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Final Act [Part II]

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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Final Act [Part II] | Sam 7 Mar - 20:21

Jeffrey avait mis en route son tourne-disque, une pièce de collection qu’il avait toujours affectionné particulièrement. Il avait choisi un vinyle des Stones, et les notes de Paint it Black résonnaient avec entrain dans la pièce principale de l’appartement. À travers les baies vitrées, on pouvait voir San Francisco plonger dans la nuit.

Il ouvrit la porte de sa cave à vin, casée sous le bar, et se mit à réfléchir un instant. Finalement, il sortit une bouteille de rouge, un Château Lafite de premier cru qu’il avait gardé pour une grande occasion et qu’il décidait d’ouvrir ce soir, et posa la bouteille sur le bar le temps de sortir l’ouvre-bouteille. Il trouvait la saveur délicate et suave de ce vin tout à fait adaptée aux deux femmes d’exception qui allaient certainement arriver d’une seconde à l’autre désormais.

Jeffrey ouvrit la bouteille, se saisit de trois verres à vin, puis contourna le bar pour se diriger vers la large table en verre qui était censée lui servir de table de salle à manger, mais qui finalement servait surtout aux rares employés qui venaient jusque-là pour lui faire un rapport ou le tenir informé d’une affaire urgente. Pensif, il observa la table et se prit à penser qu’il lui faudrait organiser une fête privée ici, un de ces quatre. Pour son anniversaire, peut-être. Bien sûr, Charlotte Hawkins allait lui rabâcher les oreilles pour organiser une cérémonie protocolaire et renforcer des alliances avec les invités d’exception qui se trouveraient là, mais il pourrait toujours organiser une after ici avec des agents de la Neop Corp. Qu’ils fassent tous la fête comme lorsqu’il avait vingt ans. De l’alcool à volonté, une musique à faire ressusciter les morts et des filles qui seraient obligées de venir en bikini. L’idée plairait à Joshua Stone, c’était certain. Et le petit Jeffrey, le petit coincé de l’informatique, quelle tête ferait-il au milieu de tant de décadence ? Oui,  vraiment, ce serait drôle. Il allait garder cette idée dans un coin de sa tête.

Il releva distraitement les yeux sur l’écran de contrôle digital, qui remplaçait actuellement l’écran plat de la télévision murale. La priorité n’était pas à la fête, malheureusement. La blonde et la brune restaient immobiles dans l’ascenseur, et l’ascenseur… ah et bien, il arrivait, justement. Il se félicita mentalement d’être un esprit paranoïaque de base doublé d’un génie capable de gérer des systèmes informatiques. Il préférait toujours pouvoir jeter un coup d’œil aux personnes empruntant un ascenseur jusqu’à lui. Il entendit la porte s’ouvrir alors qu’il levait la bouteille pour servir un premier verre de vin. Il eut le temps de finir de servir le verre avant que les deux jeunes femmes n’entrent dans la pièce principale. Avec un sourire presque amusé aux lèvres, il leva les yeux sur les intruses, se redressa et ouvrit un bras dans un geste théâtral.

« Mademoiselle Hawkins, mais surtout mademoiselle Blake, je vous souhaite la bienvenue dans mon humble chez moi. »

De son autre main, il servit un deuxième verre de vin.

« Vous arrivez juste à temps. J’ai ouvert une bouteille de rouge spécialement pour l’occasion. Un cru d’exception dont vous me direz des nouvelles. »



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Eryn Blake
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Dim 8 Mar - 12:12

On y était.
Un long frisson d’appréhension parcourut l’échine d’Eryn. Elle pinça les lèvres, franchit le seuil des appartements de Gallagher. Les détails lui sautèrent immédiatement aux yeux : la musique, les trois verres. Elle se tendit instantanément, jeta un regard assassin à Charlotte. Car la déduction était des plus évidentes : il les attendait. Il avait probablement alerté la sécurité… Mais coller son arme sur la tempe de Charlotte trop tôt ferait qu’envenimer la situation, et elle voulait malgré tout ses réponses, même si c’était la dernière chose qu’elle ferait dans cette ville maudite.

Elle enleva le blazer que Charlotte lui avait prêté, le jeta négligemment sur un siège. À son habitude, elle demeura debout, de sorte de pouvoir garder l’issue dans sa vision périphérique, puis elle fronça les sourcils, croisa les bras sur la poitrine, en une attitude aussi défensive que défiante.

Son humble chez lui, du vin rouge d’exception ? Elle n’appréciait guère cette mascarade, et elle se demanda comment aborder la conversation – car Eryn n’était pas quelqu’un de très bavard, ni de socialement très adapté. Elle hésita, un instant, à te vendre en un rictus goguenard, en annonçant joyeusement que la Détenue 47 arrivait pour le tuer, qu’elle acceptait de lui sauver la peau que s’il lui répondait, preuves à l’appui, et qu’il cessait toute expérience, toute traque contre les mutants aux capacités inoffensives. Puis elle avisa bien vite qu’une procédure d’urgence suivrait, que tout le bâtiment ferait l’objet de mesure de confinement, que toutes les issues seraient surveillées et qu’elle serait indéniablement piégée. Mauvais plan. Très mauvais plan. Autant garder cette dernière carte pour elle, à abattre quand la situation se gâterait sérieusement.

« J'veux pas de votre vin, » commença-t-elle finalement, tout à fait à propos.

Après tout, il pourrait être empoisonné.

Sur cette démonstration tout à fait fulgurante de son aisance à la conversation, elle poursuivit de manière plus stratège, avec l’esquisse d’une question dont elle connaissait déjà partiellement la réponse :

« Je suis ici pour obtenir des réponses, Gallagher, à commencer par la signification de cette traque intensive dont je suis l’objet. »

Oui, la taciturne Eryn Blake avait fait des efforts de vocabulaire et d’élocution, mais son ton n’était pas pour autant dénué de hargne.

Hargne qui s’intensifia encore, quand elle réalisa quelque chose...
Elle se tourna vers Charlotte, muscles tendus ; elle bouillait clairement de colère et Eryn se rendit compte que cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas laissé libre cours à sa fureur, depuis qu’elle avait déserté les Hunters, à vrai dire. Elle contenait l’aspect ardent de son caractère depuis qu’elle se terrait, trop consciente que cette partie de sa personnalité la mènerait à une fin certaine. Elle s’était alors réfugiée dans une solitude glacée et calculatrice, quelque chose d’asphyxiant.
Désormais, elle se sentait prête à exploser, et la perspective avait quelque chose de libérateur.

« Il vous a demandé de me ramener, c’est ça ? »

Eryn s’en voulait d’avoir muselé sa paranoïa quand il s’agissait de Charlotte, d’avoir espéré qu’elle tenait parole uniquement par droiture, par devoir, et d’avoir cru, l’espace d’un instant, que c’était quelqu’un de respectable. Elle cumulait les erreurs, et la secrétaire en faisait partie. Sachant que la conversation ne servirait à rien pour l’instant, Eryn décida de lui arracher le maigre cadeau qu’elle lui avait fait, maintenant qu’elles étaient parvenues au sommet :

« Vous savez, je ne comprenais pas trop comment ça fonctionnait, avant, j’ai été catégorique sans savoir de quoi je parlais. Mais peut-être que vous avez le potentiel pour devenir mutante, finalement, je vous sens un peu instable. Vous avez été exposée, dernièrement ? Par une visite à Alcatraz, peut-être ? »

Le fiel dans sa voix n’avait rien de factice, elle crachait ses propos à la figure de Charlotte avec tant d’aplomb que cette dernière aurait dû mal à déterminer si c’était du bluff ou non. Eryn était tellement satisfaite de sa méchanceté qu’elle se fichait d’avoir laissé une ouverture conséquente à Gallagher pour mener la conversation. De toute façon, il aurait probablement pris le dessus assez vite, Eryn n’était pas faite pour les longues batailles argumentatives.


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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Dim 8 Mar - 14:47

Charlotte essayait de contenir tout signe de nervosité en guidant Eryn, suivant l’origine de la musique qui s’élevait dans l’immense appartement. Ses mains tremblaient légèrement et elle n’osa pas dire un mot supplémentaire : à quoi cela servait-il, de toute manière ? Elles étaient déjà l’intérieur et Eryn n’allait certainement pas reculer si près de son but.

Gallagher les attendait. C’est du moins ce que Charlotte supposa lorsqu’elle le vit, servant trois verres de vin. Elle se retint de lever les yeux au ciel devant cette attention totalement inutile : il s’imaginait vraiment qu’ils allaient s’installer dans son canapé et discuter tranquillement comme s’il s’agissait de n’importe quelle autre transaction ? Il semblait totalement détendu ce qui, en soit, n’était pas surprenant. Avait-il seulement conscience du danger ? Avait-il conscience qu’elle avait ramené chez lui quelqu’un d’instable, qui lui en voulait certainement pour la vie qu’elle menait désormais ? Charlotte ignora totalement le regard assassin d’Eryn : elle l’avait bien prévenu pourtant, elle ne contrôlait plus rien ici : ce n’était pas chez elle. S’il avait été averti de leur présence, ce n’était pas entièrement de sa faute. Charlotte fut tout de même soulagée de constater qu’ils les avaient vues arriver. En même temps, comment pouvait-il en être autrement ? C’était sa tour, son appartement : il avait forcément dû installer quelque chose qui le prévienne dès que quelqu’un appuie sur le numéro d’étage de ses appartements dans l’ascenseur. C’était tout à fait logique en soit, et Charlotte avait compté là-dessus pour qu’il puisse prendre des dispositions particulières. Mais elle s’était attendue à un tout autre comité d’accueil, en vérité. Quelque chose de plus approprié qu’une bouteille de vin.

Eryn refusa catégoriquement le verre : c’était à prévoir. Charlotte, au contraire, n’allait pas lui dire non : elle en avait bien besoin. Cependant, et parce qu’elle avait une réputation à tenir devant son patron – et même Eryn -, elle ne se jeta pas dessus non plus, se retenant du mieux qu’elle le pouvait. Elle attendrait que son patron le lui tende, tout simplement. Aussi garda-t-elle le silence, restant immobile, comme s’il s’agissait d’une réunion habituelle où elle faisait office de figurante. Quelle rôle avait-elle à jouer, honnêtement ? Elle pourrait toujours tempérer la situation, mais il y avait fort à parier qu’elle finisse en monnaie d’échange. Eryn ne lui avait pas menti, vraisemblablement, et voulait s’entretenir avec lui. Au moins un point positif, à moins que cela ne soit une feinte pour mieux frapper ensuite. D’un geste nerveux, elle récupéra son blazer qu’Eryn avait jeté sur une chaise, afin de le plier un peu plus soigneusement. Elle ne saurait dire si l’appartement était surchauffé ou si c’était le stress, mais elle mourrait de chaud, avec son manteau. Elle l’ouvrit, quand Eryn s’adressa alors à elle.

Elle avait deviné. Sans même l’aide de Gallagher. Charlotte se demanda un instant ce qui l’avait trahi : sa docilité à l’emmener jusqu’en haut sans poser plus de question, l’attitude pourtant pas étonnante de son patron ? Ce n’était plus important. Elle avait deviné, et Charlotte savait qu’elle n’avait plus sa confiance – mais l’avait-elle eu un jour ? Elle lui lança un regard comme si elle cherchait à lui présenter ses excuses et décida d’être franche : qu’avait-elle à perdre, après tout ? Il valait mieux que ce soit elle qui lui dise plutôt que Gallagher, qui n’hésiterait sûrement pas à profiter de la situation et envenimer les choses.

« Oui. Mais je ne l’ai pas averti de notre arrivée. »

Elle essayait de lui faire comprendre qu’elle avait rempli les parts de leur marché : c’était elle qui avait voulu qu’elle l’emmène jusqu’en ici, et elle l’avait fait. Elle en avait juste profité pour enfin racheter une faute qu’elle avait commise. Mais Charlotte avait fait un choix, en avouant à Gallagher qu’elle avait rencontré Eryn : elle avait choisi sa loyauté envers la Neo Corp. plutôt que sa parole donnée à une inconnue. Elle ne savait pas si cela avait été le meilleur des choix, et l’un et l’autre semblait risqué à la base. Elle avait conscience de ne pas faire parti du meilleur camp de l’histoire : c’était eux les responsables, eux qui profitaient de la situation pour s’enrichir encore plus. Charlotte avait toujours eu des problèmes avec ça, mais elle n’avait pas le courage de démissionner parce qu’elle aimait son travail, sa position et tous ces privilèges. Elle ne se voyait pas tout recommencer, repartir de zéro. Elle avait choisi Gallagher, il fallait qu’elle l’assume.

Eryn continua de lui parler et lui annonça que finalement, elle avait peut être été exposé au mutation. Que son diagnostic, six mois auparavant, avait été faussé par le manque de maîtrise de sa mutation. Charlotte fronça les sourcils et hésita un instant : parlait-elle sous la colère ou était-ce la vérité ? Les doutes l’assaillirent alors : elle ouvrit la bouche pour parler, pour se défendre une nouvelle fois, mais elle resta muette. Les questions du début de la quarantaine refirent surface : survivrait-elle si elle était une mutante ? Aurait-elle la force de fuir, ou se rendrait-elle ? Et, pourquoi Eryn lui demandait-elle si elle avait été exposée, dernièrement ? Tout le monde l’avait été, au final : les particules étaient partout. Préférant ne plus rien dire, de peur de trahir encore plus son angoisse, elle se tourna vers son patron, l’interrogeant du regard. Intérieurement, elle le suppliait d’intervenir, maintenant, d’avancer la preuve qu’Eryn mente à son sujet. Elle ne pouvait pas être une mutante.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Dim 8 Mar - 17:12

Les mots abrupts d’Eryn Blake arrachèrent un rire à Gallagher. Eh bien, il n’avait pas l’habitude d’en côtoyer tous les jours, des comme ça ! Des personnes en cavale, des jolies jeunes femmes qui avaient abandonné toute délicatesse au profit de la cavale et de la survie. Même s’il était prêt à parier que la brune en face de lui n’avait jamais été du genre délicat, qu'elle soit mutante ou non.

Sourire aux lèvres, il finit de servir les verres avant de poser la bouteille et de s’avancer pour donner le sien à Charlotte. La pauvre avait l’air stressée, angoissée. En arrivant devant elle, Jeffrey lui fit un clin d’œil, un de ces clins d’œil charmeurs dont il avait le secret et qu’il avait dû déjà lui faire au moins un bon millier de fois depuis qu’ils se connaissaient. Il avait toujours aimé la taquiner. Ce soir ne ferait pas exception, même s’il espérait dans un sens lui montrer qu’il était confiant, sûr de lui, et donc qu’elle n’avait pas à angoisser. D’accord, il n’avait pas prévu la situation mais quelle importance ? Au final, il avait demandé à avoir Eryn Blake auprès de lui : c’était actuellement chose faite. Charlotte pouvait être fière d’elle.

Il se tourna vers la mutante, prit une seconde pour la jauger du regard, puis posa finalement son verre en bout de table. Quelque chose lui disait que s’il s’approchait d’elle avec le verre de vin, elle serait capable de le lui faire exploser à la figure. Mieux valait éviter de gâcher un tel cru. Son propre verre en main, il resta debout, presque nonchalant, et suivit l’échange des deux jeunes femmes avec un sourire en coin, une main glissée dans la poche de son pantalon de costume. Il avait toujours aimé ça. Quand des gens apprenaient qu’on leur avait menti et qu’ils se sentaient irrémédiablement trahis. Cette bêtise l’avait toujours amusé. Pourquoi ces gens prenaient-ils le risque de faire confiance, en même temps ? À croire qu’ils aimaient tendre le bâton pour se faire battre.

Il prit le temps de faire tourner le vin dans son verre, en but une gorgée, puis leva ce verre en direction de Charlotte avec un signe de la tête.

« Merci de me l’avoir ramenée comme je vous l’avais demandé, mademoiselle Hawkins. Vous serez récompensée, soyez-en certaine. Je savais que je pouvais particulièrement compter sur vous. Vous ensorcelez tout le monde avec votre droiture d’esprit exemplaire, pas vrai ? »

Il jeta un coup d’œil à Eryn Blake, avec un sourire vainqueur au coin des lèvres. Il but une nouvelle gorgée de vin, puis se détourna pour s’appuyer contre la table en verre, comme s’il voulait s’y assoir. Une main toujours dans la poche de son pantalon, il gardait le verre dans l’autre. Il ne broncha pas aux allusions de Blake, qui laissait entendre que Charlotte pourrait être une mutante, et ignora également le regard de sa secrétaire. Il garda plutôt les yeux braqués sur l’ancienne militaire, comme s’il la scrutait, comme s’il la sondait. Il la fixa ainsi quelques longues secondes, puis ouvrit enfin la bouche.

« Voyez-vous, ma chère mademoiselle Blake, c’est justement ça, la signification de – comment l’avez-vous appelée ? Cette traque intensive dont vous êtes l’objet ? Eh bien, c’est ça, la raison. Votre mutation. Votre don, votre malédiction, appelez ça comme vous voulez. C’est ça que je cherche. C’est ça que je veux. Ce genre de diagnostic que vous êtes capable de donner, de manipuler, certainement auprès de tous, mais sans ce fiel infantile dont vous venez de faire preuve envers ma secrétaire. »

Il posa son verre à côté de lui, afin de pouvoir poser ses deux mains sur le bord de la table. Le regard toujours rivé sur la jeune femme brune, il arqua les sourcils.

« Vous ne vous êtes jamais dit que, entre les mains d’autorités légitimes et compétentes, votre mutation pourrait servir à tous ? Pourrait servir les scientifiques qui travaillent d’arrache-pied à l’élaboration d’un remède ou d’un moyen d’enrayer l’agent mutagène ? Vous êtes capable de déceler une mutation, de la pousser à grandir, à évoluer, comme vous êtes peut-être capable de l’affaiblir. Vous ne voyez toujours pas à quel point il est évident que je vous fasse rechercher ? Que je mette tous les moyens en œuvre pour avoir le loisir de vous parler ? »

Tout en parlant, il s’était levé, comme pour donner plus de force à ses propos.

« Dans vos gènes se trouve peut-être le moyen de neutraliser complètement une mutation chez un individu. Vous êtes peut-être capable de choisir si une mutation doit vivre ou mourir chez un individu. Vous êtes très certainement la solution de l’équation, Eryn Blake. »



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Eryn Blake
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Mer 11 Mar - 18:27

Bien sûr, le discours de Gallagher fit mouche. Eryn n’était pas égoïste, loin de là. Si sa mutation pouvait aider les gens, qui était-elle pour ne pas participer à l’élaboration d’un antidote ? Si un tel antidote était créé, alors la quarantaine serait enfin levée, le risque d’être atomisé écarté et Aria, Anderson, Olivia et ses compagnons pourraient enfin quitter cette maudite ville. Peut-être même que la petite Sasha serait guérie et relâchée, même après avoir subi de multiples tests. Peut-être qu’il n’y aurait plus d’autres rats de laboratoires, plus d’Alcatraz.

Alcatraz.
À cette simple pensée, les propos de Sonya Ashlow lui revinrent à l’esprit. Elle fronça les sourcils et résista une fois de plus à l’envie de se saisir de son arme.

« Vous vous trompez. »

Le ton était sec, cassant.
L’aridité dont faisait preuve Eryn était à l’image de son expression et aussi brûlante que sa colère.

« Je ne manipule rien du tout, et vous n’êtes pas l’autorité compétente : simplement un putain d’opportuniste. Et si vous vouliez me contacter, il y avait des moyens plus pacifiques. »

D’autres y sont bien parvenus, termina-t-elle en son for intérieur.
Elle songeait bien évidemment à sa sœur et à Dawn, mais elle ne voulait pas s’aventurer sur ce terrain glissant. Aria pouvait faire un moyen de pression plus qu’efficace et elle avait toujours en travers de la gorge que Charlotte fût allée la trouver.

Quelle bande de chiure d’hypocrites !
Récapitulons.

Premièrement, elle ne manipulait rien du tout. Elle ne savait pas ce qu’insinuait Gallagher par-là, mais Eryn ne pouvait que détecter les mutations. Et il se faisait certainement des films, car personne ne pouvait être au courant de la façon dont sa mutation s’était développée, ces filaments sensoriels étranges qui lui permettait de diagnostiquer jusqu’à la nature de la mutation. Non, officiellement, elle ne pouvait que pointer les gens du doigt, et déclarer si oui ou non, cet individu était infecté. Par ailleurs, elle avait repoussé dans un recoin de son esprit ce qu’il s’était passé avec Jeffrey McFly ; elle ignorait franchement qu’elle avait effectivement été capable d’influencé sa mutation.

Ensuite, elle diabolisait bel et bien Gallagher et son pouvoir indécent. Non seulement il effaçait son cousin avec un sans-gêne outrecuidant, mais en plus il s’en mettait plein les poches. Sa propagande effrontée ne pouvait pas dissimuler toutes les subtilités et, après tout, certains documents attestaient des bienfaits de la Neo Corp. Soit, elle maintenait un semblant de société, mais franchement, cela pouvait être fait à bien moindre coûts.

Et enfin, son prétendu fiel puérile n’avait rien d’infantile. Bien que née d’un profond sentiment d’injustice, sa fureur était alimentée, aussi, par sa conception soldatesque du patriotisme. Elle avait conscience que des sacrifices étaient nécessaires, que la sécurité du plus grand-nombre importait, mais il y avait tout de même des limites à la barbarie dont faisait preuve la Neo Corp.

Heureusement, ils n’étaient pas les seuls détenteurs de laboratoires, ni de génie, et si l’horrible PDG disait vrai, alors il lui faudrait trouver quelqu’un capable d’analyser ses gênes et de voir si un antidote pouvait effectivement être élaboré. D’ailleurs, elle se tournerait plutôt vers des mutants, il devait bien y en avoir dont la mutation impliquait des capacités intellectuelle supérieures. Qui sait ? Ils travailleraient peut-être plus vite que la Neo Corp. et seraient bien plus motivés : la plupart des mutants n’étaient pas voués à vivre longtemps, la Détenue 47 en était bien la preuve. Peut-être même contacterait-elle Blair pour des renseignements ?

Eryn prit une profonde inspiration pour essayer de faire du tri dans ses pensées, filtrer les questions par ordre de priorité et de pertinence. Difficile de se concentrer, aussi, quand on avait un richissime enfoiré qui étalait sa qualité de rhéteur tout en essayant de tendre l’oreille pour voir si quelqu’un approchait. Non, il valait mieux aller droit au but, et elle enchaîna, tout en surveillant attentivement les réactions alors qu’elle balançait à la suite ses questions. Si quelqu’un pouvait faire une gaffe, c’était bien elle.

« Les drones sont dangereux. En quoi ? Et qui est en charge du blocus de la quarantaine ? Je veux le contacter. Et vous ne seriez pas à l’orgine de l’incident, par hasard ? »

Cette affaire de drone, elle la tenait de Jeffrey McFly. Le petit geek avait déniché des informations intéressantes, finalement… Enfin, toujours était-il que les drones n’avaient peut-être pas été suffisamment testés et qu’il demeurait une forte probabilité qu’ils déconnassent. Restait à savoir quels ennuis ces engins pouvaient apporter. Avaient-ils des caméras ? Sûrement. Armés ? Chimiquement instables ? Petites usines à Neo Serum ? Les possibilités semblaient infinies.

À son ton, il était aisé de deviner que ça n’avait rien d’un service demandé. Elle exigeait, avec une impériosité qui pourrait presque concurrencer celle d’Aria et sous ses paroles couvaient des menaces bien réelles. Si seulement elle pouvait décrire la situation à ceux de l’extérieur ! Et si son père se trouvait là ! Alors, alors, peut-être pourrait-on mettre fin au règne de la Neo Corp. Les mutants seraient peut-être mieux traités. Ou alors, un missile serait directement dirigé sur la ville ? Eryn composerait sur le moment, en fonction de son interlocuteur. Mais il était hors de question que la Neo Corp. demeurât le contact privilégié de la zone.

Enfin, sa dernière question avait été lancée avec tout l’aplomb dont elle était capable. Il y avait des rumeurs, mais rien de consistant. Des détails qui ne collaient pas, mais d’autres responsables potentiels étaient aussi en ligne de mire. En tout cas, elle n’écartait pas la possibilité de cette gigantesque mascarade, surtout quand on savait ce qui se passait à Alcatraz. La Neo Corp. aurait-elle commis de telles horreurs et aurait-elle pris le contrôle de la situation si elle avait été blanche comme la neige ?


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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Jeu 12 Mar - 23:26

Charlotte se demanda un instant pourquoi elle avait espéré un peu de soutien de la part de Gallagher. Il l’avait complètement ignoré, la laissant à ses doutes face aux révélations d’Eryn. Elle eut même l’impression qu’il cherchait à l’enfoncer, en la remerciant. Elle se fichait d’être récompensée, tout ce qu’elle voulait c’était qu’il lui assure qu’elle ne craignait rien dans cette ville, qu’elle ne serait jamais enfermée à Alcatraz. Sa droiture d’esprit exemplaire ? Pas sûr que cela lui serve là haut. Elle baissa les yeux sur son verre, appréhendant la réaction d’Eryn : elle n’osait même plus la regarder.

Même après réflexion, il était impossible de dire si oui, ou non, la jeune femme lui avait menti. C’était tout à fait plausible : Eryn aurait pu tout calculer pour que Charlotte reste sereine et remplisse sa part du marché le moment venu. Parce que, si Charlotte avait su qu’elle était mutante des mois auparavant, il y avait des chances pour qu’elle quitte son travail, pour qu’elle s’enfuie quelque part. En lui affirmant d’être saine, Eryn s’était assurée que Charlotte garde son poste et soit utile au moment venu. Tout serait donc calculé ? Elle était peut-être naïve de croire le contraire maintenant, alors que la jeune femme était en colère, et se sentait sûrement trahie. Seulement, le doute persistait parce que Charlotte avait été persuadée qu’Eryn lui avait dit la vérité le jour où elle était allée la trouver. Mais pouvait-on vraiment croire des gens qui avaient tout perdu ? Il faudrait qu’elle vérifie si oui ou non elle avait des chances d’être mutante, mais pas auprès de la jeune femme : elle avait fait cette erreur une fois, elle ne recommencerait pas.

Charlotte leva son verre, goûtant au fameux vin que Gallagher lui avait tendu quelques minutes auparavant. Eryn avait eu tord de refuser, car il était vraiment bon. Mais ce n’était pas le plus intéressant pour le moment : Charlotte, comme à son habitude, écoutait attentivement la conversation. Ou plutôt, les plans de son patron concernant Eryn. Elle n’avait jamais pris le temps de lui demander pourquoi il la voulait absolument : d’abord, elle n’était pas vraiment en position de lui poser ce genre de question, au vu de son erreur passée, et puis cela ne faisait pas partie de ses missions. Elle n’avait pas à s’intéresser à tout ça, normalement. Elle ne devrait même pas être là, debout, à les écouter marchander et se plier aux décisions finales.

Charlotte n’avait jamais imaginé qu’Eryn pourrait être un remède contre les mutations, mais elle comprenait mieux l’intérêt que lui portait Gallagher. La mutation de la jeune femme pourrait sauver toute la ville, elle pourrait leur permettre de reprendre une vie normale, de pouvoir sortir de San Francisco. L’issue était peu être utopiste en l’état actuel des choses, mais Charlotte était persuadée que Gallagher savait ce qu’il avançait. Il ne se serait jamais autant intéressé à Eryn, sinon, il n’aurait pas fait tout ça s’il n’était pas sûr de lui. Or, Eryn réfuta toutes ses hypothèses : visiblement, elle n’était pas capable de manipuler quoi que ce soit. Charlotte fronça alors les sourcils : bluffait-elle ou était-elle sincère ? Si elle-même ne savait pas de quoi elle était capable, comment Gallagher pouvait-il le savoir ? Son regard alla de Gallagher à Eryn, d’Eryn à Gallagher. Elle chercha à un moment un indice sur la présence de force de l’ordre dans la pièce, mais ils semblaient être seulement tous les trois. Et ça inquiétait terriblement Charlotte, plus encore que de savoir qu’elle n’était peut être pas si saine que ça au final. Elle n’osait pourtant rien faire d’autre que tenir son verre de vin, accoudée au dossier d’une chaise. Elle savait qu’Eryn avait une arme et qu’elle n’hésiterait pas à s’en servir : elle en voulait à Gallagher pour la traque dont elle était l’objet et elle lui en voulait aussi à elle maintenant qu’elle savait qu’elle n’avait pas tenu parole. Sortir son téléphone serait du suicide : elle ne doutait absolument pas de ses réflexes.

La suite fut quelque peu déstabilisante pour la secrétaire, qui ne s’était pas vraiment attendue à ce genre de question de la part d’Eryn. Elle la regarda un instant, perplexe, quand elle affirma que les drones étaient dangereux, avant de se retourner vers son patron, guettant chacune de ses réactions. Serait-il aussi surpris qu’elle ? Pour Charlotte, Eryn ne cherchait qu’un moyen de récupérer sa liberté dans l’histoire. Alors, pourquoi s’intéressait-elle aux drones ? Et à la personne en charge du blocus ? Que cherchait-elle exactement ? Charlotte essaya de récupérer son habituel masque, mais elle ne pouvait qu’être inquiète après la dernière question d’Eryn : que savait-elle exactement ?

Elle se tourna à nouveau vers Gallagher, en espérant qu’il aurait une réaction efficace et qu’il ne rirait pas au nez de la jeune femme, pour avoir tenté de négocier quelque chose. Parce que c’était tout à fait son genre.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Dim 15 Mar - 17:26

Gallagher eut exactement la réaction que Charlotte redoutait. Il éclata de rire.

Il éclata de rire, parce que la situation lui paraissait surréaliste, parce qu’il trouvait l’enchaînement de toutes ces questions relativement drôle, et parce qu’il ne pouvait que rire quand on exigeait quoi que ce soit de lui. Parce que oui, la jeune femme ne négociait même pas, non ! Elle imposait sa volonté, et elle mettait ses exigences sur le tapis comme s’il était un vulgaire vendeur et non le PDG d’une célèbre entreprise. Croyait-elle vraiment qu’il allait répondre tranquillement à ses questions, juste pour le plaisir de le faire ? Peut-être. Peut-être qu’à partir du moment où on se savait mutant, on se pensait plus puissant. C’était possible. Mais il n’empêche que ça le faisait rire.

Quand il se calma enfin, il s’empara de son verre pour en boire une gorgée et achever totalement de rire. Puis il hausse les sourcils, en rapportant son attention sur la brune. Une question en particulier avait retenu son attention, puisque c’était celle à laquelle il ne s’était pas attendu.

« Vous croyez vraiment que quelqu’un comme vous peut contacter le responsable du blocus ? Soyons un peu sérieux. Vous êtes une ancienne militaire, vous savez comment la hiérarchie fonctionne. Et puis quoi ? Vous voudriez peut-être lui imposer vos exigences, à lui aussi ? Non, là encore, soyons un peu sérieux. »

Il reposa son verre et se leva pour faire quelques pas en direction de la jeune femme. Il n’avait rien sur lui, aucune arme, mais aucun instinct de survie ne lui soufflait de rester loin d’elle. Il avait toujours été comme ça. Trop sûr de lui, trop amateur du risque. Il ne regardait pas Charlotte, mais il aurait été prêt à parier qu’elle le maudissait pour faire preuve de si peu de prudence. Il darda son regard sur Eryn Blake, ignorant ses autres questions pour se concentrer sur un autre point qui l’intéressait davantage.

« Peut-être que je suis un opportuniste. En fait, c’est même certain. Et peut-être qu’il y aurait eu effectivement des moyens plus pacifiques pour vous contacter. Mais, Eryn… »

L’utilisation du prénom n’était pas anodine. Il savait que ça allait probablement l’énerver, mais il y tenait.

« Quand je dis que vous pouvez influencer les mutations, je ne l’avance pas sans savoir. Vous n’êtes peut-être pas encore capable de le faire, mais vous le serez forcément à un moment ou à un autre. Il y a beaucoup de scientifiques qui travaillent pour mon entreprise, et certains sont de véritables cerveaux. Mademoiselle Hawkins pourra vous le confirmer. Vous imaginez bien que leur priorité de travail, depuis de nombreux mois, sont les mutations. Beaucoup se sont penchés sur votre cas qui, à mon sens, dès le départ, était probablement la mutation qui s’avérerait être la plus intéressante pour nous tous. Et je le pense toujours. »

Il marqua un temps, sans cesser de la fixer.

« Ensemble, nous pourrions en apprendre plus sur votre mutation et s’en servir pour le bien du plus grand nombre. D’accord, peut-être que nous ne représentons pas l’autorité compétente, effectivement. Mais nous sommes clairement ceux avec qui il faut s’allier pour avancer concrètement et espérer bientôt pouvoir faire de ce blocus un simple souvenir. »

Il parlait avec aplomb, sincèrement. Il avait chargé ses scientifiques d’étudier l’agent mutagène, les différentes formes de mutations, d’établir des hypothèses logiques, des statistiques. Il le savait, il le sentait au fond de ses tripes, la mutation d’Eryn Blake était la solution. Alors, bien sûr, il était vrai que toute cette situation était concrètement la faute de la Neo Corporation et d’un malheureux accident de laboratoire. Mais heureusement, personne ne le savait et c’était bien mieux comme ça. Jeff vivait parfaitement avec cette idée, en tous cas, au point où il ne ressentait aucune once de culpabilité : le passé était le passé, point. Peu importait le pourquoi du comment, les efforts devaient uniquement se concentrer sur l’objectif ultime : régler le problème.



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Eryn Blake
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Dim 5 Avr - 22:46

Bien sûr, les propos de Gallagher sur sa mutation touchèrent Eryn ; elle se renferma davantage encore, mais ses neurones, eux, bossaient à plein régime. Pouvait-elle vraiment avoir la moindre incidence sur les mutations ? La perspective avait quelque chose fascinant et de terrifiant à la fois… Néanmoins, si Gallagher avait vraiment besoin d’elle, dans le sens le plus louable du terme, alors il n’avait qu’à demander gentiment un échantillon de sang. Si c’était pour finir comme ces mutants à Alcatraz… Une réplique acerbe lui brûla les lèvres, mais elle la ravala, et les propos avaient un goût de bile sur sa langue. Il n’était pas encore temps de sortir le grand jeu.
Même s’il se moquait d’elle.

Or, elle n’aimait pas du tout qu’on se moquât d’elle.
« Travail », disait-il ? Il n’y avait que des tarés pour penser que torturer les mutants avec leurs expériences atroces pouvait être qualifié de travail !
Eryn sentit la colère qui l’habitait enfler, grandir en un feu dévorant. L’envie de simplement saisir son arme et abattre l’impudent était même tentante. Peut-être même qu’une fois le canon sur sa tempe ou sur celle de sa secrétaire, il se serait montré coopératif… Mais Eryn n’était pas stupide. Elle n’avait pas le temps pour une prise d’otage, pas si elle voulait s’en sortir en un seul morceau, d’autant plus qu’il était fort peu probable que le moyen de communication dont usait Jeffrey Gallagher pour négocier avec l’extérieur se trouvât dans cette pièce. Il ne lui restait qu’une seule carte en main, somme toute, et elle dut faire appel à tout son sang-froid pour en user.

Eryn ne voyait clairement pas l’intérêt de répondre aux longues tirades de son interlocuteur. Elle préféra aller droit au but ; elle n’avait que faire de son absence de talent d’orateur et, franchement, il pouvait se carrer tous ses beaux discours où elle le pensait.

« Je suis pas intéressée. J’ai une information capitale à vous vendre en échange, mais décidez-vous vite, ou il sera trop tard. »

Il y avait quelque chose de sournois dans la démarche d’Eryn. Elle espérait franchement que le sens des affaires de Gallagher était plus propice à cette discussion que ces affreux discours trop longs. Elle coula un nouveau regard à Charlotte, privilégiant un avertissement tacite et non une menace cette fois-ci – en espérant que la blonde sût faire la différence. Elle avait tout intérêt à convaincre son patron, pour le coup.

« Il en va de votre vie », crut bon de préciser Eryn.

Elle avait été entraînée à tout un tas de chose, le bluff en faisait certainement partie. Gallagher saurait-il qu’elle disait la vérité ? Dans le fond, Eryn sortait gagnante quoi qu’il arrivât ; si la Détenue 47 tuait Gallagher, cela ferait un monstre de moi dans cette fichue quarantaine. Si Gallagher acceptait le marché, alors elle entrerait peut être en contact avec son père pour lui dire ce qu’il se passait vraiment ici. Enfin, si jamais Gallagher essayait de la doubler, elle aurait probablement le déplaisir de presser elle-même la détente. Le tout, c’était de ne pas trop traîner.

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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Lun 6 Avr - 13:04

Charlotte avait l’horrible impression que Gallagher – et elle, par extension – se trouvaient dans une impasse. Tout ce qu’il pouvait proposer à Eryn n’intéressait pas la mutante. Ce que Charlotte ne comprenait pas forcément : elle avait la possibilité de sauver la population entière en acceptant de travailler avec la Neo Corp., mais elle refusait. Charlotte leva les yeux au ciel lorsque Gallagher éclata de rire : tellement prévisible. Elle n’arrivait pas à comprendre non plus comment il pouvait être aussi détendu malgré la situation. Cela voulait-il dire qu’il avait prévu quelque chose et qu’il attendait juste le bon moment ? Son patron était toujours plein de surprise et même si elle arrivait à prévoir certaines de ses réactions, elle savait qu’il pouvait encore la surprendre. Elle espérait donc que ce soit le cas, et que son attitude tranquille n’était pas juste une façade. En attendant, elle, essayait de garder son sang froid mais elle commençait à atteindre ses limites, tout doucement. La tension dans la pièce devenait insupportable, comme le fait de faire presque parti du décor : elle n’avait absolument pas de rôle à jouer dans cette discussion. Certes, elle était habituée à se tenir debout, à observer les échanges entre son patron et d’autres personnalités importantes de la ville. Mais ces situations n’étaient pas aussi tendues, personne n’avait d’armes et les menaces étaient bien moindres. Ici, elle aurait voulu faire quelque chose pour convaincre Eryn d’accepter la proposition de Gallagher pour que tout se finisse vite. Or, elle avait sûrement perdu le peu de confiance que la jeune femme avait pu un jour lui porter – si elle lui avait fait confiance un jour, évidemment. Charlotte pouvait parier son poste qu’Eryn ne l’écouterait pas.

La mutante déclina une nouvelle fois l’offre de Gallagher. Charlotte ne cessait de se demandait pourquoi elle refusait de quitter la Seamy pour des locaux bien plus confortables avec un objectif plus précis et choisir une vie d’errance, une fuite interminable. Elle, elle n’hésiterait pas. Alors oui, elle ne connaissait pas toutes ses motivations, et elle ne la connaissait même pas en fait – le croire, lui faire confiance, avait été une erreur. Charlotte était trop habituée au confort de la Bright pour préférer la solution de l’errance : à sa place, si elle avait une chance de revivre normalement, son choix aurait été vite fait. Eryn était tout le contraire de Charlotte, au fond, et c’était bien la seule chose qu’elle pouvait affirmer.

La secrétaire tourna la tête vers Eryn lorsqu’elle évoqua une « information capitale » à échanger. Elle fronça les sourcils, assez intriguée. C’était donc pour ça qu’elle avait voulu monter jusqu’ici ? Pour vendre une information ? Que pouvait-elle savoir de si important ? Avait-elle entendu quelque chose dans les bas fonds de la Seamy ? C’était probable.

Charlotte repensa néanmoins au fait que Gallagher était dans une impasse avec la jeune femme : Eryn s’y trouvait également au final, puisqu’il n’était pas ouvert au compromis. Et si cette information n’était qu’un prétexte pour arriver à ses fins ? Elle pouvait être en train de monter un plan de toutes pièces pour pousser Gallagher à envisager de l’écouter, de marchander selon ses conditions à elle. La croire était un pari risqué, et le contraire l’était également. Si elle disait la vérité, si elle avait réellement une information capitale à échanger, Gallagher ferait une erreur en l’ignorant. Charlotte n’était pas à l’aise depuis le début : elle se demandait pourquoi Eryn avait choisi ce soir pour venir la trouver, pourquoi elle avait tenu à infiltrer volontairement un lieu pourtant hostile pour elle, pourquoi elle avait pris tous risques. Si c’était pour cette information qu’elle avait risqué sa liberté, cela devait être important. Alors, elle s’adressa à Gallagher, en espérant le faire réfléchir sur la question.

« Vous devriez peut-être l’écouter. »

Elle avait envie de savoir. Peut être qu’il la trouverait faible d’être prête à céder comme cela, mais elle voulait être sûre qu’il s’agisse de quelque chose de réellement capital, comme le disait Eryn.


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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Jeu 9 Avr - 19:37

Elle n’écoutait rien. Visiblement, Eryn Blake n’était pas du tout là pour négocier. Elle était là pour obtenir ce qu’elle voulait, et si elle refusait à ce point d’écouter, c’est qu’elle devait avoir un atout dans sa manche. Comme un joueur de poker, tellement sûr de son jeu qu’il faisait tapis. C’était forcément ça. À moins qu’elle ne soit juste totalement inconsciente ? Et désespérée ? Après tout, c’était possible. Elle était mutante, et fugitive. Elle n’avait peut-être plus rien à perdre. Mais en connaissant vaguement le profil de la jeune femme, Jeff n’avait pas l’impression que ce soit vraiment le cas. Néanmoins, ça ne faisait pas tout.

La voilà qui voulait à présent retourner totalement la situation. C’est elle qui avait de quoi faire pression, maintenant. C’est elle qui avait une information capitale à vendre, et il avait tout intérêt à l’écouter. Et naturellement, il avait tout intérêt à répondre à ses exigences. Evidemment. Cette fois, il n’avait pas envie de rire. Eryn Blake avait atteint les limites de sa patience, et dieu savait qu’elle n’était de toute façon pas très grande, la patience d’un PDG. Gallagher n’avait pas envie de rire, pas alors qu’il se trouvait chez lui, dans son propre appartement, et qu’il n’avait qu’à appuyer sur un bouton pour faire débarquer toute une armada d’agents. C’est ça qu’elle voulait ? Se faire embarquer de force ? Très bien. Il n’y avait qu’à demander. Après tout, il ne voyait pas pourquoi il devrait faire des efforts. Même si elle affirmait qu’il en allait de sa vie, utilisant là un argument très intelligent, il n’avait strictement aucune envie de céder à ses exigences. Tout simplement parce qu’il n’avait pas à le faire. Il était Jeffrey Gallagher : elle n’était rien. Fin des négociations.

Il glissa la main dans la poche de son pantalon de costume, et ses doigts effleurèrent l’écran du petit téléphone portable qui y était rangé. Il n’avait pas moins de trois téléphones portables pour lui tout seul, dont deux smartphones. Celui qu’il gardait toujours sur lui, à portée de main, en revanche, servait à alerter uniquement ses agents de sécurité. Toujours utile, après tout.

Il n’avait pas envie d’écouter Eryn, comme Eryn n’avait pas envie de l’écouter. Mais l’intervention de Charlotte le coupa dans ses intentions. D’abord simplement distrait, il posa vaguement le regard sur sa secrétaire, comme s’il comptait à peine lui accorder de l’intention. Mais il se mit à réfléchir. Ah oui, il devrait l’écouter ? Elle le pensait vraiment ? Elle s’inquiétait même pour lui, peut-être ? Voilà qui serait amusant. Pensif, il la regarda un moment. Il n’avait pas envie de l’écouter, non, mais Charlotte Hawkins devait finalement avoir plus d’impact sur lui qu’il ne le pensait lui-même. Il rapporta donc son attention sur la mutante.

« Admettons. »

Son ton avait changé : il n’était plus amusé, il n’était plus avenant, il ne cherchait plus à persuader. Il plissa un peu les yeux en jaugeant Eryn du regard. Il se demandait si elle le prenait vraiment pour un idiot, ou s’il y avait quelque chose de vrai dans ce qu’elle disait.

« Admettons que je vous croie et que j’accède à votre requête, que je vous donne éventuellement la possibilité de contacter le responsable du blocus. Qu’est-ce qui me dit que votre information capitale soit vraiment capitale ? Que ce soit une information qui me soit utile, et que ce n’est pas là un simple jeu de bluff digne des plus mauvais joueurs de poker ? Non, ma chère, ça ne fonctionne pas comme ça. Si vous voulez vraiment obtenir ce que vous voulez, autant prouver que vous êtes prête à vous ranger de mon côté : dites-moi donc de quoi il en retourne, et si vous avez vraiment contribué à sauver ma vie, alors vous en serez récompensée. »

Lui aussi pouvait très bien retourner la situation s’il le souhaitait. Lui aussi pouvait raconter des mensonges s’il le voulait. Il jouait à ce jeu-là bien avant elle.



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Eryn Blake
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Sam 2 Mai - 11:23

Eryn fronça les sourcils.
Dialogue de sourds. Gallagher faisait son malin, avec son vin et ses longs discours, mais elle ne marchait pas. Elle refusait la conversation où la manipulation. Elle refusait tout simplement d’être un cobaye. Et surtout, surtout, elle refusait de le sauver. En fin de compte, sa colère prenait la forme d’une impassibilité cruelle ; plutôt que de laisser sa fureur parler dans une explosion de violence, elle refusait tout bêtement de lutter. La fin de Gallagher viendrait bien assez tôt.

Un haussement d’épaule fataliste chassa le monologue alambiqué du rhéteur. Rhéteur dont l’art n’avait pas la moindre utilité. Le pire, c’était qu’il avait tout simplement mal jugé Eryn, ou alors qu’il était trop attaché à son excentricité pour comprendre qu’avec elle, les longues diatribes ne faisaient pas mouche. Il fallait être bien plus direct, bien plus abrasif, pour pouvoir espérer être entendu de l’ex membre des forces spéciales. Pas qu’elle fût stupide, simplement qu’elle n’était pas une adepte des palabres. Économie de mouvements en combat, économie de munitions, économie de mots. Simple stratégie.

Son regard glissa sur Charlotte.
Et elle ? En dépit de sa traîtrise, méritait-elle de s’en sortir ? De toute façon, elle restait sa meilleure option… Parce que Gallagher sonnerait l’alerte. Un mauvais pressentiment lui labourait les tripes, et il lui fallut un moment pour qu’elle comprît que ce n’était que D47 qui avait pénétré les lieux. Peut-être que les caméras de sécurité de Gallagher lui signalaient du grabuge en bas ? Ou un voyant s’était allumé dans un recoin de la pièce, établissant un état d’urgence ? Ou bien avait-il un appareil minuscule qui grésillait à ses oreilles les échos des coups de feu et des hurlements de douleur ?

Quoi qu’il en fût, Eryn, elle, savait.
Il était trop tard, le temps imparti s’était écoulé.
L’échec se déversa sur elle, fit frémir son cœur dans une marée amère. Il lui faudrait faire une autre tentative, une fois le chaos passé. Du moins espérait-elle. Savoir que le PDG de la Neo Corp. allait payer pour les horreurs qu’il avait provoquées, au moins, lui conférait une maigre consolation.

Quand elle ouvrit la bouche, elle réalisa que ses lèvres étaient sèches, sa voix rauque. Même s’il ne lui était pas destiné, le piège se refermait sur elle, ses bras d’aciers lui murmurant l’inéluctable. Plus les mailles du filet se resserraient, plus son destin avait de chance d’être funestement lié à celui de son interlocuteur.

Vite.
Plus de temps à perdre.

« Trop tard. »

Elle braqua son arme sur Charlotte tout en faisant un pas vers elle, lui ordonna d’approcher, insista quand elle mit trop de temps à réagir. Puis, elle saisit rudement la secrétaire, plaquant le canon du Beretta sur sa tempe, l’entraîna avec elle, à reculons, vers la sortie.

« Vous sonnez l’alarme, et elle crève », déclara-t-elle.

De toute façon, il n’était pas dit que la sécurité était disponible.
Ou alors, ils étaient déjà en route, déterminés à former un dernier rempart entre le patron et la mutante évadée d’Alcatraz.

Les prises d’otages n’étaient pas le fort d’Eryn, mais elle espérait que Gallagher était suffisamment entiché de sa secrétaire pour qu’elle pût filer tranquillement. Ou alors qu’il fut assez malin pour se dire que, si Eryn filait avec elle, alors Charlotte serait en sécurité. Quelque chose dans ce goût-là. Car si Gallagher était un homme froid, sans cœur, prêt à sacrifier tous ses pions, alors elle en serait réduite à faire sauter la cervelle de Charlotte et serait condamnée à subir elle aussi la fureur de D47. Enfin, peut-être lui casserait-elle d’abord les os de la main histoire de convaincre le big boss qu’elle était sérieuse ?

Les scénarios se bousculaient dans la tête d’Eryn, tandis qu’elle guettait la réaction de Gallagher. La secrétaire, elle, était probablement terrorisée. Elle ne voyait pas son visage, mais entendait son souffle, devinait son pouls, ses tremblements.

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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Lun 4 Mai - 20:25

Eryn Blake hausse les épaules. Comme ça. Elle eut juste un haussement d’épaules. Gallagher haussa les sourcils, sans pouvoir s’en empêcher, et se demanda sincèrement  si elle le faisait exprès ou si elle avait vraiment la personnalité d’une écervelée. Elle ne voulait vraiment pas comprendre, visiblement. Elle avait tout le loisir d’accepter la main qu’il lui tendait, mais elle préférait compliquer les choses. Eh bien, très bien. Ça ne changerait rien au résultat. Peu importe les moyens qu’il faudrait entreprendre, mais il ferait en sorte qu’Eryn Blake ne sorte pas de cette tour. Elle n’en sortirait que les mains et pieds liés, encadrée par des gardes qui la mèneraient tout droit à Alcatraz. Où là, ses scientifiques feraient en sorte d’obtenir les réponses qu’il cherchait. Oh oui, il allait les obtenir, ces réponses. Si cette femme était la solution au problème, il n’allait certainement pas la laisser filer de quelque manière que ce soit.

Sauf que…

La situation prenait un tournant inattendu. Du coin de l’œil, il vit l’écran de la télévision, qui assurait actuellement sa fonction d’écran de surveillance, sortir de veille. L’image n’était plus fixée sur l’ascenseur, mais dans un couloir de la Neo Tower où des gardes armés passaient visiblement en courant. Un message d’alerte s’était affiché, en rouge sur le bas de l’écran. Jeffrey plissa les yeux pour essayer de le lire à distance. Ça avait l’air d’être le cas d’une intrusion. Perplexe, il ne chercha même pas à se cacher devant Eryn et Charlotte ; si ça les amusait, elles n’avaient qu’à jeter un coup d’œil à l’écran, elles aussi. Il n’avait pourtant pas encore donné l’alerte, pour Eryn Blake. Cette agitation ne pouvait donc pas lui être destinée. Mais alors qui ? Un complice ? Très certainement. Ah, la salope. Forcément. On couvrait un minimum ses arrières. Normal, en même temps. Le contraire l’aurait étonné.

Il se tourna à nouveau vers la brune, sourcils arqués, prêt à soupirer bruyamment pour lui montrer ce qu’il pensait de cette petite intrusion dans sa forteresse privée. Mais la voilà qui s’excitait, soudain, qui estimait que c’était « trop tard » et qui… eh bien oui, prenait littéralement Charlotte en otage, l’attirant à elle pour lui coller le flingue sur la tempe. Tiens donc. Elle voulait peut-être accélérer les négociations ? Visiblement… non. Elle cherchait à sortir. À nouveau perplexe, Gallagher se demanda ce que ce nouveau rebondissement signifiait. Si son complice était en bas, elle ne chercherait pas à fuir, pas vrai ? À moins que ce complice ne soit là que pour faire diversion en bas, possible aussi. Après tout, il n’y avait qu’un ascenseur qui menait jusqu’à ces appartements. Mais si elle avait lâché ce « trop tard », après avoir parlé d’une éventuelle menace pour sa vie, il se doutait que cette intrusion qui agitait ses effectifs en bas n’était pas seulement une diversion.

Il réfléchissait à plein régime, en suivant les deux femmes du regard. Il avait levé à demi les mains en l’air, presque par réflexe, comme pour faire comprendre à Eryn Blake qu’il ne chercherait pas à la contrer et qu’elle n’avait pas besoin de faire du mal à Charlotte. Son regard glissa sur cette dernière. Il pouvait voir le choc sur son visage. Elle n’avait pas dû s’attendre à vivre une journée pareille, en se levant ce matin… Ce fut plus fort que lui, comme pour détendre l’atmosphère alors que ce n’était pas du tout le moment, il s’adressa à sa secrétaire, l’ombre d’un sourire aux lèvres :

« J’ai toujours dit que ce ne serait pas facile de travailler pour moi, pas vrai ? »

Il se rendait compte qu’en disant ça, il aurait pu laisser entendre que le sacrifice de Charlotte était un mal nécessaire pour arriver à ses fins et qu’il essayait de le lui faire comprendre. Mais il n’en était rien. Il n’était pas encore prêt à ce sacrifice là, pas alors qu’il s’agissait de Charlotte et qu’il existait encore d’autres solutions pour arriver à ses fins. Il garda les mains en l’air et rapporta son attention sur Eryn. Il espérait qu’elle ne soit pas suffisamment désespérée pour tuer une innocente comme ça, à bout portant, juste pour sauver sa peau. On ne reconnaissait presque plus la militaire en elle. Il était tenté de lui en faire la remarque, juste pour porter encore un coup, mais un élan de prudence inespéré le fit taire. Il préféra être sérieux, cette fois, et inclina légèrement la tête comme pour signifier à Eryn qu’elle pouvait y aller, qu’il ne tenterait rien.

« Je n’ai pas donné l’alarme et je ne vais pas le faire, vous avez ma parole – pour ce qu’elle signifie pour vous. Mais visiblement, ça s’agite en bas. Je ne peux rien faire pour ça. Sauf si peut-être, vous me disiez de quoi il en retourne avant que vous ne disparaissiez dans cet ascenseur avec mon employée la plus fidèle ? »



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Charlotte G. Hawkins
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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Mar 5 Mai - 13:21

Lorsque Gallagher reprit la parole, Charlotte crut qu’il avait été prêt à revenir sur son offre, et à écouter ce qu’Eryn avait à dire. Sauf qu’il mettait en doute l’importance de son information, qu’il ne pouvait rien accepter tant qu’il ne saurait pas ce qu’elle cachait. Une impasse, encore, et Charlotte savait très bien comment cela allait finir : Eryn n’accepterait pas de révéler quoi que ce soit et Gallagher ne reviendrait pas sur cette énième proposition. Charlotte ferma les yeux un instant, cherchant elle-même un compromis pour les deux partis, en vain : il n’y avait rien à faire. Elle restait du côté de Gallagher, coûte que coûte, et ne trouvait aucune solution qui puisse profiter à Eryn aussi, qui puisse éventuellement la faire pencher de leur côté. Elle était butée et même si ses objectifs n’étaient pas vraiment clairs pour la blonde, elle savait qu’ils n’avaient rien à voir avec ceux de la Neo Corp. Il n’y avait rien  à faire, et cette situation angoissait Charlotte parce qu’elle ne pouvait rien faire pour arranger les choses, pour faire céder Eryn. Elle avait cette horrible impression que tout ceci allait mal finir et qu’elle serait sûrement en première ligne.

L’écran de télévision s’alluma alors et Charlotte suivit le regard de son patron. Elle vit alors les gardes s’agiter dans les couloirs qu’elle connaissait si bien et quand elle se tourna à nouveau vers Gallagher, son attitude perplexe l’inquiéta : il n’avait visiblement pas demandé du renfort. Il ne serait pas surpris par ce genre d’image, sinon. Il était suffisamment bon acteur pour cacher ses réactions : ici, il ne s’était vraiment pas attendu à cette agitation. Charlotte se tourna vers Eryn, se demandant si elle savait quelque chose, si elle avait des complices dans l’histoire et si son intrusion à la Neo Corp. était vraiment préparée ou non.

Tout était en train de basculer. Lorsqu’Eryn braqua son arme sur elle, Charlotte se figea.  Incapable de faire un mouvement, elle hésita à se rapprocher, alors que la militaire le lui ordonnait. Elle finit par lever les bras et avancer vers elle : que pouvait-elle faire d’autre, de toute façon ? Elle n’avait pas d’armes, elle n’avait pas la force de se défendre contre elle. Lorsqu’Eryn plaqua le canon de son arme sur sa tempe, Charlotte frémit. Elle était sérieuse, elle ne jouait plus : elle était prête à la tuer si Gallagher tentait quelque chose. Charlotte regarda alors son patron, désespérée. Tout ceci, c’était de sa faute, mais elle n’arrivait pas à lui en vouloir totalement. Elle n’eut pas la force de lever les yeux au ciel à sa remarque, ni afficher un air blasé. Elle était juste terrorisée, choquée de se retrouver en otage et impuissante. Elle ne voulait pas finir comme ça. Elle revoyait sa famille, la maison de ses parents au Kansas et là, tout de suite, elle regretta d’avoir eu de l’ambition et être partie de sa campagne. Elle voyait ses parents, ses frères, ses sœurs, ses neveux et nièces. Elle ferait n’importe quoi pour être avec eux, en ce moment. Pour ne pas avoir à porter le secret de la Neo Corp. Pour ne pas être là, avec une femme prête à lui tirer une balle dans la tête. Elle voulut parler, rester diplomate avec Eryn, en lui disant qu’elle n’était pas obligée de faire tout ça, qu’il y avait encore des solutions mais elle n’en eut ni la force, ni le courage. La peur de finir comme ça lui broyait l’estomac et elle n’arrivait plus à se calmer, à contrôler sa respiration ou reprendre ses esprits.

Elle prit la décision de se plier à tout ce qu’Eryn allait lui demander. C’était la meilleure des choses à faire, non ? Ainsi, elle ne résista pas alors qu’elle reculait, en direction de la sortie, puis de l’ascenseur. Eryn refusa de révéler à Gallagher ce qu’il se passait en bas – le savait-elle vraiment ? Charlotte doutait – et continua à reculer. Charlotte lança un dernier regard à son patron, inquiète : elle était incapable de le haïr, même en ce moment, alors qu’il n’allait rien faire pour elle. Son employé la plus fidèle ? Il n’avait pas tord. Etait-il suffisamment sûr qu’Eryn ne lui ferait rien pour prendre ce risque ? Ou se fichait-il royalement d’elle, au fond ? Même après six ans, Charlotte ne savait pas dire si son patron l’estimait réellement et tenait à sa personne. Peut être respectait-il son travail, son efficacité, mais du reste ? Il y avait certainement des centaines de secrétaire aussi efficaces. Sauf qu'il n’en trouverait jamais une aussi fidèle et attachée à son travail, aussi ingrat soit-il.

Les deux femmes disparurent dans l’ascenseur. Charlotte osa un regard vers Eryn mais la vision de l’arme toujours braquée sur elle la fit frémir à nouveau. Elle comprit ce qu’Eryn attendait d’elle : c’était un peu son boulot d’anticiper les demandes. Alors, elle se tourna vers le petit écran de l’ascenseur, y passa sa carte, déclina son identité et entra des codes, tremblant encore : rien ne disait qu’elle était hors de danger.

« Il y avait d’autres solutions. Vous n’étiez pas obligée d’en arriver là. »

Charlotte osa enfin quelques mots, sans pour autant la regarder. L’ascenseur se mit en marche et elle se retourna. Elle préféra néanmoins fixer le sol, pour ne pas voir cette arme et l’hostilité d’Eryn, qui l’ignora totalement. La descente lui parut longue, très longue. Que lui arriverait-il quand les portes s’ouvriraient ? Eryn pouvait toujours lui tirer dessus, et s’en aller. Après tout, peut être qu’elle voulait se venger, à présent qu’elle savait que Charlotte l’avait trahi ? Ce serait légitime. La secrétaire s’en voulait d’avoir fait confiance à cette femme, d’avoir provoqué tout ça, en quelque sorte. Elle n’arrivait pas à être en colère contre Gallagher, contre Eryn. Elle l’était contre elle : la peur d’avoir une mutation l’avait rendu faible et l’avait conduit à faire des erreurs. Ce soir, elle récoltait peut être ce qu’elle méritait, au fond.

Elle abandonna l’idée d’avoir une réelle conversation avec Eryn : à quoi cela servait-il de toute manière ? La descente prit fin, et l’ascenseur s’arrêta au niveau du parking. Charlotte fut poussée dehors en première, Eryn suivit. Il n’y avait plus aucun garde ici : l’agitation les avait peut être tous ameutés en haut ? C’était probable. Charlotte finit par regarder Eryn, qui avait baissé son arme. La secrétaire en était soulagée, mais elle n’arrivait pas à se détendre complètement, craignant une feinte de sa part. Il n’en fut rien : un échange de regards et la militaire finit par partir, la laissant aux portes de l’ascenseur, seule. Elle pouvait sortir sans pass, de toute façon, et elle devait se souvenir de la sortie. Elle n’avait plus besoin d’elle, et elle avait pris la décision de l’épargner. Elles étaient quittes, et Charlotte espérait ne jamais la revoir. Jamais.

La jeune femme hésita un instant. Qu’est-ce qu’elle était censée faire, maintenant ? Elle ne pouvait pas rentrer chez elle. Pas maintenant, pas comme ça, alors que cette fin de journée avait été éprouvante. Elle ne voulait pas se retrouver seule mais elle n’avait sûrement pas le droit de parler de ça à quelqu’un. Elle n’avait qu’une solution : remonter. Gallagher lui devait des explications. Et, elle voulait savoir ce qu’il se passait à l’intérieur. Elle voyait encore l'image du canon sur elle, et le seul moyen d'effacer ça un instant était de se plonger dans le travail, quitte à rejoindre son bureau et s'occuper de dossiers en attente. Son travail résolvait tous ses problèmes, lui faisait tout oublier, en temps normal. C'était la meilleure des choses à faire, la seule peut être.

Charlotte fit demi-tour, entra dans l’ascenseur qui n’était pas remonté et refit le chemin inverse. Elle tremblait encore, se posant une multitude de questions. Pourquoi Eryn l’avait-elle laissé seule ? Quel était donc son information capitale ? Pourquoi était-elle encore en vie ? Elle commençait à fatiguer et alors que l’ascenseur montait, elle s’appuya contre le mur, se passant une main sur le visage. Elle était soulagée d’être encore là, mais elle avait encore cette angoisse et ne cessait de revoir cette arme sur elle, le regard froid et hostile d’Eryn Blake, et son patron qui ne faisait rien pour elle.

L’ascenseur s’arrêta et Charlotte inspira un grand coup, puisant dans ses dernières forces. Après quelques secondes, elle s’avança dans l’étage et entra à nouveau dans les appartements de Gallagher.

« Vous me devez des explications, là. Vous savez ce qu’il se passe ? »

Charlotte fut un peu plus autoritaire qu’elle ne l’aurait voulu. Mais elle était fatiguée, las et elle regrettait tout ce qui venait de se passer. Elle n’était plus en mesure de faire preuve de politesse, ou de diplomatie. C’était en partie de sa faute, elle en était persuadée, et c’était aussi de la faute de son patron qui s’était entêté à ce qu’elle lui ramène Eryn. Mais s’était-il attendu à ça ? Pas forcément. Elle regarda à nouveau l’écran de télévision, encore allumé, cherchant un maigre indice de ce qu’il se passait.


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Message Sujet: Re: Final Act [Part II] | Jeu 7 Mai - 11:02

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Final Act [Part II]

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