AccueilRechercherGroupesS'enregistrerConnexion
Breaking News

Nouveau design : votre avis
De nouveaux Prédéfinis
Concours Estival
A venir : Concours de Votes

Awards
Jen Walker

Toubib de la CB !
Jensen Wicket

Flingueur de la CB !

Votez !
Topsite1 TopVelusia TopFiletduDiable




 

Partagez|

Aftermath [Erynette!]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

First in Deed

Masculin

MESSAGES : 627
HUMEUR : Vigilante
FEAT : Jeremy Renner

Points : 1625

Voir le profil de l'utilisateur

Want More ?


Anderson Dawn
First in Deed
Message Sujet: Aftermath [Erynette!] | Dim 29 Mai - 12:36

Je suis sûr que les chevaliers avaient moins de problèmes.

Certes, je ne m'y connais que très peu en histoire médiévale, mais d'après les bouquins et les films que j'ai pu voir, les héros de légende d'antan n'auraient eu aucun soucis à se tirer de ma situation présente. D'ailleurs, cette situation ne se serait jamais présentée, en réalité. Ils avaient une éthique, un honneur, qui faisait force de loi. Sauver une demoiselle en détresse, protéger les innocents, ça valait quelque chose à l'époque, même s'ils étaient considérés comme des adversaires, non ? Aujourd'hui, il faut croire que non. Peut-être —sûrement, même— que la situation présente n'aide en rien ces principes chevaleresque, mais j'étais presque sûr de m'en prendre plein la gueule si jamais je laissais s'échapper Eryn Blake et l'autre mutant.

Bon, après, on pouvait commenter sur le fait qu'Eryn n'était pas vraiment une demoiselle en détresse, surtout si on considère que les femmes de l'époque ne recevaient pas une instruction militaire aussi poussée, et avait la capacité de faire s'arrêter net un opérateur du SWAT d'un simple regard —enfin, pas un « simple » regard, les yeux des Blake sont tout un sujet, sur lequel il conviendrait de s'interroger, voire d'en faire une thèse. C'est sûrement une des raisons pour laquelle personne n'a vu mon échec comme un triomphe éloquent de la renaissance des chevaliers en armure de Kevlar.

Bien au contraire, même. Contrairement à ce que peut laisser croire les films d'action, les « bad guys » ne s'échappent que rarement lorsqu'ils sont encerclés par les forces d'interventions spéciales de la police. Voire même jamais, en fait. Dans le pire des cas, l'action se solde par la mort des retranchés, et dans le meilleur, par leur prise en vie. Mais qu'ils puissent s'échapper ? Nan. Ça n'arrive pas. Ça n'est pas censé arriver. Et quand ça arrive, la commission d'enquête cherche des coupables. Parfois, surtout depuis le début de la quarantaine, on peut blâmer plusieurs boucs émissaires. L'équipement défectueux. La mauvaise coordination avec la Nero Corp. L'épuisement chronique des hommes. Voire tout simplement la puissance de certains mutants. Mais étrangement, ils n'ont pas eu besoin de se donner beaucoup de mal à imaginer des scénarios, cette fois. Le coupable tout trouvé, c'était moi. J'ai commis des erreurs tactiques, j'ai commis des infractions au règlement en allant directement parler aux fugitifs, tout en ayant soigneusement coupé mes communications. Puis, je m'étais « laissé » capturer, ce qui avait facilité leur fuite. Dernière erreur, je ne m'étais pas couché lorsque les tirs avaient commencé à pleuvoir sur les fuyards, et j'en avais d'ailleurs récolté un éclat de balle dans la jambe. Malheureusement, personne n'avait voulu croire non plus à l'histoire du pauvre flic blessé dans l'exercice de ses fonctions.

Il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour qu'un bureaucrate particulièrement zêlé —et particulièrement remonté contre moi depuis la mort du Sheriff— se charge de l'affaire, et commence à tirer des conclusions. Comme la fameuse « aide » inconnue apportée à Eryn Blake dans un quartier déserté. Ou les témoignages, qui n'avaient pas tardé à arriver, de mes propres hommes sur ma réluctance notoire à livrer les mutants à la Neo Corp. Moins d'une semaine après l'assaut infructueux, j'étais mis à pied. Seuls quelques fidèles ayant témoigné en ma faveur m'avaient permis d'éviter le renvoi pur et simple de l'équipe du SWAT. Le seul avantage, c'était qu'ils ne pouvaient rien prouver, et même en dehors de cela, ils ne pensaient pas réellement que je fricotais avec Eryn. Ils pensaient juste que j'étais trop pro-mutant, et que par conséquent, quelques jours de mise à pied pourraient me permettre de rentrer dans le rang. Avec des séances obligatoires de sessions sponsorisées par la Neo pour nous expliquer les dégâts dont étaient capables les mutants, et de la nécessité de les capturer.

Je m'étais inquiété, au départ, d'être suivi, mais après avoir effectué plusieurs manoeuvres de contrage, j'étais convaincu qu'il ne s'agissait que de ma paranoïa. Maintenant que je ne participais plus aux opérations, je me retrouvais néanmoins avec beaucoup trop de temps sur les bras. J'étais retourné à mon appartemment, me rappelant de la catastrophe que j'avais pu faire pour essayer de soigner tant bien que mal Eryn, et j'en avais eu un fou rire nerveux pendant une bonne dizaine de minutes. J'avais préparé plusieurs lettres destinées au dehors si jamais je ne m'en sortais pas, les dissimulant soigneusement sous mon plancher. Des lettres qui me grilleraient totalement vis-à-vis de mes pairs si jamais elles venaient à être lues, tant elles racontaient tout ce dont j'avais pu être témoin.

Je détestais tout de même l'idée de rester enfermé dans mon appartement, et je m'étais donc résigné à sortir, en civil et armé de mon arme personnelle, un vieux Colt M1911 ayant appartenu à mon père. Pas grand-chose, en comparaison avec le SWAT, mais ça m'allait bien. La capuche remonté sur ma tête, je me faisais presque l'impression d'être un jeune gangster. Je déambulais au hasard des ruelles, essayant de vérifier si je faisais l'objet d'une surveillance. Je ne restais pas longtemps dans la zone sûre, d'ailleurs, je préférais de loin aller chercher les ennuis dans les quartiers désertés.

Je relevais bientôt la tête pour observer l'église délabrée qui se tenait encore là. Je n'avais jamais été très religieux, mais je décidais de m'y poser. De toute évidence, personne ne viendrait m'y déranger, même pas un confesseur. Je poussais la porte avant d'entrer. Quelques silhouettes étaient présentes, mais je ne leur prêtais aucune attention. Ce lieu devait être évidemment parfait pour quelques échanges sous le manteau, voire des réunions entre personnalités recherchées. L'église était d'ailleurs l'objet d'incursions de Peacekeepers, quand on pouvait se le permettre, mais sans preuve, on n'avait pas les moyens de la faire surveiller.

Je finis par m'installer sur un banc, baissant ma capuche avant de sortir une petite flasque de whisky de ma poche. Etait-ce comme ça que j'allais finir ? Un type vieilli avant l'heure, abandonné par le camps qu'il servait, et dans l'incapacité de rejoindre le camp qu'il protégeait ? Qui préférait boire plutôt que de faire quelque chose d'utile, comme espionner la Neo Corp à ses heures perdues ? La vérité était que ma suspension m'avait tout de même porté un sacré coup au moral. Je savais ce que je faisais, et si je devais le refaire, je ferais tout exactement de la même manière —peut-être juste en me décalant légèrement pour éviter de me prendre ma blessure qui me faisait encore boitiller.

Je n'aurais pas supporté l'idée de voir Eryn emmenée. Mais maintenant que j'étais mis à l'écart, je n'avais quasiment aucune chance de la revoir. Je ne savais plus quels étaient les quartiers où on croyait l'avoir aperçue, où on savait qu'ils étaient des recoins à mutants. Je n'étais plus au courant de rien, et je me retrouvais à picoler dans une église en attendant je ne sais quel miracle. Les miracles, contrairement aux bonnes histoires, n'existent pas. Il n'y a pas non plus de grand dragon que je peux vaincre pour rétablir l'équilibre des choses. Il n'y a que les gens qui se battent, et ceux qui restent à l'écart.

Je suis sûr que les chevaliers avaient moins de problèmes.


Get down ! Show me your hands ! Police !

Through Unity, Peace, Honor, Valor, Allegiance. Today
Tomorrow, Forever, Together
We Rise. Together We Prevail.
Forward Unto Dawn
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Mutation Sensor

Féminin

MESSAGES : 1838
HUMEUR : Égarée.
FEAT : Jaimie Alexander

Points : 2897

Voir le profil de l'utilisateur http://moodypoison.blogspot.fr/

Want More ?


Eryn Blake
Mutation Sensor
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] | Dim 29 Mai - 17:04

N’en déplaise aux doux rêveurs et aux idéalistes, chaque époque a ses démons, ses fantasmes, sa part de mythes, sa part de réalité. Les héros, sublimés par les histoires, et les dessous bien plus sombres que l’Histoire ne saurait conter.

Difficile de se bercer d’illusions, donc, quand on a vécu la guerre, quand on a vécu suffisamment d’horreurs. Pourquoi les êtres humains d’avant seraient-ils mieux que nous ? Et ce d’après ? Quoi qu’on en dît, l’humanité courait à sa perte, répétant inlassablement les mêmes erreurs, embellissant les récits, dissimulant les méfaits. On fermait inlassablement les yeux sur les horreurs, on tentait de les enterrer, on maîtrisait à la perfection la politique de l’autruche. Et oui, on se bourrait le crâne de putains de contes de fée jusqu’à s’en étouffer.

Prenons l’exemple des beaux chevaliers, par exemple. Ce n’était probablement que des contes pour embellir leurs épopées, pour justifier les croisades, pour redorer le blason face à la population exploitée ! C’était de belles histoires pour justifier une violence gratuite, une barbarie sans nom. Alors, peut-être existait-il des exceptions. Peut-être qu’il était possible d’avoir un honneur et des principes à l’époque. Mais soyons francs : à l’époque, il n’y avait même pas la crainte de la médiatisation, pas de justice assez cohérente pour empêcher les méfaits commis envers les plus démunis. Rien n’empêchait l’homme qu’on vénérait pour ses prouesses chevalresques de commettre les pires atrocités sur son fief, d’exploiter ses paysans, de violer les femmes et les victimes de guerre, de ramasser son butin. On imaginait les chevaliers propres et merveilleux, mais tant au niveau physique que moral, rien ne les rapprochaient de nos merveilleux contes de fée.
Quelque part, il fallait se forcer à imaginer que le monde d’aujourd’hui était mieux. Que le progrès existait. Qu’un jour, la barbarie laisserait enfin place à la paix et l’harmonie.

Et elle, dans tout ça ? Et ses idéaux, piétinés, encore et encore ? Et ses principes, et son éducation qui dictaient son comportement ? À quoi bon jouer aux héros ? Rien n’y faisait. Rien n’avançait. Une vague de désespoir la poussait à se terrer à nouveau, à passer en mode survie. Dans ses derniers retranchements, elle se transformait en machine ; tout devenait mécanique, plus rien n’avait d’importance. Murée dans cette solitude amère, elle essayait d’oublier les conséquences de ses choix.

Puis il y avait Anderson Dawn.
Lui, il sortait très certainement d’un de ces fameux contes pour enfants, plein de beaux principes, le côté humain en plus. Comment est-ce qu’un type pareil s’était-il retrouvé dans l’armée ? Il aurait mieux fait d’écrire des bouquins, ou de s’occuper d’une organisation humanitaire quelconque…
Cette pensée fit sourire Eryn.

Malgré elle, elle se demandait s’il allait bien.
Elle avait fini par lâcher ce fichu Jeffrey, lassée de ses petits jeux, incapable de savoir si ses informations avaient de la valeur ou non. Il viendrait la trouver si jamais il avait une piste tangible, ou trouverait une autre personne pour lui servir de pigeon. Elle garderait un œil sur cette histoire, certes, mais Eryn savait pertinemment dans quelle mesure elle pouvait prendre des risques – ou non.

Anderson l’avait une fois de plus sortie du pétrin.
Elle était restée à l’affut pour savoir comment il s’en était tiré, elle avait tendu l’oreille. Les informations ne manquaient pas, dans les bas-fonds, et elle avait soutiré à un certain ex Peacekeeper ce dont elle avait besoin. De relation en relation, serrant les dents face à la perspective du risque, elle était enfin parvenue à en apprendre davantage.

Mise à pied.
Un vague soulagement se glissa sous sa carapace blindée. C’était toujours mieux qu’un aller simple pour Alcatraz. C’était aussi la fin de son ultime carte à jouer. Après tout, elle ne pouvait pas éternellement se tourner vers lui chaque fois qu’elle était en difficulté. Elle avait fait preuve d’un égoïsme très poussé, d’une froideur sans pareille et d’une ingratitude exceptionnelle envers monsieur SWAT. À présent, bien des mois plus tard, Eryn éprouvait une forme de culpabilité insidieuse.

Elle n’eut pas à réfléchir longtemps.
Elle guetta l’appartement de Dawn. Après tout, il n’était pas du genre à tenir en place. Il y ferait certainement un passage, certes, mais il ne pourrait pas se confiner entre quatre murs trop longtemps. Il serait simplement question, ensuite, de le filer discrètement. Voire plus que discrètement, puisqu’il craindrait d’être suivi. Puis s’assurer aussi qu’il n’était pas suivi, et puis qu’elle non plus. Ce plan quelque peu hasardeux aurait probablement donné la migraine à quelqu’un d’autre qu’Eryn. Mais elle n’en était pas à sa première filature en territoire hostile, et elle s’en sortit plutôt bien, même si elle redouta une fois ou deux d’avoir été percée à jour.

Moment d’hésitation.
Comment s’annoncer ? Comment s’excuser ? Comment le remercier ? Chose plutôt inhabituelle, elle était venue sur un coup de tête, sans trop savoir comment s’y prendre. Elle essaya de deviner ce qu’il pouvait ressentir. Non, elle n’avait pas besoin de deviner quoi que ce soit : s’il avait été aussi proche de ses hommes qu’elle l’avait été de son unité, alors il devait juste se sentir mal. Très mal.

Elle porta une main à son arme par mesure de précaution, et sortit de sa cachette, en s’annonçant d’une voix rauque :

« Hey… »

Plutôt maigre, comme entrée en matière, mais il faudrait que cela fasse l’affaire. Après tout, peut-être était-il rancunier et déciderait d’ouvrir le feu ? Ils se connaissaient si peu.


Dread the Truth
Take the pictures off the wall, Erase the thoughts, forget them all. The choice is yours  to save yourself, Or in the hands of someone else ? » Skumfuck – Sum41 .unbreakable
Revenir en haut Aller en bas
avatar

First in Deed

Masculin

MESSAGES : 627
HUMEUR : Vigilante
FEAT : Jeremy Renner

Points : 1625

Voir le profil de l'utilisateur

Want More ?


Anderson Dawn
First in Deed
Message Sujet: A | Dim 29 Mai - 18:31

On a parfois l'impression qu'on n'est pas à sa place. Il y a sûrement des gens qui ont fait des études sur ce sentiment, accusant les conventions sociales, les réactions des gens, ou encore le malêtre intérieur de la personne. A vrai dire, je me fiche de ces études. Tout ce que je sais, tout ce que je sens, c'est que je ne suis pas à ma place ici. Ça n'a rien à voir à l'église, ça n'a rien à voir non plus avec les silhouettes que j'ai senti me dévisager dès que je sui entré. Je ne suis pas à ma place, parce que ma place est dans une combinaison noire, à faire mon boulot.

Mon boulot. Sauver des vies. Sauver des gens. Voir l'humain comme la priorité numéro une. Pas de traquer des mutants pour les envoyer Dieu sait où. C'était ça qu'on était censé faire à la base, et on le faisait bien. On le faisait tellement bien qu'on n'avait pas officiellement été dissous lorsque tout a commencé. Et puis... Les choses ont fini par tourner au vinaigre. Certains ont developpé cette accoutumance à la violence, à l'arrestation injustifiée d'innocents, à ne plus se préoccuper des cibles. Alors qu'avant on avait le nom des individus, leurs occupations, leurs relations, qu'on essayait de les comprendre avant d'intervenir, maintenant, on se basait juste sur des signalements d'activités étranges, et on fonçait dans le tas.

Et encore. J'aurais pu résister. Je savais d'expérience que dans l'armée ou dans un groupe d'intervention comme le SWAT, l'unité de base était la plus résistante. Les liens forgés entre soldats, les réflexes acquis sous une épreuve commune, partager le sang et la sueur faisait ce que les civils appelaient communément la fraternité d'armes. Et c'était précisément cela. Je savais que je pouvais leur confier ma vie, tout comme eux, la leur. Une telle unité était capable de mieux endurer le stress de façon collective, de mieux s'organiser, de mieux gérer des situations difficiles. Mais dès lors qu'elle volait en éclat, ça signifiait souvent la fin.

On avait su passer ensemble le rude hiver, même les premières fissures lorsque certains membres avaient commencé à ne plus éprouver la moindre empathie envers les mutants. On était passé outre... J'étais passé outre, parce qu'ils restaient en ligne. Ils restaient professionnels. La faute était mienne. Je les avais laissé tranquille, sûrement par peur qu'on puisse remonter à cause de moi jusqu'à Eryn Blake, qu'on ne voit clairement à-travers moi si jamais je faisais preuve de la moindre compassion envers les mutants. Ça avait constitué le premier élément. Le second avait eu lieu lors de l'intervention contre Eryn. La blessure presque mortelle d'un de mes gars avait véritablement rempli d'acharnement les plus extrémistes, là où les autres étaient restés droits. Avaient écouté mes ordres. Toute l'opération aurait pu apparaître comme un fiasco, certes, mais un fiasco modéré, si jamais ces types n'avaient pas tout bouleversé. S'ils n'étaient pas intervenus, s'ils avaient respecté mes ordres... Je n'aurais pas eu à me mettre devant la fuite d'Eryn et peut-être que je serais encore en position.

Au fond... Non, je ne pouvais pas dire que ça ne me dérangeait pas. Surtout que mon second n'avait pas été sélectionné pour me remplacer. A la place, ils avaient récolté un des autres, et il n'y avait pas de doute quant aux nouvelles instructions qu'il devait avoir donné. Ma mise à pied, mon commandant en second écarté, et le coma de l'opérateur blessé avaient eu raison de la cohésion. Une équipe faisait trop de zèle, là où une autre traînait les pieds. Malgré le nouvel acharnement qu'allait démontrer l'équipe des flics, si rien n'était fait, d'ici quelques mois au plus l'escouade serait dissoute et brassée dans le reste des Peacekeepers.

C'était mes gars. Et je ne supportais pas l'idée de voir l'équipe se détruire de l'intérieur. Je ne pouvais décemment pas blâmer Eryn, elle n'avait été qu'un symptome de ma propre personnalité en proie au doute, mais ce serait tellement plus facile de le faire. Si je l'avais arrêtée lors de notre première rencontre, je me serais sûrement résigné. J'aurais abandonné tous mes grands idéaux en me trahissant moi-même. J'aurais pu la laisser filer. Mais non. J'avais décidé de l'aider. Et de là, l'engrenage était en mouvement, et rien ne semblait l'arrêter. Je l'avais soignée, j'avais volé, j'avais affronté mes collègues, et voilà où j'en étais maintenant.

Je ne suis pas à ma place. Quand on a porté l'uniforme pendant si longtemps, on a du mal à s'imaginer une vie sans. Au-delà de ça, on n'est simplement plus habitué. On garde des réflexes de soldats, on reste vigilant alors qu'on voudrait se laisser aller. Et quand une figure-clé apparaît devant soi, on n'en croit pas ses yeux. Enfin, moi, en tous cas, je refuse de croire ce que je vois. Je n'ai pourtant pas bu au point d'halluciner mais... Je me relève subitement, agrippant la rambarde des fauteuils devant moi.

Mon regard est planté dans celui d'Eryn Blake.

Malgré sa nouvelle coupe, je la reconnaîtrais n'importe où. J'avise sa main portée à son arme, et j'hausse un sourcil en roulant un peu les yeux. Fidèle à elle-même, incapable de faire confiance à qui que ce soit. Peut-être qu'il faudra que je me prenne une véritable balle la prochaine fois ? Alors qu'elle lance sa laconique salutation, mes pensées défilent à toute allure. Elle n'a pas l'air surprise de me voir ici. Et c'est elle qui vient à ma rencontre. Ce qui laisse à penser qu'elle avait prévu de me trouver. Ce qui prouve que mes techniques de contre-filature ne sont pas du tout au point. Je continue de la dévisager sans mot dire, tandis qu'une multitude de pensées contradictoires fusent dans ma tête. Si on me voit avec elle, ç'en est foutu de moi. Si je la ramène au central, tout serait pardonné. Ce genre de trucs.



« Blake, dis-je machinalement. Il y a un PK derrière moi, ou tu comptes me tirer dessus ? »


Sans la quitter des yeux —quitte à ce que ça en devienne limite glauque— je me laisse retomber sur le banc. Eryn Blake est là. Mieux, elle est venue me trouver. A priori, je serais tenté de dire qu'elle doit avoir une raison. Comme elle ne se vide pas de son sang, je peux supposer qu'elle doit avoir besoin d'un service, mais elle doit se douter que ma situation n'est pas optimale pour l'aider, non ?


« Tu viens me recruter dans ton gang de corsaires ou juste partager la dernière chose que je peux t'offrir ? demandais-je d'un ton ironique en tendant ma flasque dans sa direction, baissant —enfin— le regard. »


Eryn Blake est venue me trouver. Un mélange de sentiments s'emparent de moi, mais je ne tente pas de les analyser. Je n'y arrive pas. Je n'ai pas la force. J'ai juste la volonté enfantine de vouloir tout retrouver comme avant, avant que je ne sois obligé par mes ordres de la détester, et contraint par mes principes de l'aider.



Get down ! Show me your hands ! Police !

Through Unity, Peace, Honor, Valor, Allegiance. Today
Tomorrow, Forever, Together
We Rise. Together We Prevail.
Forward Unto Dawn
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Mutation Sensor

Féminin

MESSAGES : 1838
HUMEUR : Égarée.
FEAT : Jaimie Alexander

Points : 2897

Voir le profil de l'utilisateur http://moodypoison.blogspot.fr/

Want More ?


Eryn Blake
Mutation Sensor
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] | Dim 29 Mai - 20:05

Bon, au moins, il n’a pas perdu son sens du sarcasme…
Elle leva les yeux au ciel pour échapper à son regard insistant – et accusateur ? – délaissa son arme et s’avança jusqu’à lui, pour se laisser tomber sur le banc à son tour. Elle demeura silencieuse un moment, refusant la flasque tendue d’un simple signe de tête. Elle ramené une jambe contre elle et posa son menton sur son genou, pensive. Ce n’était pas grand-chose, et elle ignorait comment elle aurait réagi à la place du Peacekeeper, mais elle pensait qu’un peu de compagnie ne pouvait faire de mal à personne. Elle était bien placée pour le savoir.

Un gang de corsaire, mais quelle idée…
Ses prétendus amis, en fin de compte, étaient trop peu nombreux. Certains s’étaient volatilisés (étaient-ils seulement en vie ?), d’autres, elle ne savait pas trop dans quel camps ils se trouvaient réellement. Comme l’autre pleurnichard agaçant. Finalement, si elle avait quelqu’un dans son camp, c’était probablement la gamine pyrokinésiste. Elle n’avait rien contre Sasha, mais ce n’était pas tout à fait la première personne à laquelle elle penserait si elle avait besoin de renforts.

Non, cette personne se trouvait à côté d’elle.
Mais il fallait faire une croix dessus.

« J’suis désolée, Dawn. »

Prendre tant de risques pour ces quelques mots.
Il pouvait se retourner contre elle. Ils pouvaient être surpris. Ce serait signer leur fin. Ou en tout cas, celle d’Eryn. Dawn pourrait toujours s’en sortir, d’une façon ou d’une autre. Les personnes saines étaient bien trop estimées dans la Bright pour que ses supérieurs pussent se passer de lui longtemps. Il serait peut-être relégué à un poste de moindre responsabilité, mais au moins, il serait nourri, logé, bien traité. C’était toujours ça de pris.

Bien sûr, elle se doutait aussi qu’Anderson était confronté à une question d’éthique. Elle ne pouvait que comprendre. Ce qui les différentiait, finalement, c’était l’extrémité de leur situation (ils n’assassinaient pas les mutants, eux) et leur catégorisation (il n’était pas mutant, lui). Ce calcul fait, elle peinait davantage à le plaindre. Elle avait envie de lui dire de rester bien sagement dans les rangs, que ça finirait par s’arranger pour lui, pour ses victimes. Qu’il pourrait plus facilement travailler avec un mouvement contestataire s’il restait sagement dans les rangs.

Peu bavarde, Eryn n’avait pas envie de se lancer dans un discours moralisateur. Elle était mal placée pour le faire. Et puis tout ça, c’était un peu de sa faute. Elle avait largement profité de la position du Peacekeeper. Elle en avait abusé. Certes, elle n’avait plus beaucoup de choix quand elle se vidait joyeusement de son sang dans les rues glacées de la ville, mais bon.

Elle soupira.
Il devait penser qu’elle avait encore un truc à lui demander. Si elle n’avait pas été Eryn Blake, probablement en aurait-elle rougi de honte. Le pouvait-elle ? S’il la confrontait à ce sujet ? Elle préféra ne pas y songer.

À la place, elle fit la chose la plus altruiste qu’elle ait suggéré depuis qu’elle avait quitté les siens.

« As-tu… » Elle marqua une brève hésitation. Ce n’était pas son fort, ces conneries. « …besoin de quelque chose ? »

Ouais, bon, elle n’avait pas grand-chose à partager non plus, mais elle pouvait toujours proposer…

Elle était mal à l’aise. Un instant, elle avait espéré que ce serait comme avec ses frères d’armes. Ou comme leur première rencontre. Quelque chose qui les reliaient à leur passé militaire. Mais comme ils étaient tous les deux rejetés, en quelque sorte, peut-être que ce lien s’était effrité ? Pour laisser place aux dettes – car elle lui était redevable – et à la culpabilité ?

Elle aurait peut-être dû commencer par lui demander ce qu’il comptait faire. C’était, après tout, la première question à lui poser. « Hey, salut, alors, tu veux me livrer en pâture à la Neo Corp. pour redorer ton blason ? ». Mouais. Non. Elle ne pouvait pas aller jusque-là non plus. Faire comme si elle l’avait trouvé par hasard, alors ? Non plus. La situation avait quelque chose de ridicule, et l’espace d’un instant, elle songea à se relever et partir. Une rencontre courant d’air. Quelque chose dans ce goût-là.

Pourtant, elle resta à sa place, attendant qu’il menât la conversation. Il avait toujours été pipelette, ça n’allait pas changer aujourd’hui tout de même… si ? La détestait-il ? Si oui, cela avait-il de l’importance ?

En cet instant, Eryn Blake aurait fait n’importe quoi pour que son putain de cerveau cesse de lui balancer des pensées aléatoires sans queues ni têtes.


Dread the Truth
Take the pictures off the wall, Erase the thoughts, forget them all. The choice is yours  to save yourself, Or in the hands of someone else ? » Skumfuck – Sum41 .unbreakable
Revenir en haut Aller en bas
avatar

First in Deed

Masculin

MESSAGES : 627
HUMEUR : Vigilante
FEAT : Jeremy Renner

Points : 1625

Voir le profil de l'utilisateur

Want More ?


Anderson Dawn
First in Deed
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] | Lun 30 Mai - 15:37

Mon bras reste tendu en l'air un instant après qu'elle se soit laissée tomber à côté de moi, comme si j'accusais le coup, avant de ramener la flasque métallique contre moi. Je fermais un instant les yeux. Peut-être que ce qui était pire, c'était la perte soudaine de tous mes repères. Je n'avais jamais trahi auparavant. Jamais eu la tentation de le faire. J'avais toujours eu l'intime conviction d'agir dans le bon droit. C'était ça qui m'avait fait tenir toutes ces années. J'avais toujours été le bon petit soldat. J'avais exécuté les ordres, j'avais suivi les consignes. J'avais voulu faire au mieux. Qu'est-ce qu'il en restait maintenant ?

Maintenant, j'avais aidé et abrité une femme considérée comme criminelle. J'avais volé des innocents, j'avais empêché le bras de la justice de s'abattre sur des mutants. Combien de temps faudrait-il pour qu'on s'aperçoive des quantités d'erreurs administratives que j'avais semé pour que des mutants comme June Lowell puisse s'en tirer ? Je n'étais plus dans le cocon de mon unité, je n'avais même plus d'uniforme. Toute ma vie, j'avais eu une ligne directrice... Et j'en étais privé maintenant. Par des actions que je ne regrettais pas. Je savais que ce que j'avais fait était juste. Je savais que ce que j'avais fait était en accord avec ce que je voulais. Mais quitter un cadre aussi imposant que l'armée, un carcan aussi étouffant que la police était difficile.

Je me retournais lentement vers Eryn, un mince sourire s'étalant malgré moi sur mon visage. Elle, elle était désolée ? Je n'aurais jamais cru voir venir le jour... Déjà que j'avais à peine récolté d'un petit « merci » soufflé entre des dents serrés quand j'étais venu la sauver sur mon plancher, mais là, elle n'avait même plus l'excuse d'être au bord de l'inconscience ! Maladroitement peut-être, je lui donnais un petit coup sur l'épaule. Un petit geste pour tout pardonner. Comme pour signifier que tout ça n'avait au fond pas d'importance. Elle ne m'avait jamais forcé à rien, je l'avais vu venir. Je regrettais juste de ne pas m'y être mieux préparé.

Ses excuses, évidemment, ne signifiaient pas rien. Bien au contraire. Déjà, cela voulait dire qu'elle savait dans quelle situation j'étais, et elle prenait des risques totalement inconsidérés pour venir me trouver. Ma paranoïa exigeait déjà que j'arrête de boire, ce que je fis en rangeant soigneusement la flasque dans la poche de mon sweat, et de rester aux aguets. Si elle avait pu me suivre sans que je ne le remarque, peut-être n'était-elle pas la seule. Et cette fois, si on nous trouvait, je n'aurais plus rien à perdre.


« T'inquiète Blake. Je m'arrangerais pour qu'on partage une cellule, dis-je d'un ton badin en relevant les yeux vers la voûte défoncée de l'église. »


Je la laissais formuler sa phrase suivante sans l'interrompre, comprenant peut-être dans mon inconscient qu'elle devait avoir du mal à parler dans ce genre de situation. Les militaires sont rarement compatissant les uns envers les autres, surtout lorsqu'ils en ont vécu plus que n'importe qui. J'écarquillais les yeux en me retournant vers elle, me retenant d'extrême justesse d'éclater de rire. Elle me demandait réellement si j'avais besoin de quelque chose ? Non pas que je n'aurais rien à lui demander, ses compétences et sa personne-même étaient des atouts très intéressant, mais... Elle m'offrait la possibilité de régler sa dette envers moi.

Sauf que je n'en avais aucune envie. Non seulement je ne prévoyais pas un coup d'état au Commissariat dans les prochains jours, mais surtout... Peut-être était-ce égoïste. Sûrement, d'ailleurs. Je chassais cette pensée avant qu'elle ne devienne parfaitement cohérente, préférant me concentrer sur la suite. Je pouvais deviner qu'elle devait être mal à l'aise, et je pouvais essayer de la comprendre. Ça n'était pas facile. Et je n'étais pas vraiment à plaindre, de son point de vue. Ça, je le comprenais tout à fait. En dépit de mes fautes professionnelles, je doutais qu'ils en viennent à m'envoyer en prison. Renvoyé, par contre, devenait presque certain si la bureaucratie faisait trop bien son boulot. Et même s'ils ne trouvaient finalement pas assez d'éléments concluants, je serais probablement réintégré. Sûrement pas comme leader du SWAT, peut-être dans l'équipe avec énormément de chance, ou bien dans une nouvelle unité. Ils ne me colleraient tout de même pas dans l'administration. Et s'ils le faisaient, ma démission n'était pas loin.

De toute façon, avais-je vraiment envie d'y retourner ? Certes, cela me donnait une position de choix pour aider les mutants, non seulement en les laissant partir, mais aussi pour rendre leurs arrestations moins brutales, et j'avais accès aux informations... Mais peut-être était-il temps que je prenne du recul. Ma carrière avait toujours guidé mes choix, mais peut-être y avait-il une autre voie désormais ? Ça pouvait paraître totalement cliché, mais j'étais plus ou moins... Libre ? Je n'étais pas fondamentalement obligé de retourner au Central. Je pouvais peut-être faire ce dont je n'avais jamais eu le courage de faire auparavant, et de rejoindre les mouvements de résistance.


« C'était pas de ta faute, Blake. Je me suis grillé tout seul, comme un grand. J'aurais préféré que les choses se passent autrement, mais tu ne pouvais pas faire grand-chose de plus dans ta situation. J'ai fait ce qu'il fallait, et ça me convient. »


Je marquais une pause. Je réfléchissais à voix haute, à vrai dire, mais ça faisait du bien de tout mettre à plat. Je n'avais plus grand-chose à lui proposer de mon côté, et ça m'agaçait. J'aimais bien le rôle que je m'étais donné d'être celui qu'on appelle à la rescousse, et voilà que j'en étais privé. Mais ça ne signifiait pas pour autant que j'étais bon pour le rebut. Quel dommage que Jeffrey Gallagher soit mort, je n'avais jamais eu l'occasion de réclamer cette fameuse faveur qu'il me devait...


« J'ai pas l'intention de me laisser aller. Il faut qu'on trouve un moyen de mettre la pression sur la Neo et les PK. Autant profité du fait qu'ils m'ont écarté pour ne plus jamais y retourner. J'en ai même pas envie, d'ailleurs, mentis-je calmement. »


Il fallait qu'elle puisse continuer de penser que je pouvais lui être utile. Je ne voulais pas qu'elle se lève et s'en aille, et que ce soit tout. Elle était ma dernière option. Je pouvais encore lui être utile. Je continuais de me marteler ça dans le crâne.


« Merci d'être venue, Eryn. C'est... Enfin, j'apprécie, quoi. Je ne vais quand même pas tenter le diable en te demandant un baiser en dédommagement de t'avoir sauvé la peau... dis-je avec un grand sourire. Comment tu t'en sors, toi ? »



Get down ! Show me your hands ! Police !

Through Unity, Peace, Honor, Valor, Allegiance. Today
Tomorrow, Forever, Together
We Rise. Together We Prevail.
Forward Unto Dawn
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Mutation Sensor

Féminin

MESSAGES : 1838
HUMEUR : Égarée.
FEAT : Jaimie Alexander

Points : 2897

Voir le profil de l'utilisateur http://moodypoison.blogspot.fr/

Want More ?


Eryn Blake
Mutation Sensor
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] | Mar 31 Mai - 19:31

La même cellule.
Elle savait que ce n’était qu’une boutade, et pourtant, cela rappelait à Eryn combien ils étaient dans une situation similaire. Et à la fois totalement différente. Bien sûr que non, ils n’auraient pas le loisir de papoter à travers les barreaux de leurs cellules respectives. Elle ne serait jamais incarcérée de la sorte. Même Gallagher décédé, la Neo Corp. désirait probablement toujours lui mettre la main dessus à cause de ses dons. Peut-être même que Gallagher avait une belle pile de dossiers la concernant, emplis de notes et de suppositions, décrivant très précisément tout ce qu’il avait prévu de lui faire subir.
On n’avait pas fini d’entendre parler du fameux Jeffrey Gallagher.

En y repensant, il espérait que Dawn s’en tirerait mieux que cela. Qu’Alcatraz n’était pas pour lui. Qu’entre les quatre murs de la pièce étriquée qui lui servirait de prison, il jouirait d’une sécurité bien méritée. Parce quelque part, s’il ne partageait pas ce sort avec Eryn Blake, peut-être que ce serait plutôt avec sa sœur. Aria avait elle aussi des principes et, hélas, elle ne serait pas capable de faire taire la voix dissidente qui gronderait en elle.
Or, la sécurité d’Aria était tout ce qui importait.

Eryn soupira.
Le sentiment d’abandon et de désespoir qu’elle ressentait plus tôt se dissipa quelque peu pour laisser place à cette combativité résolue qui la caractérisait. La simple pensée de sa sœur dans une cage lui suffisait à retrouver sa motivation. Elle avait une raison de se battre.
Était-ce le cas de Dawn ? Leur monde était sens dessus dessous. Il prétendait aller bien, avoir été pleinement conscient de ce qu’il faisait, mais cela n’en faisait pas nécessairement la vérité – simplement des paroles qui se voulaient rassurantes. Parfois, on se sentait tellement impuissant.

« Si tu le dis, » répondit-elle au Peacekeeper alors qu’il tenait de la convaincre que ce n’était pas de sa faute.

Elle ne partageait pas tout à fait son avis sur la question ; le sentiment de culpabilité était bien là, tenace, et Eryn ne s’embarrassait de sentiments inutiles. S’il avait décidé de rester là, c’est qu’il y avait bien une raison. Mais laquelle ?

Arrachée à ses pensées par le Peacekeeper qui reprenait la parole, elle lui donna son tour une bourrade dans l’épaule tout en levant les yeux au ciel. Bien entendu, elle ne le prenait pas au sérieux pour ces histoires de baisers en guise de récompense ! C’était le genre de provocations auxquelles on n’échappait pas lorsqu’on se trouvait au sein d’une unité des forces spéciales. Sauf qu’Anderson, lui, se donnait la peine d’être poli. Elle aurait mal pris une blague à l’humour trop gras de sa part. Elle y aurait même répondu plutôt violemment. Enfin, de façon prévisible, somme toute.

Son regard se perdit momentanément dans le vide, à mesure que son esprit rejouait une scène de son passé. Le souvenir, si net dans sa mémoire, lui coupa le souffle par son authenticité. Tout y était intact, de l’odeur de la salle d’entraînement au point du jour jusqu’aux sons de ses camarades…
Elle s’ébroua doucement.

« Et tu comptes t’y prendre comment, au juste ? »

Mettre la pression à Neo Corp. et aux Peacekeepers. En voilà un bien joli projet… Mais de l’extérieur ? Comment, en apprenant deux trois combines aux étudiants révolutionnaires ? En allant démarcher des mutants pour leur expliquer que tous les individus sains ne voulaient pas leur perte. Le scepticisme d’Eryn avait percé dans sa voix un peu malgré elle. Loin d’elle l’envie de démotiver le chef du SWAT. Hélas, pour avoir retourné le problème dans tous les sens, elle ne comprenait pas du tout ce qu’il pouvait bien envisager. Si c’était en plus pour lui annoncer qu’il possédait l’idée du siècle, que tout ce temps la solution était juste sous le bout de son nez… Ouais, non, elle ne s’en remettrait probablement pas. La révélation lui ferait un tel choc, elle se maudirait tellement d’être passé à côté… On parlait d’Eryn Blake après tout. La même Eryn Blake qui avait espéré faire traverser la baie de San Francisco gelée à sa sœur. (Bon, une certaine blessure par balle avait quelque peu entravé ses plans cette fois-là.) La même Eryn Blake qui s’était associée avec la Détenue 47 pour partir à l’assaut de la Neo Corp. et qui avait chanté la nouvelle présidente de la compagnie. Côté plan irréalisables, elle avait déjà bien entamé la liste des possibilités rationnelles.

Bien sûr qu’elle ne croyait pas un instant qu’il ne voulait pas y retourner. C’était comme si elle déclarait tout de go qu’elle ne voulait plus jamais retourner au sein de son unité. Comme si Aaron et Olivia n’avaient pas la moindre importance pour elle. Comme si elle ne vouait plus la moindre once de loyauté à Drake Carter. C’étaient des mensonges que l’on proférait pour se rassurer soi-même, des artifices sans contenance ; ils se dissolvaient aux premiers songes une fois la nuit tombée et ces rêves, intenses et suffocants, rappelaient toujours les soldats à leurs maîtres.

L’aînée des sœurs Blake fit belle et bien un cadeau en guise de remerciement à celui qui était probablement son seul ami désormais. Elle lui fit grâce de ce mensonge, conserva les lèvres closes.


Dread the Truth
Take the pictures off the wall, Erase the thoughts, forget them all. The choice is yours  to save yourself, Or in the hands of someone else ? » Skumfuck – Sum41 .unbreakable
Revenir en haut Aller en bas
avatar

First in Deed

Masculin

MESSAGES : 627
HUMEUR : Vigilante
FEAT : Jeremy Renner

Points : 1625

Voir le profil de l'utilisateur

Want More ?


Anderson Dawn
First in Deed
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] | Dim 5 Juin - 12:34

Bluffer Eryn Blake était un challenge que je n'étais pas sûr d'être capable de relever. Et évidemment, il semblait qu'elle avait de nouveau vu juste : je n'avais pas la moindre idée de comment mettre la pression à la Neo Corps dans les faits. Et elle venait de me demander de dévoiler mes cartes, sûrement pour que je me rende compte de moi-même de l'impossibilité de la chose. C'était vrai. J'avais lancé l'idée plus pour changer de sujet, faire comme si j'allais bien, que j'étais d'attaque. Que j'étais prêt à passer à autre chose. Mais dans tous les plans que j'imaginais en cet instant, tous nécessitaient l'appui de mon équipe. Je pouvais être presque sûr qu'Eryn était passée par la même phase... Être dépendant d'une équipe changeait toutes les perspectives qu'on pouvait porter sur le monde.

Pourtant, je ne me laissais pas abattre pour autant. Je ne voulais pas dire à Eryn que je n'en avais aucune idée, mais je ne voulais pas non plus lui soumettre une idée stupide. Alors je me creusais les méninges. J'avais reçu un entraînement du SWAT et de l'armée, quand même ! Mettre la pression sur des gouvernements, si je ne l'avais pas pratiqué moi-même, on m'avait formé à reconnaître les actions des groupes terroristes ou anarchiques. On m'avait formé à essayer de déjouer ces plans, mais pour cela, il fallait les connaître. L'avantage était qu'ici, nous n'avions pas affaire à un gouvernement uni. Il y avait la Neo Corps et les Peacekeepers. S'ils affichaient un visage d'unité, je connaissais bien les dissenssions qu'on pouvait trouver.

C'était un peu comme en Afghanistan, où les talibans appuyaient sur certains secteurs pour précipiter le départ de certains pays, afin de compliquer la tâche aux autres. Sauf qu'évidemment, je me voyais mal abattre des flics en pleine rue. Non, il fallait quelque chose de mieux. Prendre des otages était évidemment aussi hors de question, je ne pouvais pas impliquer d'innocents dans une quête personnelle. Dans tous les cas, il fallait gagner le soutien de la population. Dès lors qu'elle serait remontée contre la Neo, ou les Peacekeepers, ou les deux même, alors ce serait gagné. Ce serait certes une période chaotique, sans règle, sans loi...

Mon estomac se noua à cette pensée. Non, c'était trop radical. Sans ordre, tout tournerait au chaos, et le chaos n'amenait que des mauvaises choses. Peut-être, à terme, pouvait-il amener quelque chose de meilleur, mais c'était un gros pari. Que je n'étais pas sûr de vouloir relever. Je voyais pourtant très bien ce qui pourrait amener à une telle situation, il suffirait de quelques débordements des forces de l'ordre envers les personnes saines, la mise en place d'une situation d'urgence, la terreur tous les jours... Il ne resterait plus que la formation d'un grand mouvement et d'une étincelle.

Evidemment, c'était bien facile de dire ça comme ça, mais je savais qu'avec Eryn et quelques mutants, nos compétences mutelles s'additionnant, on arriverait à un résultat plus que convenable. On pouvait arriver à constituer une équipe. Non. Pas une équipe. Je savais que je ne pourrais faire confiance au-delà du raisonnable qu'à une seule personne. Une personne qui avait non seulement de l'expérience, mais également en qui j'avais confiance. Au-delà de ce qui était raisonnable.

Sauf que même si elle acceptait ce partenariat, ce qui n'était clairement pas gagné d'avance, restait encore à déterminer la cible. Qui s'imposa bientôt d'elle-même. Dans un éclair de génie, qu'une partie de moi n'hésita pas à considérer comme de la folie pure, je vis clairement ce que je devais faire. Le moyen de tout récupérer. Le moyen de tout arranger. Le moyen de mettre la pression à la Neo Corporation. C'était si évident que je mis un instant à me rendre compte du pourquoi je ne l'avais pas considéré immédiatement. Le danger, assurément. Un quitte ou double, dans lequel je ne pouvais demander à Eryn de me suivre. Je m'affaissais un peu dans mon siège, considérant toutes les possibilités. Il n'y avait pas vraiment de « au mieux. » Par contre, il y avait tout un tas d'issues négatives.


« Alcatraz, lâchais-je en un souffle. »


M'infiltrer dans la prison. Exposer ce qu'on y faisait. Un plan audacieux, mais suicidaire. Je devais être devenu complètement fou pour ne serait-ce qu'y penser. Mais je voyais bien comment le rendre possible. Aller sur l'île poserait énormément de difficultés, bien sûr, mais ça ne serait pas la partie vraiment compliquée. L'infiltrer représenterait un défi, surtout si j'y allais seul. Une bonne dose de préparation préalable et de chance sur le terrain pourraient me faire arriver à mes fins. En revanche, sortir... Sortir serait bien plus compliqué. Non seulement les destroyers de la Navy bloquaient la baie, mais en plus, il y avait fort à parier que j'aurais un sacré comité d'accueil de retour en ville.

Mais c'était aussi un plan que je voulais faire. Depuis les premiers jours, je voulais savoir ce qu'il s'y tramait. Je voulais savoir ce qu'on faisait des mutants qu'on y enfermait. Et j'allais le découvrir, par la manière forte. Brutalement, cela m'apparut comme une alternative à mon boulot. Comme un nouvel objectif, en quelque sorte. Un objectif vers lequel je ne pouvais plus m'empêcher de penser, un objectif que je voulais voir réussir. Dans le pire des cas... Je mourrais en sachant que j'essayais d'être utile. De libérer des mutants et d'exposer la Neo, ce qui pourrait aisément provoquer un schisme entre eux et les Peacekeepers. De là, la révolte ne serait pas loin, mais bien canalisée, on pourrait arriver à quelque chose de mieux.

Je reportais mon attention sur Eryn, avalant difficilement ma salive.


« Je ne te demande pas de m'accompagner. Mais je vais essayer de m'infiltrer là-bas. Et je vais tout arranger. »

HJ : Désolé pour le retard, Blindspot m'a capturé !


Get down ! Show me your hands ! Police !

Through Unity, Peace, Honor, Valor, Allegiance. Today
Tomorrow, Forever, Together
We Rise. Together We Prevail.
Forward Unto Dawn
Revenir en haut Aller en bas





Want More ?


Contenu sponsorisé
Message Sujet: Re: Aftermath [Erynette!] |

Revenir en haut Aller en bas

Aftermath [Erynette!]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shut Down RPG :: Seamy Area :: Deserted Districts :: Church-
TopBottom
Ouvrir la Popote