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~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~

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Cold-Blooded Hunter

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Shura Kiryll
Cold-Blooded Hunter
Message Sujet: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Sam 18 Avr - 11:26


~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~

Les temps changeaient ostensiblement. Une personne extérieure ou qui se fichait éperdument de ce que devenait les Mutants ne pouvait guère le voir ; c'était si subtil que je me demandais quelques fois si ce n'était pas une sorte de fantasme de la part de mes confrères Chasseurs qui déteignait peu à peu sur moi. Mais, plus les jours passaient, plus les indices devenaient à mes yeux flagrants, signe irrémédiable que la situation dans laquelle nous étions depuis ce jour fatidique allait muter - et ce, sans mauvais jeu de mots. C'était assez étrange d'avoir une telle impression, celle de ne plus pouvoir contrôler ce qui allait se passer tout en étant mortellement conscient que ça arrivait de plus en plus vite.

Je ne pouvais pas dire que j'abhorrais les sentiments ; en plus d'être une antithèse, je n'avais pas en moi la haine nécessaire à haïr quoi que ce soit. J'annihilais toute forte de sensations, d'émotions ou de sensibilité vis-à-vis des autres qui pourraient potentiellement troubler ma logique et mon rationnel. J'avais une méthode infaillible qui avait fait ses preuves jusqu'à aujourd'hui : un conditionnement bannissant tout état-d'âme avant même la moindre interférence avec mes actions. Jusqu'ici, ce conditionnement était parfait et ne montrait aucun signe de faiblesse. J'avais beau faire toutes les vérifications requises, rien ne témoignait d'une simple fissure. Techniquement, j'étais aussi froide et impersonnelle qu'un robot.

Ce qui n'expliquait pas cette impression déconcertante qui me collait à la peau depuis des jours entiers.

J'avais besoin de comprendre ce qui se passait. Avoir toutes les cartes en main était un atout que personne ne pouvait se permettre de négliger, avec notamment les récents - plus si récents que ça d'ailleurs - événements qui avaient changé la vie d'énormément de monde - si ce n'est le cas de tout le monde, en un sens. Connaître les raisons qui me poussaient à bafouer mes principes était primordial si je ne voulais pas partir les pieds devant. Ainsi, je devais coûte que coûte faire mes propres recherches de mon côté, sans alarmer mes supérieurs, tout en restant aussi discrète et étrangère que possible face aux humains lambda. Tout ce qui avait de plus simple et de plus suicidaire.

Je profitais ainsi donc de mon temps libre qui était fort fort restreint - et non lointain - pour résoudre cette énigme. Je ne pouvais pas en discuter avec les autres Chasseurs ; je ne faisais pas partie de l'élite, mon rang était bien inférieur et j'avais remarqué que ma présence n'était pas très bien perçue parmi mes collègues, qui se faisaient un plaisir de dénigrer et mes tenues et mon apparence. Leur faire part de mon impression reviendrait à signer ce qui se rapproche le plus d'un arrêt de mort psychologique : non seulement ils me prendraient de haut sans prendre en compte le moindre mot qui sortirait de ma bouche, mais je serais en plus considérée comme novice et redeviendrais une moins-que-rien. Ce n'étaient que des solutions inenvisageables, mon but n'était en aucun cas de devenir une sans-abri. Même avec tout ce que j'avais appris en matière de combat, une femme seule dans les rues n'avait aucune chance de survie.

Voilà comment je me suis retrouvée dans la bibliothèque, choisissant avec soin chacun des livres que je comptais lire sur place. Je ne pouvais pas me permettre de prendre un livre trop éloquent, et je n'avais guère le temps de me creuser les méninges pour un livre trop implicite. Après quelques allers-retours dans les allées pratiquement vides d'êtres humains, les bras remplis de mes recherches, je lançai un regard scrutateur aux tables vides elles-aussi. Je n'avais que trop le choix, mais celui-ci devait être logique : ne pas tourner le dos aux portes ni aux fenêtres, ne pas s'éloigner des sorties possibles et ne pas sembler trop méfiante ni trop parano - sur ce dernier point, je n'avais pas trop à m'en faire, vu le nombre de personnes qui emplissait la bibliothèque.

En un sens, je devais m'avouer déçue. Les livres ne pouvaient m'apporter que des réponses théoriques et je m'attendais à ce qu'il y ait plus de monde à cet endroit. Certes, les romans intéressaient de moins en moins, mais avec le blocus dont la ville était victime, il fallait bien s'occuper, et je ne pensais pas que les habitants en oublieraient cette partie de la cité. J'en aurais profité pour interroger implicitement quelques têtes innocentes. Face à ce trou, je n'avais plus le choix : je me plongeai dans mes livres en essayant de trouver quelques réponses rapidement avant de retourner au travail.

Après tout, la lecture n'était pas une perte de temps.




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Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Sam 18 Avr - 17:25

Shura ζ Skylar

« Rather be crazy than normal people in hell ! » Mika
Les livres. Les seuls véritables amis que Skylar ait jamais eut ; les seuls qui ne l'avaient jamais laissé tomber pour quelque prétexte que ce soit. Eux, ainsi que les animaux, les arbres et les étoiles. Le petit brun n'en n'avait qu'à moitié conscience, puisque son optimisme à toute épreuve et son éternelle gentillesse faisaient de lui quelqu'un qui croyait, au plus profond de son coeur, que l'homme est quelqu'un de foncièrement bon, et qu'il n'agit mal que parce qu'il ne va pas bien.
Depuis qu'il était petit, Skylar avait été entouré de livres. Son père avait toujours voulu qu'il apprenne des choses, trop de choses, et bien que sa pathologie l'empêche d'oublier quoi que ce soit, cela n'avait jamais empêché son géniteur de trouver une « bonne excuse » pour le frapper. Le petit brun aimait les livres et leur odeur. Parfois, il lui arrivait même de s'endormir entouré d'une pile de livres, afin de se rassurer. Qu'ils racontent une histoire imaginaire, un fait réel ou qu'ils expliquent un théorème de mathématique, chacun d'eux l'emportait dans un monde où, qu'importe les difficultés, tout se finissait bien. C'était ce qui lui permettait de croire qu'il en allait de même dans la vie : qu'importe le nombre, parfois incalculable, d'épreuves que l'on peut subir, à la fin du tunnel se trouve une fin heureuse. Si si, je vous assure, il voyait ce happy ending même dans un livre de math ! Car au final, une fois le livre achevé, chaque problème a trouvé sa solution, que ce soit grâce à l'esprit du lecteur ou grâce aux corrigés fournit à la fin du manuel ! Cela peut vous paraître simpliste, voire totalement ridicule, mais dans l'esprit de Skylar, c'était quelque chose de merveilleux. Un monde différent, mais une histoire qui se terminait bien malgré tout.
C'est ainsi que le petit brun se retrouva dans la bibliothèque, le seul endroit où personne encore n'était venu lui faire de mal, physiquement parlant. Il était assit par terre au fond d'un rayonnage afin de ne pas occuper la place de potentiels lecteurs, quelques livres autour de lui. Il aimait cet endroit où étaient regroupés des centaines d'ouvrages plus passionnant les uns que les autres, comme une source inépuisable de savoir et d'aventures merveilleuses. De toute la bibliothèque, il n'y avait qu'un rayonnage qu'il fuyait : celui concernant la guerre. Cette partie du bâtiment lui faisait peur. Le livre qu'il avait lu un jour, gravé à tout jamais dans sa mémoire, le répulsait et lui donnait la nausée. Pour la première fois de sa vie, il ne trouvait pas d'excuse au genre humain pour expliquer le fait qu'un homme puisse faire autant de mal à des personnes innocentes. Il savait en revanche qu'il ne voulait pas en lire davantage, ayant trop peur de ce qu'il pourrait encore y découvrir.
Dans le silence ambiant, le simple frottement des vêtements de quelqu'un qui se déplace faisait presque autant de bruit que les voitures dans la rue. C'est ainsi que le petit brun remarqua une jeune femme qui passa deux à trois fois devant son rayonnage, des livres à la main. Elle aimait lire ! Skylar étant quelqu'un qui s'intéressait absolument à tout, il ne pouvait s'empêcher d'être curieux sur le sujet des livres qu'avait emporté la jeune demoiselle. Alors au bout de quelques minutes, ne la voyant pas repasser, il rampa jusqu'au bout du rayonnage pour voir si elle était encore là. Il ne tarda pas à la repérer, dos à lui. Vérifiant que personne ne pourrait le surprendre - ce qui aurait été compliqué dans la mesure où la bibliothèque était pratiquement vide -, il continua de ramper jusqu'à la demoiselle, et s'allongea sur le dos une fois près d'elle. Il voulait voir les titres !
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Cold-Blooded Hunter

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Shura Kiryll
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Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Sam 18 Avr - 19:49

« La manipulation commence quand la clarté n'est plus un simple accompagnement de l'argumentation, mais qu'elle s'y substitue... »

Ce genre de remarque ne m'aidait pas vraiment. J'avais abandonné l'idée de trouver une explication rationnelle à l'impression dérangeante qui m'avait prise en grippe depuis plusieurs jours, et j'avais donc décidé de façonner et enrichir mes connaissances sur la psychologie et toutes ses formes. Ainsi, les livres sur la manipulation et toutes sortes d'influences dont étaient victimes les humains lambda avaient grandement attiré mon attention. Si une personne normale venait à découvrir ce que je faisais de ces informations, elle aurait sûrement appelé un hôpital psychiatrique ou même la police, s'inquiétant de mon état mental. Malheureusement, j'allais parfaitement bien - mieux, en tout cas. Découvrir de nouvelles techniques de domination mentale était apaisant.

« La séduction perverse se fait en utilisant les instincts protecteurs de l'autre. Cette séduction est narcissique : il s'agit de cherche dans l'autre l'unique objet de sa fascination, à savoir l'image aimable de soi. Par une séduction à sens unique, le pervers narcissique cherche à fasciner sans se laisser prendre... »

Ça, c'était déjà bien plus intéressant, et qui pouvait me servir si je venais un jour à faire face à un "pervers narcissique" - notez bien l'ironie de cette phrase. En plus d'être inutile, ces livres ne démontraient pas correctement le point de vue de leurs auteurs, ce qui annulait la soi-disant vérité annoncée. Avec un soupir incontrôlé, j'allais refermer le livre lorsqu'une phrase attira mon regard, écrite à la main dans la minuscule marge. Plissant les yeux en approchant mon regard, j'eus du mal à déchiffrer les pattes de mouches qui faisaient office d'écriture. J'attrapai un bout de papier  sans même y jeter un coup d'œil et un crayon, essayant difficilement de réécrire les lettres une par une, afin de tout remettre en forme. Une fois cela fait, je relevai la tête et fixai ce que je venais d'inscrire sur ce qui m'avait servi de support - un post-it vert fluo qui avait sûrement dû servir comme marque-page à un précédent lecteur.

« La manipulation psychologique est une arme comme une autre, ni plus ni moins faillible, la seule en tout cas qui permette le crime parfait. »

Je ne pouvais qu'être d'accord. Après tout, c'était une des techniques que je privilégiais, lors du peu d'interrogatoires dont je m'occupais dans le cadre de mes fonctions de Chasseur. Néanmoins, ce qui était le plus intriguant dans cette histoire, c'était le fait que cette citation de Hélène Grémillon avait été écrite à la main, comme si une personne n'avait pu supporter les âneries débitées par le livre. Cela aussi, c'était compréhensible. Mais je n'avais pas encore un niveau assez élevé pour me mettre dans la tête de quelqu'un dont je ne connaissais que l'écriture, et...

Seule ma formation de Chasseur m'empêcha de réagir comme la norme le voulait en me retournant au bruit de rampement - oui, ce mot existe, j'en suis la première surprise - dans mon dos. Je m'obligeai à faire comme si de rien n'était alors que le bruit, très léger et très discret, s'approchait de plus en plus. Si le sol avait été en macadam, peut-être ce frottement aurait-il été si subtil que je ne l'aurais guère entendu ; néanmoins, je ne sentais aucune tension dans mon corps et mon instinct ne m'alertait d'aucun danger. C'était à ne plus rien y comprendre.

Brusquement, il n'y eut plus aucun bruit. Plusieurs minutes s'écoulèrent en silence, tandis que je plaçais un deuxième ouvrage devant moi, l'ouvrant à la première page tout en lançant un regard à la ronde. Rien. Personne. J'étais seule, mais je ne pouvais pas me retourner pour vérifier dans mon dos sans alerter l'intrus. Si j'avais eu le moindre sentiment, j'aurais grincé d'agacement, mais comme ce n'était pas le cas, je me contentai de trouver un moyen de faire mes vérifications. Rejetant mes cheveux en arrière de la main qui tenait le stylo, je fis en sorte de le faire tomber à quelques pas derrière moi. Sursautant et soupirant comme une personne normale l'aurait fait, je fis pour me relever quand je remarquai enfin la personne coupable du bruit de rampement.

Un homme d'une vingtaine d'années était allongé sur le dos, le visage tourné vers ma table, très - trop - proche de moi à mon goût. Cheveux bruns frisés, il avait de grands yeux marrons sur un visage à l'air enfantin, rien de bien choquant là-dedans. Mais ce qui retint le plus mon attention fut son apparence vestimentaire. Habillé dans les couleurs fluorescentes, j'avais l'impression de faire face à un arc-en-ciel perdu au milieu de l'Enfer et la fadeur morne de la bibliothèque. Pour un peu, mes yeux m'en auraient piqué. Me tournant totalement vers lui sans pour autant lever mes fesses de la chaise, après l'avoir scruté à la recherche d'une quelconque arme, je décidai qu'il ne représentait aucune menace immédiate - sauf s'il cachait une bombe en dessous de ses vêtements visibles à trois kilomètres à la ronde.

Cette fois-ci, je décidai d'abandonner l'idée de paraître normale et recouvrai mon visage froid et impassible. D'une voix tout aussi glaciale, je lui fis remarquer :

- Tu veux un coup de main, Bouclettes ?

Toute personne normalement constituée aurait très bien compris la menace sous-jacente, mais il me semblait important d'insister. Non pas qu'il me semblait idiot, mais j'avais l'impression d'être face à un enfant, avec qui il fallait absolument répéter plusieurs fois les choses pour bien se faire comprendre, malgré son physique d'adulte.

- Il ne me semble pas très poli de surveiller les autres aussi impunément, et cela ne me semble pas très hygiénique de s'allonger sur un sol qui n'a pas l'air d'être lavé très souvent.


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Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Sam 18 Avr - 20:40

Shura ζ Skylar

« Rather be crazy than normal people in hell ! » Mika
A vrai dire, Skylar n'était pas si mal, allongé ici. Le sol n'était pas froid, et même plutôt confortable... un bon endroit où dormir si on lui en avait laissé l'occasion ! Et oui, Skylar était habitué à dormir dehors, par terre, dans le froid. Depuis qu'il était tout petit ou presque, la terre, l'herbe, le macadam, n'importe quel sol en fait lui avait fait office de lit. Une fois, il avait même dormit dans la niche d'un toutou ! Evidemment, les choses étaient relativement différentes à présent. Depuis la mort de feu son bienfaiteur et grand-père de substitution, il avait hérité de la maison, au grand dam de la famille du défunt qui pensait tout avoir à sa mort. Dernière preuve d'amour du vieil homme envers le jeune italien : il lui avait tout légué. Décision que ses enfants avaient tenté tant bien que mal de contester, mais le vieil homme avait tout fait dans les règles. Mais il arrivait encore quelques bévues, telles que la porte qui se coince, les clefs oubliées au bureau, ou l'armoire à glace de fils qui, ayant un peu trop bu, vient lui interdire de rentrer et saccage sa maison. Que voulez vous... Il semblerait que tôt ou tard, la vie vous rattrape...
- Tu veux un coup de main, Bouclettes ?
Bouclettes ! C'était lui ! Il avait des boucles ! Des jolies boucles indomptables qui partaient dans tous les sens, et qui lui prenaient des heures et énormément de gel pour les coiffer, raison pour laquelle il ne le faisait que pour de grandes occasions... même si, dans son cas, il n'avait pas réellement de « grandes occasions » à célébrer. En tout cas, il aimait bien ce surnom ! Bouclettes ! C'était joli ! Cette jeune femme l'aimait bien !! En revanche, elle ne lui laissa pas le temps de répondre...
- Il ne me semble pas très poli de surveiller les autres aussi impunément, et cela ne me semble pas très hygiénique de s'allonger sur un sol qui n'a pas l'air d'être lavé très souvent.
Si Skylar avait retenu l'entièreté de la phrase de la demoiselle, c'est pourtant sur la dernière partie qu'il décida de se focaliser. Et c'est d'une voix triste, en détournant le regard pour qu'elle ne voit pas que, sans le vouloir, elle lui avait fait du mal, qu'il répondit.
-Je suis habitué...
Il n'en dirait pas plus, sauf si elle l'interrogeait. Skylar était peut-être en grande partie un enfant dans sa tête, il n'en restait pas moins qu'il ne déballait pas de lui même sa vie aux gens. Il donnait toujours les informations au compte-goutte, car il ne voulait pas être prit en pitié. Malgré tout ce qu'il avait subit, il ne se considérait pas comme quelqu'un de malheureux. Il y avait tellement de belles choses dans la vie ! La lumière du soleil par exemple ! Le chant des oiseaux ! La musique ! La lune ! Les astres ! L'électricité ! Sauf quand on s'électrocute. Là, ça fait très beaucoup bobo !
Les livres. Il était entouré de livres, et la madame lisait des livres ! Ca aussi, c'était une chose positive ! Les livres ! Il voulait savoir de quoi ils parlaient ! Il voulait en apprendre plus ! C'est cool d'apprendre ! Alors subitement, il se redressa et s'assit en tailleur, et regarda l'inconnue avec l'innocence des enfants. Rien ne l'avait encore réellement alerté, pas même sa voix glaciale. Tout le monde a une voix ! Peut-être était-ce sa voix habituelle ! C'était dommage, elle était tout de même plus jolie que sa voix !
-Tu lis quoi ? Tu aimes lire ? Moi, j'aime beaucoup ! Je lis toujours. C'est beau un livre ! Il raconte quoi le tien ?
Réellement intéressé et se posant réellement la question, Skylar pencha doucement sa tête sur le côté, essayant de trouver par lui même. Mais beaucoup trop de possibilités se bousculaient dans sa tête !
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Cold-Blooded Hunter

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Shura Kiryll
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Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Sam 18 Avr - 21:31

Je remarquai immédiatement que la seconde partie de mon second reproche l'avait atteint, mais je ne pus définir en quoi exactement. Était-ce un propos précis, ou l'idée en général ? Sa réponse m'informa de son état d'esprit, mais je jugeai plus judicieux de laisser ce sujet en suspens. Tout d'abord, parce que je ne voyais aucun intérêt à l'interroger sur un sujet apparemment sensible qui n'avait aucune valeur à mes yeux. Ensuite, une grosse majorité des gens aurait déballé leur vie sans même se faire prier ; à nouveau, je ne voyais pas l'intérêt de le pousser dans ses retranchements, surtout que je ne le connaissais pas et que je ne savais pas comment il réagirait. Enfin, je n'avais ni le temps ni l'envie de connaître toute l'histoire, et vu la rapidité avec laquelle il débita ses questions suivantes, il était clair que je n'aurais pas le temps de souffler.

Face à cet interrogatoire improvisé, je ne fis que le fixer du regard. Comment répondre à ça ? "Ce sont des livres de psychologie, je veux tout connaître du cerveau afin de pouvoir contrôler tout le monde tout le temps et ne plus être faible, ça raconte comment t'obliger à faire des choses que tu n'aimerais pas faire tout en aimant ça." Hm. Un Chasseur n'aurait certainement pas cillé face à une telle honnêteté, mais un humain lambda, surtout cet humain, n'aurait sûrement pas ce genre de réaction. Et puis, pourquoi devrais-je répondre ? Je ne lui devais rien. Ce n'était qu'un enfant dans un corps d'adulte, et ça se voyait au premier coup d'œil et à la première phrase prononcée par lui-même. Quel adulte se respectant un tant soit peu s'allongerait à même le sol avant de discuter avec la personne surveillée comme si de rien n'était ? Il devait soit être déluré, auquel cas je me devais d'appeler un spécialiste en la matière capable de le prendre en charge - dans une circonstance où je me sentais responsable de lui, ce qui n'était guère le cas -, soit c'était encore un enfant. Pour le moment, je penchais pour la deuxième hypothèse ; il n'avait pas encore été violent, ce qui était fortement probable pour un fou.

Je le fixai pendant encore quelques secondes supplémentaires. Je savais comment réagir face à des adultes : ceux-ci avaient des réactions assez prévisibles. Mais face à cet homme-enfant, j'hésitais grandement. Mais je ne montrais rien. Jamais.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Quel est le but de tes questions ? Y a-t-il une logique ? Ou est-ce juste pour te rendre intéressant, comme la plupart des habitants de cette ville ?

S'il répondit, je ne l'écoutai pas. L'ignorant assez facilement, je n'avais que faire de lui. Que me voulait-il ? Non pas que je fusse une personne très accueillante ; bien au contraire, je faisais tout pour le repousser, afin qu'il me laisse tranquille. Cet homme-enfant n'était pas le genre de personne que je pouvais interroger sur les récents événements sans éveiller de soupçons. J'avais bien le sentiment -malheureusement - qu'il ne me serait inutile de lui poser des questions, lui qui répondrait avec l'honnêteté flagrante d'un enf...

Mais c'était justement ce qui me fallait, bien au contraire. Les adultes avaient l'habitude de mentir, même par omission, pour protéger quelque chose, une idée, une valeur, voire quelqu'un, la famille ou soi-même. Un enfant, naïf et innocent, ne comprenait pas les subtilités de la vie et parlait comme son cœur lui disait de le faire. Je ne connaissais pas l'homme qui me faisait face - ou qui m'avait fait face, je l'ignorais encore pour le moment, même si j'avais un très léger sursaut lors de cette mini-révélation -, mais j'espérais qu'il répondrait tel un enfant, et que je ne m'étais pas trompée. Jusqu'ici, tous les indices étaient pour moi, et non contre : j'avais une chance sur deux de me tromper.

- Assieds-toi à côté de moi, sur une chaise, Bouclettes, lui intimai-je sans changer de ton. J'ai des questions à te poser.

D'un geste ample mais précis, je décalai mes livres afin de lui faire de la place, même si je me doutais fortement que ce ne serait pas quelques centimètres qui l'empêcheraient d'épier mes ouvrages à la recherche de ce qu'il voulait découvrir. Habilement, je retournai les livres afin qu'il ne puisse voir ni les couvertures, ni les tranches. Ainsi, mon secret était encore complet - pour le moment, du moins. Je savais également qu'il avait plusieurs raisons de refuser de me répondre, et plusieurs moyens de me faire chanter. Heureusement, j'avais plusieurs cordes à mon arc, et si jamais cet homme-enfant était plus vicieux que prévu, je pouvais facilement faire face.


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Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Dim 19 Avr - 11:54

Shura ζ Skylar

« Rather be crazy than normal people in hell ! » Mika
Ma la jeune femme ne l'interrogea pas davantage sur ce qu'il entendait par « Je suis habitué ». Peut-être n'en n'avait-elle rien à faire, peut-être ne voulait-elle pas être malpolie. Il n'en savait rien, et à vrai dire, il ne se posait même pas la question. Par contre, il était curieux de savoir ce qu'elle pouvait bien lire !
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Quel est le but de tes questions ? Y a-t-il une logique ? Ou est-ce juste pour te rendre intéressant, comme la plupart des habitants de cette ville ?
La tête penchée sur le côté, Sky ne comprenait pas pourquoi elle était tant sur ses gardes. Comment peut-on se rendre intéressant en demandant le thème d'un livre ? Et pourquoi voudrait-il se rendre intéressant, lui qui n'avait jamais réellement eut le droit de s'exprimer ? Il ne se souvenait que trop bien des coups de son père lorsqu'il étalait son savoir, pensant lui faire plaisir. Et aujourd'hui encore, certaines personnes n'appréciaient pas davantage... Judith par exemple... Et pourtant, il s'accrochait. Il voulait aider.
-C'est peut-être quelque chose que je connais ! Je peux peut-être t'aider ! Et puis, j'aime apprendre ! Peut-être que je ne connais pas le thème dont parlent ces livres ! J'aimerais bien en apprendre plus... Mon papa m'a toujours dit que c'était mal d'être ignorant.
Un frisson le parcouru à la mention de son père. Ce père qui avait réussit l'exploit insensé de se faire haïr de Skylar. Le seul être au monde que Skylar détestait, et détesterait à jamais. Venant de ce petit être au coeur pur, vous comprendrez aisément que Diego Micelli l'avait réellement poussé à bout, à un point tel que non seulement il ne parvenait plus à lui trouver d'excuse, mais qui plus est il ne pouvait plus supporter la simple idée de sa présence. Il était aujourd'hui encore son pire cauchemar, et bien des nuits il rêvait que son père venait à San Francisco et le forçait à revenir vivre avec lui. Aujourd'hui encore, il avait du pouvoir sur le petit italien.
- Assieds-toi à côté de moi, sur une chaise, Bouclettes. J'ai des questions à te poser.
Elle... elle l'invitait sur une chaise... à côté d'elle ? Alors c'est vrai, elle l'aimait bien ? Elle le considérait comme une personne ? Elle voulait lui parler ? Vrai de vrai ?
De grands yeux émus remplacèrent le regard triste qui s'était, pendant un instant, emparé de lui. Il s'exécuta, car on lui avait apprit de toute manière à ne jamais contredire un ordre, sous peine de très grosses représailles et prit place à côté d'elle. Il regarda avec déception les livres s'éloigner de lui, ordre à peine voilé qu'il n'avait aucunement intérêt de tenter d'y toucher. D'accord... Il n'y toucherait pas. Ce n'est pas beau d'être trop curieux de toute manière.
-Qu'est-ce que tu veux savoir ? Le russe ? Le piano ? La physique quantique ? Les constellations ? La page d'un livre ?
Soudain, tout se mélangeait dans la tête du brun. Il commençait à penser en finlandais, à visualiser les constellations du ciel et à entendre des accords de piano. Les prochaines paroles qu'il sortirait risquaient fort d'être dans une langue étrangère !
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Cold-Blooded Hunter

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Shura Kiryll
Cold-Blooded Hunter
Message Sujet: Re: ~ Si vous jugez le livre, le livre vous juge aussi ~ | Ven 1 Mai - 20:57

J'avais l'impression de rêver. Il n'y avait que dans mes rêves que je ressentais l'envie et le besoin viscéral de laisser libre cours à mes émotions. C'était comme une libération, le seul endroit, le seul moment pendant lequel je pouvais me laisser aller sans risquer de faire une erreur qui pouvait me coûter la vie. Ce n'était que dans mes rêves que je me rendais compte que les sentiments pouvaient apporter quelque chose qu'on n'avait que grâce aux autres personnes avec qui nous avions un lien. Ça me faisait me rendre compte que j'avais perdu une partie de moi-même en refusant toute émotion, si futile soit-elle. Voilà pourquoi je faisais tout pour ne plus rêver. Ce genre de chose ne pouvait être contrôlé grâce à des moyens naturels ; j'avais le plus souvent recours à des médicaments. Tout ça, pour ne pas faire face à la dure réalité. Je le refusais. Toujours.

Les sentiments étaient une faiblesse. Il n'y avait rien de bon à en tirer.

Être face à cet homme, à l'allure et aux réactions d'enfant, me faisait replonger dans mes rêves. C'était un endroit dangereux que je ne voulais plus revoir ; j'étais trop brisée, trop perdue. Je n'avais pas la force de me battre, ni contre mes cauchemars, ni contre les Mutants. Peut-être avais-je fait une erreur en m'engageant ? L'ennui des jours banals, se succédant encore et encore, m'avait embrumé le cerveau, au point que je n'avais plus les idées assez claires pour prendre de bonnes décisions. Ou alors, j'étais en ce moment même en train de divaguer. Oui, c'était ça. Ce gosse me faisait devenir folle.

Néanmoins, je ne montrai rien, et gardai le visage impassible tandis qu'il s'asseyait à mon côté. L'homme-enfant me largua une phrase à laquelle je ne compris presque rien - le russe quantique ? - avant de se plonger dans ses pensées. Du moins, c'est ce que j'en déduisis lorsqu'il se tut brusquement - ses pensées devaient aller trop vite dans son esprit pour qu'il ait le temps de les formuler. Parce que oui, si vous ne le saviez pas, les êtres humains ne forment pas, pour la plupart, de phrases correctes et complètes dans le cerveau ; celles-ci se forment instinctivement, automatiquement. Bref, tout ça pour dire que l'homme-enfant ne devait plus savoir suivre ses propres pensées, ce qui était une habitude chez les enfants.

- Comment t'appelles-tu, Bouclettes ? Et ton âge ?

Je ne pouvais pas l'appeler indéfiniment Bouclettes ou l'Homme-enfant. De plus, connaître le nom de quelqu'un était une forme de pouvoir, un moyen de pression sur ladite personne. Enfin, si elle avait un quelconque instinct de survie. Ce qui n'était peut-être pas le cas de Bouclettes. De plus, j'avais besoin de me faire une idée sur sa maturité, s'il fallait que je m'inquiète - façon de parler -, ou non.

- Quelle est ta passion ? Ou tes passions.

Toujours commencer par mettre le cobaye en bonne condition, et la plupart des gens aiment parler d'eux-mêmes, de leurs passions, de leur famille, travail... Je ne savais pas ce qui allait fonctionner avec l'homme-enfant, il était bien trop imprévisible - ce qui était légèrement désagréable, mais j'allais m'y habituer. Ce n'était pas comme si je ne savais pas m'adapter. Mais ce qui était le plus facile à faire, c'était l'échange. Personne n'aimait partager des informations quelconques sans un juste retour, et j'étais bien placée pour le savoir. Dévoiler sa vie n'était pas sans conséquences ; je n'avais pas l'impression que me dévoiler à cet homme-enfant soit d'un danger frappant, bien au contraire.

- J'ai une proposition à te faire. Je te pose des questions, tu me réponds, et en échange, tu peux me demander ce que tu veux. Dans les limites du possible et de réel, bien entendu.

J'espérais juste qu'on avait la même notion de limite. Mais il ne me semblait pas être stupide, malgré son immaturité - à moins que ce ne soit juste de l'innocence, de la joie ? Aucun moyen de le dire.




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