa détermination du moins, pas aussi directement. Mais elle le méritait, non ? Si elle était restée une parfaite secrétaire jusqu’au bout, jamais elle n’aurait dû se retourner le cerveau pour trouver un plan qui l’amènerait à Blake. Elle avait une dette envers la jeune femme. Et si elle lui demandait de l’épargner ? Charlotte serait dans une terrible impasse : choisir entre son travail et ses valeurs serait impossible. Sans travail, elle ne pouvait pas vivre. Et comment pourrait-elle retrouver un poste de secrétaire alors qu’elle avait trahi le plus réputé des hommes de San Francisco ? Charlotte ne se doutait pas une seule seconde qu’il serait bien difficile pour elle de retrouver un boulot si Jeffrey ne la recommandait pas à quelqu’un ou s’il disait ouvertement qu’elle n’était pas quelqu’un de confiance. Mais ses principes, elle y tenait quand même : elle ne pouvait pas tout remettre en question du jour au lendemain. Eryn Blake lui avait fait suffisamment confiance pour lui rendre ce service, elle l’avait ensuite ramené aux frontières de la Seamy, la sauvant d’une bande de voyous … Charlotte s’en voudrait de la trahir elle aussi.

Refuser l’aide de son patron ? C’était impensable. Elle en aurait besoin, assurément. Elle ne pouvait pas trouver d’idées toutes seules sur le coup. Il lui fallait au moins l’aide d’une personne sans scrupules pour lui dicter quoi faire, parce qu’il était toujours plus facile d’exécuter des ordres que d’agir de soi-même. Elle avait toujours été doué pour faire ce qu’on lui demandé, elle allait essayer de continuer, même si ce serait une tâche difficile.

Charlotte ne quittait pas du regard son patron qui en avait fini avec elle : il lui demandait même de ranger la table de billard, arrêtant son jeu. Elle se contenta d’acquiescer docilement. Faire le larbin ne lui plaisait pas vraiment mais c’était déjà mieux que de travailler déjà à un plan pour retrouver Eryn. La suite lui plut encore moins : son patron n’allait pas la lâcher. Elle qui avait espéré qu’il serait un peu laxiste sur cette affaire … Au vu de son sourire, cela n’allait pas être le cas. Charlotte savait qu’il voulait Eryn, mais pas forcément à ce point. Elle s’attendait déjà à voir son patron tous les jours, dans son propre bureau, la harcelant. Elle espérait presque qu’il se passe une nouvelle catastrophe pour qu’il soit suffisamment occupé ailleurs pour l’oublier un peu, elle et leur petit arrangement.

Charlotte adressa un dernier signe de tête poli et respectueux à son patron avant de poser sa tablette et ses papiers sur la table de billard. Elle arrangea les différentes boules, les rassemblant au milieu dans le triangle de rangement. Elle regarda un instant la table, pensive. Elle regrettait d’avoir été voir Eryn Blake dorénavant : elle savait que les jours, les semaines voire les mois qui allaient suivre seraient encore moins tranquille, plus angoissant que les trois mois qu’elle avait vécu dans le doute d’être une mutante un jour. Elle soupira encore une fois et un peu maniaque, elle réajusta le triangle pour le centrer encore plus. Et elle finit par reprendre ses affaires et repartir dans son bureau, en quête d’une tâche à faire pour oublier cette entrevue qui avait légèrement mal tournée pour elle. Oh non, elle n’était pas sortie d’affaire.

FIN


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Billard et révélations [FINI]

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