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Sasha Campbell

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Girl on Fire

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Sasha Campbell
Girl on Fire
Message Sujet: Sasha Campbell | Ven 28 Déc - 18:18




Sasha Campbell


feat. Elle Fanning

Identité


Âge: 15 ans
Contamination: Mutant
Pouvoir éventuel: La pyrokinésie. Sasha peut manipuler le feu mais pas le créer. A partir d'une flamme déjà existante, elle peut augmenter l'intensité du feu ou la réduire et même lui faire prendre une forme précise. Cependant, elle ne maîtrise absolument pas sa mutation et peut très vite provoquer une catastrophe lorsqu'elle est énervée, stressée ou trop heureuse. Elle a également peur de ce qu'elle peut faire car elle sait que le feu est dangereux pour les autres et du coup, elle rechigne à s'entraîner et essayer de contrôler sa mutation, préférant la rejeter pour faire de mal à personne. Elle a cependant remarqué lors de quelques essais pour faire plaisir à son frère qu'elle était moins sensible à la chaleur, que son corps n'avait plus une température normale lorsqu'elle s'approchait d'une flamme et qu'elle ne se brûlait pas lorsqu'elle avait un contact prolongé avec le feu.

Personnalité
Sasha a longtemps était une fille sage et calme car elle ne voulait pas poser de problèmes par rapport à ses parents qui semblaient ne pas l'aimer autant que son frère. Elle a donc toujours voulu être serviable, aimable et sans problème, mettant un point d'honneur à tout réussir à la perfection ce qu'elle faisait – perfectionnisme qui lui est resté. A l'école, c'était une petite studieuse, qui n'oubliait pas ses devoirs ou ses leçons à apprendre. Elle essayait de faire au mieux pour que ses parents soient fiers d'elle et reconnaissent qu'elle était la petite fille qu'ils ont toujours rêvé d'avoir, une fille parfaite.
Tout ceci, c'était valable avant son adolescence. A partir du moment où elle alla au collège, elle se rendit compte que quoiqu'elle fasse, ce ne serait jamais à la hauteur des attentes de ses parents et elle en eu marre de faire tous ces efforts qui ne servaient à rien. Alors, elle décida de se rebeller un peu, prenant de plus en plus d'assurance, devenant de plus en plus franche, avec les encouragements de son frère qui plus est. Elle commença à répondre à son père, qui n'appréciait guère, et elle eut pas mal de punitions. Sasha prit goût au danger et devint un peu casse-coup sur les bords. Elle n'aimait pas rester chez elle, au calme, il fallait qu'elle sorte, qu'elle voit du monde, qu'elle passe ses journées à l'extérieur. Elle est aussi devenu très débrouillarde et indépendante, ne supportant plus l'aide de ses parents pour faire quoique ce soit. Il n'y avait que son frère qui comptait. Toujours aussi réfléchie cependant - et plutôt mature pour son âge, influence de son frère oblige -, elle ne délaissait pas ses études pour autant, bien consciente que plus tard, ce serait le seul moyen pour elle de quitter le cocon familiale pour de bon. Elle espérait faire ses études loin de San Francisco, loin de ses parents. Seul son frère lui manquerait : il était le seul à arriver à lui faire céder sur quelque chose, Sasha étant très têtue et toujours persuadée d'avoir raison. Sasha ferait tout pour son frère, c'est bien le seul à qui elle s'ouvre, restant très réservée sur ses problèmes. Elle garde toujours tout pour elle, jusqu'au moment où elle finit par craquer. En résumé, Sasha est une adolescente un peu rebelle, sans projets d'avenir précis, un peu comme les autres. Sauf que ce n'était pas tout à fait ça.

Sasha est une mutante. Elle l'a découvert depuis peu mais elle ne l'a pas encore accepté. Elle vit désormais à la rue et même si elle s'en sort assez bien parce qu'elle a toujours été habitué à se débrouiller seule, elle ne le vit pas bien. Avant toujours très souriante, elle ne l'est plus, ayant perdu tout espoir de quitter la ville, ne supportant pas du tout l'idée d'avoir un don. Le confort de la maison familiale lui manque, de même que son quotidien. Elle s'est découvert un côté qu'elle ne connaissait pas d'elle : elle n'est pas aussi forte qu'elle le croyait et a tendance pour pleurer pour n'importe quoi en ce moment. Elle se trouve trop fragile, trop faible et avec son pouvoir, elle ne se reconnait plus. Seul l'aide de son frère lui fait tenir le coup. L'école lui manque aussi, ses amis notamment : le peu de visites de Matthew ne suffit pas à remplacer les discussions entre filles qu'elle avait avec sa meilleure amie – comme toutes les filles, Sasha était très bavarde -, ni à combler le manque de présence humaine. Elle reste tout de même méfiante lorsqu'elle rencontre quelqu'un, restant toujours sur ses gardes : son frère lui avait bien fait comprendre que si les Peacekeepers la capturerait, ce ne serait pas une bonne chose et, elle vivrait mal l'enfermement, ayant toujours aimé être libre. Enfin, elle aimerait trouver quelque chose pour l'occuper, pour la sortir de cet ennui infernal, prendre des risques seraient peut être plus intéressant que de rester cachée dans un placard 24h/24.

Physique: Comme toutes les jeunes filles de son âge, Sasha n'a qu'une piètre opinion d'elle-même : elle se trouve trop grande, trop pâle, pas assez mince ... Elle pourrait faire un roman entier sur les défauts de son physique, défauts pas toujours objectifs mais elle reste une adolescente et par définition, elle s'invente des tas de complexe.

Sasha est grande pour ses quinze ans, elle a atteint depuis longtemps le mètre soixante-dix : elle dépasse tous les jeunes de son âge en général et sa taille est son complexe numéro un depuis un moment déjà, quand elle a commencé à grandir, à paraître plus vieille que son âge, trop tôt par rapport aux autres. Elle a une silhouette fine et élancée ensuite mais si elle pouvait avoir quelques kilos en moins, ça l'arrangerait aussi. Sasha a un teint très pâle, trop pâle à son goût, elle dit souvent qu'elle ressemble à un vampire. D'après son frère, elle a plutôt une tête de poupée avec ses yeux bleus, son teint et ses cheveux. Sasha a en effet de longs cheveux blonds, lisse le plus souvent, qui tombe au milieu de son dos. Elle refuse de couper malgré l'avis de sa mère qui, selon elle, elle n'a plus l'âge d'avoir de si longs cheveux mais Sasha part du principe que c'est ses cheveux donc c'est à elle de décider.

Côté vestimentaire, Sasha a plutôt intérêt à bien s'habiller, ordre de sa mère qui ne supporte pas de la voir débraillée. Adieu les jogging ou les vêtements trop larges. Sa mère estime que même si elle n'a pas beaucoup de formes, il faut qu'elle se mette en valeur dans tous les cas. Sasha était donc à la pointe de la mode à n'importe quelle occasion mais au fil du temps, elle commença à prendre goût toute cette mascarade et comme toutes les filles de quinze ans un peu normale, elle adore faire le shopping. C'est la seule chose qui lui permet de passer un peu de temps avec sa mère et elle veut en profiter, même si elle reste infecte avec elle. Sasha a donc développé un certain talent pour accorder ses habits et elle aime toutes sortes de vêtements, même si elle avoue être beaucoup plus à l'aise en jeans qu'un jupe ou en robe : d'après sa mère, ses longues jambes sont un atout et les jupes lui vont bien mieux que de simples pantalons. Elle l'écoute alors, de temps en temps, même si elle ne ressort jamais d'un magasin sans un nouveau pantalon. Aujourd'hui, pour des raisons pratiques et parce qu'elle est bien mieux ainsi, elle ne porte que des jeans et divers pulls que son frère lui ramène, lorsqu'il la voit. La mode a beaucoup moins d'intérêt maintenant qu'elle vit à la rue et qu'elle est recherchée par les Peacekeepers.

Opinions


Impact de la situation: Sasha a vécu plus de deux mois sans savoir qu'elle était une mutante et elle se fichait complètement de la situation catastrophique de la ville : personne de sa famille n'était touché par les mutations et elle avait, selon elle, des problèmes bien plus importants. Être coupé du monde ne la dérangeait pas plus que cela, d'autant qu'elle était rassurée par son frère et par tous les messages que lançait la Neo Corp..

Elle vivait donc la situation plutôt bien jusqu'à l'anniversaire de son frère, le jour où sa mutation se déclara, alors qu'elle s'énervait à cause de ses parents. Depuis, Sasha est totalement perdue : elle n'a plus de repères, plus de maison, plus de vie, elle est une mutante, un monstre. Elle a toujours été habituée à vivre dans un certain confort, elle essaie désormais de se trouver une place dans les zones désertées de la ville, comme lui a conseillé son frère, qui lui donne rendez-vous régulièrement pour veiller sur elle, encore et toujours. Elle a entendu parler d'un groupe de mutants qui pourrait l'aider mais elle hésite à aller les trouver : elle n'accepte pas sa mutation, elle a juste envie que sa vie redevienne normale, comme avant. Mais elle se dit que le groupe de mutant rebelle pourrait lui convenir : elle pourrait peut être trouver quelqu'un aussi perdu qu'elle et serait peut être plus en sécurité auprès d'eux. A quinze ans, elle n'est pas censée vivre à la rue, toute seule et malgré son pouvoir, elle est sans défense, incapable de se battre. Elle évite donc au maximum de croiser des gens, de peur qu'on lui fasse du mal. Cependant, elle a toujours été habituée à avoir quelqu'un auprès d'elle, son frère et quelques amis et les relations humaines lui manquent terriblement : elle a besoin de parler, de se confier, de partager quelque chose constamment, or là, elle ne peut pas et doit se méfier de tout le monde, elle en a conscience. La vie est trop risquée dans les bas-fonds de la ville pour une jeune fille comme elle. Et son frère lui a vivement conseillé de ne parler à personne, ce qu'elle fait en général mais il y a toujours des exceptions. Elle reste cependant sur ses gardes, tout le temps.

Sasha ne se fait dont pas à sa nouvelle vie et c'est d'autant plus compliqué qu'elle rejette sa mutation, estimant qu'elle est bien trop dangereuse car non contrôlée. Mais elle ne veut pas s'entraîner : cela voudrait dire, pour elle, qu'elle accepte son pouvoir et ce n'est pas le cas. Pourtant, elle fait un effort quand son frère la pousse vraiment car lui, il veut comprendre pourquoi elle a ce « don » comme il l’appelle et voir comment il fonctionne. Sasha n'aime pas s'exercer mais elle ne veut pas le contrarier, alors elle le fait, pour lui, quand il est là avec elle pour la soutenir. Pour le moment, elle n'a aucune envie de s'en servir et elle a dû mal à se faire à l'idée que maintenant, sa vie est totalement différente. Jamais elle aurait pu penser qu'elle pouvait être pire et pourtant, c'est le cas.

Soi réel



Pseudonyme: Charlie jusque maintenant ;)
Comment avez-vous connu ce forum: DC de Charlie huhu
Autre chose ?: Je suis fan *___*



Shut Down soutient la création; cette fiche a été codée par Orange de CSSActif




    welcome to my life
    » When you feel my heat look into my eyes, it's where my demons hide. Don't get too close it's dark inside, it's where my demons hide •• unbreakable.


Dernière édition par Sasha Campbell le Dim 30 Déc - 12:45, édité 6 fois
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Sasha Campbell
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Ven 28 Déc - 18:19


Histoire



CHAPITRE 1


- Toutes mes félicitations, c'est une petite fille !

Les cris d'un nouveau-né résonnèrent dans la salle d'accouchement devant l'air choqué de deux adultes. Garrett Campbell pris le médecin à part, alors qu'une sage femme présentait la petite à sa mère, Olivia Campbell, qui l'accepta à contre-coeur.

- On nous avait dit que c'était un garçon ! C'est quoi le problème là ? Demanda Garrett au médecin, qui le regarda, sans trop comprendre le problème.
- La médecine fait des erreurs, mais c'est bien une petite fille, soyez rassuré …
- Rassuré ? On a tout prévu pour un garçon nous, on voulait un garçon, pas d'une …
- Garrett.


Le ton commençait à monter, Oliva s'en était bien rendue compte et, n'aimant pas vraiment les scandales, elle préféra arrêter son mari au bon moment. Elle le connaissait, il pouvait aller loin, prendre un avocat pour attaquer leur gynécologue … Alors autant le calmer tout de suite. Elle ne voulait pas d'une fille non plus. Elle n'avait même pas voulu d'un deuxième enfant : ce bébé était un accident, un accident remarqué trop tardivement. Elle regarda un instant les grands yeux bleus de sa fille mais n'arriva pas à changer d'avis, elle ne voulait toujours pas d'elle. Seulement, il fallait faire avec : ils avaient une fille au lieu d'un garçon, une petite sœur pour leur premier enfant, Matthew, leur fils prodigue et tant choyé de sept ans.

- Une fille. C'est bien aussi, finit par dire Garrett, sans le penser réellement cependant.

Garrett avait toujours voulu d'un seul enfant lui aussi et un fils, pas de fille. Cette « chose » arrivait mal, mais lui comme Olivia devait l'accepter. La grossesse de sa femme n'avait pas été facile, ils ne l'avaient remarqué qu'au bout de cinq mois : déni de grossesse selon les médecins et il était trop tard pour avorter, malheureusement. Néanmoins, on leur avait annoncé que ce serait un garçon alors la pilule fut bien plus vite avalée : la solution de le faire adopté fut bien vite écartée. Il avait même fini par accepter l'idée d'avoir un second enfant, jusqu'à la naissance. Une fille. Qu'allait-il faire d'une fille ? Garrett Campbell était un avocat assez renommé qui gagnait bien sa vie avec son propre cabinet. Il espérait qu'un jour, son fils, Matthew, prendrait la relève. Pas d'histoire d'héritage, pas de litige, tout ce qu'il avait construit reviendrait à son fils, son fils unique. Maintenant qu'il avait une fille, tout le monde penserait que son testament allait être édité. Eh bien, non. Sa fille ne signifierait rien pour lui et elle ne serait jamais assez douée pour hériter de son cabinet, même en co-gestion avec l'aîné. Garrett avait des idées bien arrêtées sur les capacités des femmes à travailler, ce qui agaçait par moment sa femme. Ancienne mannequin, elle ne faisait plus rien de sa vie et passait son temps à rêvasser, dans leur confortable maison des hauts-quartiers. Garrett avait refusé qu'elle reprenne le travail parce qu'il voulait gérer lui même l'argent de la famille. Enfin, cette vie plaisait bien à Olivia, qui avait tout ce qu'elle voulait jusqu'à maintenant. L'arrivée de leur fille allait poser quelques problèmes, c'était certain, mais elle comptait bien continuer à vivre comme elle le faisait et Garrett pensait la même chose. Ils s'étaient mariés dix ans auparavant et leur couple, malgré quelques conflits, résistait. Ils s'aimaient, aimaient leur vie, aimaient leur fils … Leur fille n'était pas prévue, mais ils pouvaient pas l'abandonner, ce serait mal vu auprès de la famille. Comment expliquer une chose pareille alors que Garrett et Olivia n'arrêtaient pas de dire à tout le monde qu'ils étaient ravie d'avoir un nouvel enfant ? Sauvegarder leur image de famille heureuse, c'était essentiel à leurs yeux.

- Nous aurions besoin d'un prénom pour la petite …

Une femme, stagiaire vu son jeune âge, s'était approchée du couple. Garrett avait rejoint Olivia quand ils avaient emmené leur fille pour les premiers soins des nouveaux-nés. Il l'avait à peine vu et s'en fichait un peu : il avait hâte que tout ceci soit fini et qu'ils retrouvent tous un quotidien normal. Il regarda sa femme qui semblait aussi perplexe que lui. Ils avaient réfléchi à un prénom pour un garçon. Pas pour une fille. Encore une fois, ils devaient s'adapter, sauf que ni l'un, ni l'autre, n'avait envie de se prendre la tête sur le choix d'un nouveau prénom. Garrett coupa court à sa propre réflexion intérieure.

- Je te laisse choisir, peu importe le prénom, ce sera la même chose.

Olivia regarda son mari, hébétée : elle aurait préféré avoir un peu de soutien. Ce n'était pas sa faute s'il n'avait pas eu le garçon qu'ils avaient fini par vouloir. Choisir le prénom de sa fille n'était pas un cadeau, elle était fatiguée, elle souhaitait se reposer … Elle fini par hausser les épaules, totalement désintéressée par le sujet.

- Sasha, ce sera Sasha.

C'était le prénom choisi à la base dans l'optique que leur enfant soit un garçon et il était certes, original pour une fille, mais ce n'était pas dégradant non plus, la petite n'en souffrirait pas. Son mari n'émit aucune objection, Olivia en conclut donc que le prénom lui convenait. La jeune infirmière nota alors d'autres informations sur un carnet et finit par laisser le couple seul. Ils ne prononcèrent pas un mot, ils n'en avaient pas besoin pour se comprendre. Dès le lendemain, Garrett engagerait des gens pour refaire la chambre prévue pour l'enfant, pour montrer à tout le monde qu'ils n'étaient pas déçus de ne pas avoir de deuxième fils. Ils allaient lui faire une chambre parfaite de petite fille, ce serait suffisant. Olivia commanderait dans des magasines toutes les jolies robes qu'elle pourrait trouver, pour rendre la petite la plus jolie possible, la plus présentable possible. Elle ne supporterait pas qu'on l'accuse de négligence. Non, sa fille aurait les plus beaux vêtements du monde, elle l'habillerait à la pointe de la mode, toujours – ce serait bien le seul avantage d'avoir une fille. Leur petite ne manquerait de rien matériellement, pour les apparences. Par contre, tous deux savaient qu'ils ne la voulaient pas et qu'ils ne pensaient pas à arriver à l'aimer comme ils aimaient leur fils. Ils n'avaient pas eu le coup de foudre, comme à la naissance de Matthew. Ce n'était pas la même chose et les années à venir risquaient d'être difficiles, pour eux comme pour elle.

~~~

Garrett avançait dans les couloirs de l'hôpital, tenant son fils par la main. Matthew était ravie de pouvoir enfin revoir sa mère et, surtout, rencontrer pour la première fois sa nouvelle petite sœur. Elle était née trois jours auparavant, son père était rentré très tard ce soir là, l'air dépité. Du haut de ses sept ans, Matthew ne comprit pas tout de suite et il eut peur un instant qu'il soit arrivé quelque chose de grave. Il savait que sa mère était enceinte, il avait bien assimilé la leçon donnée par ses parents concernant la naissance de son petit frère. Ses grands-parents, qui l'avaient gardé, lui avaient dit que tout serait différent mais qu'on l'aimerait toujours autant. Matthew, c'était le fils choyé, une bouille adorable. Tout le monde avait envie de prendre soin de lui, tout le monde le gâtait. En plus de ça, sa mère avait tout fait pour le faire inscrire dans une grande école privée, reconnue pour ses excellents résultats et Matthew était particulièrement intelligent, toujours intéressé par tout ce qui l'entourait. Ses parents avaient voulu faire de lui le fils parfait et, pour le moment, c'était réussi. A sept ans, c'était aussi un musicien accompli : il avait commencé très tôt l'apprentissage du piano, poussé par son grand-père, pianiste retraité, qui avait vu en lui en grand potentiel. Matthew était le centre de cette petite famille, le seul fils, le seul petit-fils. Et il savait en profiter.

Seulement maintenant, tout allait changer. Il avait une petite sœur. Son père lui avait annoncé la nouvelle en rentrant mais contrairement à lui, Matthew ne fut pas déçu un seul instant. Il prenait son nouveau rôle tellement à cœur qu'il se fichait complètement de savoir s'il avait un petit frère ou une petite sœur. Un petit frère l'aurait arrangé, certes, mais il allait avoir des responsabilités maintenant, il allait être grand. Il avait parlé de l'événement en classe, à ses camarades, à ses professeurs. Les adultes lui avaient expliqué des notions importantes comme le partage ou son rôle de protecteur. Les enfants, eux, étaient plus divisés mais Matthew retenait qu'il aurait quelqu'un avec qui jouer lorsqu'il s'ennuyait ou lorsqu'il partirait en vacances. Il aurait toujours quelqu'un à ses côtés et cette idée lui plaisait. Il s'était imaginé tous les jeux auxquels il pourrait jouer avec son petit-frère et même s'il avait une petite sœur au final, ce serait pareil pour lui. Il n'aurait qu'à adapter ces jeux pour qu'ils plaisent aussi aux filles. A l'inverse de ses parents donc, il était heureux d'avoir une petite sœur.

Garrett ouvrit la porte de la chambre d'Olivia, qui était allongée dans son lit, un livre à la main. Son visage s'illumina à la vue de son fils, qui accourut vers elle, les bras tendus pour qu'elle le serre dans ses bras. Matthew n'avait jamais été séparé de sa mère plus d'une journée, il était soulagée de voir qu'elle allait bien et il était fier d'avoir surmonté cette épreuve. Après s'être assuré que tout allait bien, son regard se posa sur un berceau, à proximité du lit.

- C'est ma petite sœur ? Demanda-t-il, émerveillé.

Il n'eut comme réponse qu'un simple hochement de tête mais il ne remarquait pas le manque d'enthousiasme de ses parents. Tout ce qui comptait à ses yeux c'était elle. Sasha, la voilà enfin. Matthew changea d'attitude, impressionnée à l'idée de la voir. : un bébé, c'était petit, fragile, il ne voulait pas lui faire de mal. Assis sur le lit, il se redressa pour l'observer. Il savait qu'il n'aurait pas le droit de la tenir dans ses bras, ses grands-parents l'avaient prévenu, il ne fallait pas la faire tomber, c'était dangereux. De son observatoire, il ne voyait pas grand chose, le berceau étant éloigné du lit et, tout naturellement, il se tourna vers son père.

- Tu peux me porter Papa ?

Son père soupira mais il ne pouvait rien refuser à son fils, pas même d'éviter sa sœur. Matthew était trop petit pour atteindre le berceau médical de la petite et il tenait vraiment à la voir de près. Garrett s'exécuta alors, pris son fils dans ses bras et le souleva au dessus d'Olivia, qui trouvait la réaction de Matthew tellement adorable, elle avait eu peur un instant qu'il soit déçu de ne pas avoir de petit frère et pire même, qu'il lui en veuille. Au final, c'était le seul à prendre très bien la situation.

Matthew se sentit fort dans les bras de son père. Et, après une hésitation, il plongea enfin son regard dans les yeux bleus de sa sœur. Et là, il sut tout de suite qu'il ne pourrait que l'aimer, qu'elle sera merveilleuse et qu'il la protégerait. Il serait toujours là pour elle, quoiqu'il arrive. C'était sa petite sœur, il n'en aurait pas d'autres.


CHAPITRE 2


- Mamaaaan !
- Va jouer ailleurs, Sasha, j'ai du travail.


La petite fille, âgée de sept ans s'arrêta brusquement, alors qu'elle allait demander à sa mère si elle pouvait vérifier si elle avait bien réussi son exercice de mathématiques. Et elle ne l'avait même pas laissé parler : Olivia Campbell continua à pianoter sur son ordinateur, ignorant totalement sa fille, qui rebroussa chemin, montant les escaliers pour retourner dans sa chambre.

Sasha grandit dans des conditions particulières. Garrett, son père était constamment au travail et quand il était à la maison, il passait plus de temps à parler avec son fils et sa mère, se désintéressant de sa fille. Olivia, sa mère, avait été présente pour la nourrir, la changer, la mettre au lit mais elle n'avait pas le droit à un seul geste d'affection de sa part, ou très peu. Les seuls moments partagés où elles étaient un peu complices, c'était lors de sorties shopping, où Olivia était ravie d'habiller sa fille comme elle le voulait, comme s'il s'agissait d'une poupée. Et encore une fois, à la maison, son centre d'intérêt principal était son fils, Matthew. Ce dernier était le seul qui prêtait réellement de l'attention à la petite. Il la choyait, la protégeait, lui apprenait des tas de jeux et il lui montrait aussi comment faire certaines choses que ses parents rechignaient à lui apprendre. Et Sasha se rendit compte assez tôt que quelque chose n'allait pas, quand elle commença à ne plus voir le monde comme un jeu et quand elle commença à se fréquenter d'autres enfants, à l'école. La différence entre son frère et elle était flagrante de toute manière, elle ne pouvait pas ignorer le fait que ses parents ne se comportaient pas de la même manière, sauf en public, lors de réunions de famille ou des dîners entre amis. Là, bizarrement, Sasha était montrée comme un vrai petit ange, ce qu'elle était au fond : elle avait vite appris à ne jamais faire de caprice de peur d'être punie et ne leur causait jamais de problèmes. Elle restait discrète, quoiqu'il arrive, de peur de s'attirer les foudres de ses parents. L'école changea un peu son quotidien mais fut aussi l'occasion pour ses parents de se décharger au maximum de leur fille. Elle faisait partie, par exemple, des élèves qui faisaient la sieste l'après midi à la maternelle, parce que sa mère préférait l'emmener à l'école plutôt que de l'avoir toute la journée avec elle. Elle était du genre à respecter les règles : on lui demandait de ne pas faire de caprice, elle s'exécutait. On lui demandait d'être sage : elle le faisait. Elle n'était pas contrariante car, tout ce qu'elle voulait, au fond, c'était juste qu'on lui montre qu'on l'aimait rien qu'un peu.

Sasha s'arrêta machinalement devant la porte de la chambre de son frère qui était en train de s'entraîner au piano – même si, à ce stade, c'était plus de l'entraînement, étant donné qu'il était un musicien accompli. Elle aimait l'écouter jouer et, comme à son habitude, elle entra dans la pièce, sans se donner la peine de toquer : elle se permettait beaucoup de choses avec son frère parce qu'elle savait qu'il ne lui en voudrait pas. Âgé de quatorze ans, il continuait à penser que sa sœur était la meilleure des personnes qu'il connaisse, il ne l'avait jamais vu comme une petite sœur chiante.

Sasha s'assit sur son lit, l'écoutant finir son morceau. Elle venait souvent le voir, pour l'écouter jouer, quand ses parents n'étaient pas là pour lui dire de le laisser tranquille. Elle ne faisait rien de mal pourtant et ne comprenait pas pourquoi ils ne voulaient pas qu'elle aille le voir. Elle s’asseyait seulement, écoutait la mélodie et se perdait dans ses pensées. Mais elle avait l'impression que ses parents avaient toujours quelque chose à lui dire, qu'elle n'agissait jamais assez bien pour eux. Pire, elle avait l'impression qu'il ne l'aimait pas du tout. C'était peut être qu'une impression mais elle se posait de plus en plus de questions, surtout lorsqu'elle se comparait à son frère. Quoiqu'il fasse, il était toujours le fils prodigue alors qu'elle, malgré ses bons résultats scolaires, était relayée au second plan. Elle le ressentait de plus en plus : elle faisait d'énormes efforts pour être la meilleure élève en classe, mais ses parents ne la félicitaient pas. Elle entendait juste dire qu'ils étaient fiers de leur fille lorsqu'ils recevaient des amis, mais ils amenaient bien vite la conversation sur leur fils. Sasha se demandait ce qu'elle avait bien pu faire et pour une enfant de sept ans, ce n'était pas évident : elle s'en voulait de ne pas réussir à plaire à ses parents. Elle ne comprenait pas, tout simplement : pourquoi son frère avait droit à toutes les attentions et pas elle, alors qu'elle avait d'aussi bons résultats que lui, qu'elle était plus sage encore ? Perdue dans ses pensées, elle remarqua à peine que son frère avait arrêté de jouer. Ce dernier se tourna alors vers elle.

- T'as l'air contrarié, lui lança-t-il.

Oui, elle l'était. Sa mère n'avait pas voulu lui corriger son exercice, elle n'avait demandé que quelques minutes d'attention, elle avait à peine eu quelques secondes. Elle regarda son frère en soupirant. Il vint alors s’asseoir à ses côtés, l'incitant d'un signe de tête à tout lui raconter. Tous deux étaient si proches qu'ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre, comme de vrais jumeaux : Matthew lisait en Sasha comme dans un livre et inversement et ce, malgré leur sept ans d'écart.

- Maman m'a encore remballé. Je voulais juste qu'elle me corrige un exercice, elle m'a même pas laissé parler.
- Sasha, tu vas pas encore essayer de me prouver que Maman t'aime pas, c'est ridicule !

Elle avait fait part de ses doutes à son frère à plusieurs reprises, lui demandant d'abord pourquoi il avait droit à des fêtes fantastiques à chaque bulletin alors qu'elle, elle n'avait droit qu'à quelques billets pour aller ensuite faire du shopping à sa mère. Son frère lui, avait déjà posé plusieurs questions à ses parents parce qu'il n'aimait pas que sa petite sœur pense qu'elle était mal vu par ces derniers. Il s'était rendu compte d'un certain favoritisme au fil des années et quand Sasha avait commencé à lui en parler, lui demandant si lui aussi avait l'impression qu'ils n'agissaient pas vraiment de la même manière avec lui qu'avec elle, il n'avait pas su quoi répondre. Il préférait ignorer tout ça, pour éviter que sa sœur ait encore plus de peine. Du coup, il réfutait systématiquement les arguments que lui avançait Sasha.

- T'as vu Papa hier soir aussi ? Il m'a même pas adressé la parole, il m'a même pas demandé comment s'était passé la danse ...

Pour occuper les mercredis après midi de Sasha, ses parents l'avaient inscrite à des cours de danse classique depuis son entrée à l'école primaire. Elle se débrouillait bien et sa prof la complimentait énormément, mais ses parents s'en désintéressaient. Du moins, c'était le cas quand ils étaient à quatre : avec toute la famille, ils ne cessaient de mettre en avant ses qualités de danseuses. Au début, elle avait essayé de raconter ce qu'elle apprenait à ses parents, lorsqu'ils étaient à table par exemple, mais elle se faisait interrompre à chaque fois : elle avait fini par abandonner.

- Tu sais quoi ? On va faire un truc et je vais te montrer que les parents se comportent de la même manière avec toi qu'avec moi.

Sasha leva la tête. Elle ne voyait pas où son frère voulait en venir et lui lança un regard septique. Elle serait cependant soulagée s'il pouvait lui affirmer que leurs parents l'aimaient vraiment.

- Je vais rater mon prochain examen de piano.

Elle ouvrit les yeux en grand, choquée par sa proposition. Elle se redressa alors, jetant un regard sévère à son frère.

- Mais non ! Tu peux pas faire ça ! Attends, tu te rends pas compte, tu peux rater ça, c'est trop important !

Non, il ne pouvait pas rater son examen, pas pour elle. Ses parents misaient tout sur les talents de musicien de Matthew, ils voulaient faire de lui un professionnel, rater un examen serait une catastrophe ! Et il était là, à sourire, fier d'avoir trouvé quelque chose qui pourrait marcher.

- Si je le rate, ils vont me tuer, c'est obligé. Tu te souviens quand t'as foiré ta représentation à cause du stress ? Ils avaient été en colère. Et ben tu verras, ce sera la même chose, ils m'en voudront à mort ! Mon plan est juste génial !

Elle se souvenait effectivement de ce triste épisode. Ce n'était pas son premier spectacle de danse mais c'était le premier où ses parents avaient fait l'effort de venir. Cependant, elle fut très angoissée à l'idée de les décevoir et elle enchaîna les faux pas, manquant cruellement de grâce. Ils lui avaient dit qu'elle était la honte de la famille, que si elle continuait comme ça, elle ne prendrait plus aucun cours, ils ne voulaient plus dépenser de l'argent pour avoir ce résultat. Sasha avait donc redoublé d'efforts pour ne plus être submergée par le stress et le spectacle suivant avait été une réussite : elle n'eut cependant aucune remarques, aucun compliments. Encore une preuve que quelque chose clochait avec elle. Sauf que son frère refusait de voir qu'il était le préféré. Il avait toujours été choyé, il avait eu peur que cela change avec l'arrivée de sa sœur mais il n'en fut rien donc, il était heureux ainsi. Sauf que depuis que Sasha se posait des questions, il s'en posait ainsi et il avait envie de savoir ce qu'il se passerait si, une fois, il décevrait ses parents. La discussion était donc terminée, il ne céderait pas cette fois, il voulait tant avoir raison, montrer à sa sœur qu'elle se faisait des idées qu'il était près à faire rater son examen de piano, aussi important soit-il.

~~~

La semaine suivante, ce fut le jour J et Matthew ne se démonta pas : il bâcla son passage. Ses parents ne furent cependant pas en colère, comme ils l'avaient été pour Sasha et sa représentation de danse. Non, ils l’assaillirent de questions alors qu'ils rentraient, lui demandant ce qu'il s'était passé, s'il avait été trop angoissé et autres. Le lendemain, ses parents lui avaient offert une collection prestigieuse de partitions de musique, pour soit disant le remotiver. Son échec fut un drame pour eux, un drame qu'ils essayèrent de justifier, se préoccupant de la santé de leur fils. Sasha observa tout ça avec tristesse et le soir où Matthew reçu son cadeau, elle l'attendit devant sa chambre, les larmes aux yeux. Quelques minutes auparavant, ses parents l'avaient accusé d'être la cause de l'échec de son frère, parce qu'elle le déconcentrait trop lorsqu'elle venait le voir dans sa chambre, quand il jouait. Son frère était gêné, gêné de voir qu'ils n'avaient pas réagi de la même façon qu'avec sa sœur, gêné d'avoir tord. Le comportement de ses parents était bizarre et dans les jours qui suivraient, il ferait attention au moindre détail, au moindre événement qui pourrait confirmer les propos de sa sœur. Cette dernière le regarda et haussa les épaules.

- T'as vu, j'ai raison.

Matthew l'a prit dans ses bras, alors qu'elle fondait en larmes. Les mois suivants, il essaya de montrer à ses parents qu'il y avait un problème, en vain. Et il se jura alors qu'il aimerait toujours sa petite sœur et que s'ils ne voulaient pas prendre soin d'elle correctement, il le ferait lui-même. C'était sa sœur, il n'en avait qu'une, il ne voulait plus la voir pleurer comme ce soir-là. Sasha, de son côté, redoublait d'efforts pour faire plaisir à ses parents, essayant de se montrer plus adorable encore, plus serviable, mais ses parents, son père surtout, restaient insensibles. Elle ne partageait rien avec son père, sa mère, elle se montrait gentille uniquement lorsqu'il s'agissait de shopping ou de lui apprendre à être une fille parfaite. Le reste du temps, elle lui faisait des remarques ingrates sur son poids dès qu'elle grignotait trop, sur ses cheveux trop longs, sur un mauvais assemblage de couleur pour ses habits … Matthew avait alors expliqué à Sasha que sa mère, étant ancienne mannequin, devait être jalouse de la belle jeune fille qu'elle devenait, alors que les premiers signes de la vieillesse apparaissaient sur le visage de sa mère, qui restait quand même une belle femme. Matthew était un garçon intelligent et réfléchi, il savait trouver les mots juste lorsqu'il parlait à sa sœur et quelque part, à chaque fois qu'il évoquait une éventuelle jalousie de leur mère vis-à-vis d'elle, elle était rassurée. A l'adolescence, elle commença à se rebeller de plus en plus, lassée de tous ses efforts qui ne servaient à rien, se fichant de l'opinion de ses parents : son frère était de son côté, c'était tout ce dont elle avait besoin.


CHAPITRE 3


- Toujours malade ?

Un matin comme les autres ou presque. San Francisco avait changé depuis deux mois déjà : la ville était mise en quarantaine, les forces de l'ordre traquaient des mutants, la Neo Corp. se chargeait du bien être des habitants … La famille Campbell mettait un point d'honneur à continuer à vivre comme avant toute cette histoire, faisant confiance aux messages pleins d'espoir que diffusait la Neo Corp. Garrett Campbell continuait à travailler en tant qu'avocat, Olivia était toujours femme au foyer, Matthew et Sasha allaient toujours à l'école. Du moins, c'était le cas pour le premier, pas la deuxième. Depuis une semaine, Sasha était malade et restait au lit, pour le plus grand désespoir de sa mère qui devait s'occuper d'elle et qui s'inquiétait même, ne la voyant pas guérir. Elle était brûlante de fièvre, elle n'avait plus de force et mangeait peu. Leur médecin de famille leur avait dit qu'il s'agissait d'une mauvaise grippe, étonnant pour la saison mais tout ce qu'il lui fallait, c'était du repos. Tous les matins, Olivia la réveillait, dans l'espoir qu'elle puisse retourner à l'école. Tous les matins, toujours la même question. Et une réponse toujours aussi faible de la part de Sasha. Oui, elle était encore et toujours malade et elle ne supportait pas se trouver dans cet état, aussi dépendante de sa mère et, par extension, de son père. En grandissant, Sasha avait appris à se débrouiller de plus en plus seule, cherchant toujours plus d'indépendance, ce qu'elle obtenait sans trop de difficultés alors qu'elle n'avait que quinze ans. La seule aide qu'elle acceptait volontiers, c'était celle de son grand frère, âgé de presque vingt-deux ans et fort heureusement, il habitait toujours à la maison : Sasha ne savait pas vraiment comment elle arriverait à vivre s'il n'était toujours pas à ses côtés, supportant de moins en moins ses parents et leurs remarques sur sa manière de vivre. Sa mère, par exemple, ne partageait plus son avis concernant ses cheveux, trop longs à son goût. Son père, lui, ne cessait de lui reprocher le fait de ne pas avoir de projet d'avenir à quinze ans déjà, contrairement à son frère qui était destiné à reprendre son cabinet d'avocat : il faisait donc des études pour, mais Sasha savait qu'au fond, cela ne le passionnait pas. Et elle estimait avoir le temps de réfléchir à son avenir, prenant un malin plaisir à répondre à son père qu'elle ne voulait rien faire. De toute façon, vu la conjecture actuelle, Sasha préférait profiter du moment présent plutôt que de se prendre la tête.

Être alitée, c'était vraiment quelque chose qu'elle détestait, elle qui aimait passer son temps à l'extérieur. L'école lui manquait même : elle se sentait bien mieux là-haut que chez elle. Sa meilleure amie était passée dans la semaine pour lui raconter les derniers ragots et cela lui avait un peu remonter le moral mais sans plus. Elle ne pouvait plus d'être dans ce lit, voir sa mère arriver avec de la soupe et des médicaments à des heures régulières devenait de plus en plus insupportable d'autant qu'elle était très irritable. Matthew lui avait expliqué qu'elle s'inquiétait, qu'elle avait lu dans un journal que les mutations devenaient de plus en plus fréquentes et qu'elle ne voulait pas qu'un membre de sa famille soit touchée. Le fait qu'elle soit malade l'effrayait donc, d'autant que malgré la dose de médicament, la fièvre ne baissait pas. A certains moments, Sasha avait l'impression d'aller mieux, mais c'était des moments assez rares.

- Eh, t'es encore au lit ? Ca va pas là, Sasha.

Sasha ouvrit les yeux en entendant son frère. Il venait de s'asseoir sur son lit et lui relevait une mèche de cheveux qui était tombé sur son visage.

- Tu fais presque peur. Me dis pas que tu t'entraînes pour Halloween, ton déguisement est nul.

Elle souria. Elle souriait tout le temps quand son frère était là. Son anniversaire était dans quatre jours et elle n'avait pas réussi à lui acheter quelque chose. Elle y tenait pourtant : il lui offrait toujours des trucs géniaux et elle ne se sentait jamais à la hauteur. Sasha essaya de se redresser dans le lit et réussit avec l'aide de son frère. Sa tête tournait un peu, mais discuter lui ferait du bien, même si elle avait quelques difficultés à trouver ses mots.

- Tu veux quoi pour ... ton anniversaire ? J'ai pas eu le temps d'acheter quelque chose …

Il leva les yeux au ciel, exaspérée qu'elle pense d'abord à lui.

- Rien du tout venant de toi !
- Mais arrête ... Je veux t'offrir quelque chose ... Je peux peut être demander à Maman …
- Toi ? Toi, tu demanderais quelque chose à Maman ? Répondit-il, hilare.

Sasha se vexa. Il pouvait pas lui dire qu'il voulait un porte-clef ou quelque chose comme ça, tout simplement ? Enfin, il était vrai qu'elle demandait que très peu de chose sa mère, ou à son père, et à chaque fois, elle détestait ça. Elle soupira et finit par regarder par la fenêtre, où les rideaux étaient légèrement ouverts pour faire passer un peu de lumière.

- Tu sais ce que je veux vraiment ? Que tu guérisses. C'est ce que je veux plus que tout, faut que je t'apprennes à conduite, tu te souviens ?

Sasha souria faiblement. Oui, elle se souvenait : ses seize ans arrivaient et elle avait envie d'apprendre à conduite, pour pouvoir se déplacer comme elle le voulait. Bon, maintenant que San Fransisco était coupé du monde, le carburant manquait, mais elle pensait que cette situation n'allait pas durer et une fois que tout redeviendrait normal, elle prendrait ses premières leçons de conduite avec son frère. Mais pour ça, il fallait qu'elle guérisse d'abord, il avait raison.

- Je vais essayer.

Il faudrait bien. Elle ne pouvait pas rater le dîner d'anniversaire de son frère que ses parents organisaient, même si elle était malade. Elle voyait déjà leurs réflexions alors elle ferait tout pour être en forme, quitte à se shooter aux médicaments pendant un temps encore. Elle ferma les yeux un instant et sentit son frère la prendre dans ses bras. Il n'aimait pas la voir ainsi, il s'inquiétait pour sa santé, d'autant qu'à cause de la quarantaine, l'hôpital ne pourrait pas la prendre en charge correctement, il ne leur faisait pas confiance. Enfin, c'était une grippe, elle allait s'en remettre.

~~~

Quelques jours plus tard, la fièvre était tombée mais Sasha n'était toujours pas en forme, étant encore fatiguée. Cependant, elle tenait suffisamment debout pour passer la soirée avec sa famille, le soir de l'anniversaire de son frère. Ces soirs-là étaient sacrés pour ses parents et ils avaient pour habitude d'inviter les grands-parents et le reste de la famille. Sauf que cette année, ce fut quelque peu différent : seuls les grands parents paternels habitaient à San Francisco, ils n'avaient pas de nouvelles de l'autre partie de la famille. Malgré tout, Olivia et Garrett Campbell tenaient à cette soirée et la situation particulière de la ville n'allait rien gâcher. Sasha avait le droit au même genre de fête, pour faire bonne figure, mais elle avait remarqué que ses parents se cassaient moins la tête pour lui faire plaisir et c'était souvent son frère qui les aidait à tout préparer. Mais elle n'y faisait plus attention : elle attendait ses dix-huit ans pour partir loin, dans une université prestigieuse et le seul qui lui manquerait serait son frère.

Sauf que ce soir-là, tout bascula pour Sasha et ses maigres projets d'avenir devraient changer. La soirée se passait bien, les parents étaient de bonnes humeur et Olivia semblait même soulagée de voir sa fille enfin debout et ce, malgré un teint toujours pâle. Sasha était ravie de pouvoir passer une soirée normale, bien que le manque du reste de sa famille se faisait sentir : ses parents parlaient déjà de refaire une soirée d'anniversaire pour Matthew quand ils pourraient sortir de San Francisco. Lui, il s'en fichait un peu, il était juste content que sa sœur soit un peu rétablie. Et puis vint le moment d'allumer les bougies du gâteau. C'est les grands-parents qui demandèrent à ce que la soirée soit écourtée avec l'arrivée du gâteau, parce que, avec ces conditions si particulières, ils ne voulaient pas rentrer trop tard chez eux. Sasha décida alors qu'elle s'en chargerait, se portant volontaire, n'étant pas vraiment intégrée dans la discussion principale du moment et partit dans la cuisine pour le chercher. Seulement, elle eut quelques problèmes pour allumer les bougies : elle avait beau appuyer sur le briquet, la flamme ne voulait pas sortir et elle commença à s'énerver. Son père arriva alors, agacé du temps qu'elle prenait.

- Mais bon sang, tu fous quoi ? T'as pas entendu tes grands-parents ? Ils veulent rentrer rapidement.

Elle soupira, sachant d'avance que s'expliquer ne servirait à rien, pas avec son père. Il la voyait toujours comme une incapable et lui dire qu'elle n'arrivait pas à allumer un briquet serait une sorte de suicide, il ne ferait que la rabaisser et Sasha n'avait pas la force de se battre. Elle s'acharna encore un peu et une flamme apparut enfin, juste quand son père s'approchait encore pour se charger lui même des bougies. Il rebroussa chemin en marmonnant et Sasha le suivit avec le gâteau géant, bien trop grand pour cinq personnes.

- Mademoiselle a eu quelques problèmes, mais elle a bien trop de fierté pour demander de l'aide, dit-il, alors qu'ils revenaient tous les deux dans la salle à manger.

Sasha serra les dents et soupira une nouvelle fois. Elle portait le plateau avec le gâteau et du coup, elle éteignit les vingt-deux bougies d'un coup, ce qui fit râler son père, encore une fois, alors que tout le monde commençait à chanter la traditionnelle chanson.

- Non mais quelle incapable ! Souffler au dessus d'un gâteau, mais tu penses à quoi ? Tu veux nous gâcher la fin de la fête, c'est ça ?
- C'est bon, je vais le rallumer, c'est qu'un gâteau ! 

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée. Son père était de mauvaise humeur apparemment, sûrement parce que la soirée ne ressemblait pas à celle qu'il avait imaginé, et évidemment, c'était à elle qu'il s'en prenait. Mais elle avait l'habitude. Il fallait juste qu'elle se concentre sur quelque chose pour ne pas partir en furie. Faire plaisir à son frère. Voilà une bonne motivation.

Elle avait mis le briquet qu'elle avait utilisé dans la poche de son gilet, au cas où et elle n'eut donc pas à courir dans la cuisine pour en récupérer un. Elle déposa le gâteau devant son frère, avec un sourire qu'il lui rendit, et alors qu'elle sortait le briquet, son père s'approcha en tendant la main.

- Donnes-moi ça, tu vas encore une fois pas y arriver.
- Mais je sais le faire ! siffla-t-elle.

Elle leva le briquet, d'un geste brusque et fit tourner la molette : une énorme flamme apparut alors et son père eut un mouvement de recul.

- C'était quoi ça, encore ? T'as essayé de faire quoi ?! Me brûler ?

Sasha regarda le briquet, puis son père. Non, elle n'avait rien fait. C'était ce briquet qui avait un problème, pas elle. Elle le ralluma alors pour lui montrer qu'elle n'y était pour rien et la flamme s'alluma normalement cette fois.

- T'as vu ? C'est pas moi, c'est le briquet qui déconne !

Sauf que, c'était vraiment Sasha qui avait un problème. Elle leva sa main de libre vers la flamme créée par le briquet pour lui montrer que c'était l'objet et pas elle. Mais, lorsqu'elle approcha sa main, elle ne sentit rien, pas de chaleur, rien. Elle ne sentit même pas la flamme passer du briquet à sa main : c'est lorsque sa mère et sa grand mère crièrent qu'elle se rendit compte que quelque chose n'allait pas. La flamme flottait maintenant dans la paume de sa main et elle la sentait à peine. Elle lâcha le briquet et secoua sa main, pour faire partir cette flamme qui ne la brûlait pas. Son père s'approcha alors, lui attrapa le poignet et, prise par surprise, Sasha détourna son attention de cette flamme, qui s'éteignit automatiquement. Plus personne ne parlait, mais tous partageaient la même pensée : ce n'était pas normal. Le père regarda la paume de sa fille, fermant ensuite les yeux. Lui, il n'avait plus de doutes : sa fille était une mutante. Sauf que tout le monde n'était pas arrivé à la même conclusion aussi rapidement. Lorsqu'il l'entraîna vers le hall, la tenant fermement par le bras, tous se levèrent et Matthew fut le premier à s'interposer.

- Arrête, tu lui fais mal ! C'est quoi le problème maintenant ? On peut plus manger tranquillement mon gâteau ?

Garrett s'arrêta et son regard se porta sur chacun des membres de sa famille, Sasha en dernière. Sa fille était une terrible déception, depuis sa naissance et ça, c'était la dernière chose dont il avait besoin. Une mutante. Pourquoi aurait-elle été capable d'attraper cette flamme, la tenir dans la paume de sa main sans aucune brûlure ? Aucun doute. Il savait ce qu'il devait faire. Enfermer sa fille. Et réfléchir sur son sort. Elle pouvait être dangereuse, ils ne pouvaient pas la garder. Devant le regard insistant de sa femme, il finit par s'expliquer, tenant toujours fermement sa fille qui, elle, semblait paniquée par ce qu'elle avait fait et lançait des regards désespérés à son frère mais celui-ci n'osait pas s'interposer plus, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Enfin, il refusait surtout d'accepter ce qu'il venait de se passer et niait toutes possibilités concernant la possible mutation de sa sœur – il n'était pas stupide, il craignait juste la suite.

- C'est une mutante, voilà. Ce qu'elle vient de faire, ce n'est pas normal. Sa soit-disant grippe non plus. C'est une mutante. Vous avez lu comme moi les journaux et ces histoires de capacités étranges ? Nous avons une mutante dans la famille.

Sur ces mots, les femmes fondirent en larmes. Matthew regardait sa sœur, impuissant. Il avait connu un mutant, c'était un bon ami à lui à la fac … Mais il avait disparu du jour au lendemain, à cause de sa mutation. Il l'avait appris par la famille de ce type, qui n'avait plus aucune nouvelles désormais. Sasha, elle, ne savait pas quoi faire. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'il se passait. Tout allait trop vite. Elle n'essayait même pas de se défaire de l'emprise de son père. Il lui faisait mal, des larmes commençaient à couler … Mais elle n'avait pas la force de se défendre. Une mutante. Ces mots résonnaient encore dans sa tête. Sans un mot, son père l’emmena dans sa chambre, la traînant derrière lui. Il la lâcha une fois dans la pièce et sortit en claquant la porte, en lui demandant de ne pas bouger. Sasha, sous le choc, observait la main qui avait tenu la fameuse flamme. Elle avait peur. Peur de ce qu'il allait arriver. Elle ne s'était pas intéressée aux mutations jusqu'à présent : elle vivait dans son monde, continuait à aller au lycée, se préoccupant de ses propres problèmes d'adolescente. C'est lorsqu'elle entendit la porte se verrouiller qu'elle paniqua vraiment. Ils allaient faire quoi maintenant ? Pourquoi se retrouvait-elle enfermée ? Elle ne comprenait pas. Tout la dépassait. Elle finit par s’asseoir sur son lit, rassemblant ses genoux contre elle. Elle avait que ça à faire.

Sasha était incapable de dire combien de temps elle était restée sur son lit, à attendre. Elle entendit des pas précipités sur le pallier et la porte s'ouvrit doucement. Elle découvrit avec soulagement que celui qui venait d'entrer, c'était son frère. Elle courut vers lui et plongea dans ses bras, après qu'il eut refermé la porte. Elle cherchait du réconfort. Elle était perdue, c'était le seul à pouvoir l'aider. Sauf qu'il la rejeta, l'attrapant alors par les épaules. Il se baissa légèrement pour mieux lui parler.

- Sasha, écoute moi bien. Ça craint. Les parents, ils ont décidé d'appeler les Peacekeepers.

Sur ce, il la lâcha et se dirigea vers son armoire, pour attraper un sac dans lequel il mit plusieurs affaires.

- Je comprends pas, pourquoi les Peacekeepers ? J'ai rien fait ...

Les larmes montèrent à nouveau. Oh, elle connaissait les Peacekeepers et leur rôle. Ils devaient trouver les personnes comme elle, pour les emmener quelque part, parce qu'ils représentaient un danger pour la population. Elle prit plus ou moins conscience de la situation : ils allaient venir la chercher. Elle resta pensive quelques secondes et reprit ses esprits lorsque son frère lui envoya un jeans.

- Enfile ça, tu peux pas rester en robe. Les parents viennent de les appeler, on a pas de temps à perdre.
- Mais … Mais je veux pas fuir ! Je veux pas être … Hors la loi !
- Prends une veste et des chaussures.


Matthew lui lança un regard sévère et elle s'exécuta. Elle enfila le jeans par dessus la robe, prit une paire de basket et une veste en cuir noire, pendue dans son armoire. Son frère s'activait toujours, cherchant quelques trucs. Elle ne savait pas quoi faire, elle ne voulait pas s'enfuir. Où irait-elle ? Elle savait se débrouiller mais pas vivre seule, quelque part, loin de chez elle. Elle ne se voyait absolument pas vivre à la rue : sa maison confortable lui manquerait trop. Et son frère ? La suivrait-il ? Elle l'espérait. Même si elle avait quelques doutes là-dessus. Elle voulut lui poser la question mais son frère la pressa.

- Ok, on y va.

Sasha le regarda, apeurée. Elle n'était pas prête. Il lui avait rempli son sac d'affaires de rechange, le stricte minimum. Ne la voyant pas bouger, il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.

- Je ne veux pas te perdre, tu m'entends ? Je ne veux pas.

Sur ce, il l'attrapa par la main, l'entraînant derrière lui, le sac préparé à la va-vite coincé sur ses épaules. Les Peacekeepers n'allaient pas tarder à arriver. Cela faisait déjà une dizaine de minutes, ils n'avaient plus beaucoup de temps. Il détesta ses parents, sur le coup. Ils ne comprenaient pas comment ils avaient pu oser les appeler, alors qu'il avait essayé de les convaincre d'attendre le lendemain, pour voir s'il se passait encore quelque chose. Mais pour la première fois depuis vingt-deux ans, ils n'écoutèrent pas et ne cédèrent pas au caprice de leur fils. Et ça, c'était extrêmement frustrant.

Ils descendirent les escaliers le plus doucement possible. Les grands-parents étaient partis, encore sous le choc. Et les parents discutaient violemment dans le salon. Leurs disputes étaient rares mais dans de pareilles circonstances, la tension était trop forte. D'après ce qu'ils avaient pu vaguement entendre, Olivia regrettait l'appel trop rapide aux Peacekeepers. Mais ils n'avaient pas le temps d'écouter plus. Sasha devait sortir de la maison avant l'arrivée des forces de l'ordre. Matthew l'entraîna alors dans la cuisine où une porte donnait sur le jardin. Toujours aussi doucement, il l'emmena derrière la maison. Ils entendaient déjà les sirènes au loin. Sasha avait peur. Elle tremblait, elle pleurait : elle n'était pas trop pour l'idée de partir : que ce soit toute seule ou avec les Peacekeepers. Elle voulait que tout soit normal, que ses parents oublient ce truc qui n'allait pas chez elle et finir la soirée tranquillement. Elle n'acceptait pas du tout ce qu'il venait de se passer et tout le monde prenait des décisions à sa place : son père avait appelé les Peacekeepers et son frère la faisait fuir. Elle faisait confiance à Matthew – il faisait toujours au mieux pour elle - mais elle n'avait pas vraiment envie de partir, pas comme ça. Ce dernier lui mit son sac sur le dos et l'embrassa sur le front.

- Cours. Cours le plus loin possible. Vas te cacher quelque part, loin, dans la Seamy Area. J'ai …
- Attends, tu viens pas ?


Le regard de Matthew s'assombrit. Non, il ne venait pas. Il ne pouvait pas. Pas pour le moment. Ce serait trop flagrant et il devait rester du bon côté pour pouvoir aider au mieux sa sœur. Mais lui faire comprendre ça allait être difficile, il le savait. Il la reprit dans ses bras un instant.

- Écoute moi. Tu as une carte dans ton sac. Cours le plus loin possible et après, quand tu estimeras être en sécurité, regarde cette carte et vas te réfugier sur l'endroit que j'ai entouré en rouge. Caches-toi. Et dans trois jours, rejoint l'endroit entouré en vert, je serais là.
- Pars avec moi … Je peux pas, pas toute seule ...


Sasha avait dû mal à articuler : les sanglots l'emportaient. Tout allait trop vite et elle avait besoin de son frère. Trois jours, c'était long. Trois jours toute seule, non, elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas.

- Je veux un autre cadeau pour mon anniversaire. Je veux que tu sois en sécurité et pour ça, il faut que tu t'en ailles, seule.

Il savait trouver les mots. Mais elle ne put rien dire de plus. Des voitures tournèrent dans leur rue. Aussitôt, Matthew la poussa hors de leur jardin.

- Cours. Dans trois jours, n'oublies pas. Fais moi confiance.

Elle s'exécuta. Elle lui faisait confiance. Trois jours, non, elle n'oublierait pas. Mais elle ne savait pas si elle serait vivante encore.

Sasha courut le plus vite possible, oubliant la fatigue, les larmes, l'air qui lui manquait. Elle se revoyait tenir cette flamme. Son père la voyait comme un monstre. Et au fond, c'était peut être ce qu'elle était.

~~~

Sasha était paumé. Elle avait passé deux jours à se cacher, à rester dans une maison abandonnée, repensant sans cesse à ses parents, son frère, les Peacekeepers et sa nouvelle situation : elle ne réalisait pas tout à fait pour le moment. Elle avait couru le plus vite possible ce soir là, ne s'arrêtant que lorsqu'elle était sorti de la Bright. Sa motivation : c'était la volonté de son frère. Et quelque part, elle aussi voulait échapper aux Peacekeepers, refusant l'idée d'être enfermée et ne sachant pas ce qu'il se passerait après. Son seul regret : que Matthew ne soit pas venu avec elle. Elle serait tellement plus en sécurité avec son frère ! Là, elle avait très peu dormi en trois jours, sursautant au moindre petit bruit, se préparant à fuir, une nouvelle fois. Elle n'était pas sortie, elle était restée à l'endroit indiqué par son frère sur la carte, une large zone en fait, et elle s'était cachée dans cette maison, vide. Elle l'avait fouillé avant de s'installer au fond d'un placard, dans une chambre, au cas où des gens viendraient : le placard lui avait semblé être la meilleure des cachettes, estimant que personne n'irait la chercher jusque là.

Les deux premiers jours furent très long. Elle n'avait qu'une hâte : voir son frère. Pour qu'il dise qu'elle pouvait rentrer maintenant, qu'il avait parlé aux parents et que la situation s'était arrangé : les Peacekeepers ne viendraient plus, ils oublieraient tous ce léger accident. Le matin du troisième jour, elle ne pouvait plus attendre et se rendit à l'endroit indiqué par son frère, un parc déserté lui aussi, très tôt dans la matinée. Elle attendit longtemps, seule, à découvert, mais elle s'en fichait : elle voulait voir son frère, elle voulait de bonnes nouvelles. Sauf que ça, c'était des espoirs un peu trop optimistes et irréalistes. Seulement, elle préférait penser ainsi : ces deux jours lui avaient confirmé qu'elle ne pouvait pas vivre comme ça, dans la peur.

Lorsque son frère arriva, elle ne put s'empêcher de pleurer, encore une fois. Elle était plutôt forte en temps normal, mais elle ne contrôlait rien de la situation et elle ne le supportait pas. Matthew la prit dans ses bras, longuement, avant de l'entraîner sur un banc.

- Tu m'as manqué.

Sasha le regarda. Il lui avait manqué à elle aussi. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir quand même : il l'avait laissé seule, dans un monde qu'elle ne connaissait pas. Elle ne répondit donc pas et baissa la tête. Elle attendait bien plus de son frère et lorsqu'il reprit la parole, elle espérait qu'il lui donne de bonnes nouvelles.

- Je suis désolée de pas t'avoir suivi mais, je ne pouvais pas.

Sasha leva la tête : ce n'était pas franchement ça qu'elle attendait mais s'il pouvait lui dire qu'il la rejoignait maintenant, elle en serait plus ravie. Elle le regarda alors, pleine d'espoir.

- Et maintenant, tu peux ?

Matthew ne répondit pas. Pire encore : il baissa la tête. Sasha ne put s'empêcher de s'énerver : elle ne pensait pas son frère aussi lâche. Et elle en comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas la rejoindre. Qu'est ce qu'il le retenait ? Sasha se leva alors. S'il ne voulait pas être avec elle, elle ne voyait pas pourquoi elle resterait : elle s'était bien débrouillée pendant deux jours, elle survivrait encore, jusqu'à ce qu'il cède. Il finissait toujours par céder avec elle. Mais Matthew ne la laissa pas aller bien loin. Il la rattrapa et la prit par la main.

- Laisse moi t'expliquer. S'il-te-plaît.

Sasha soupira : de toute façon, quand ce n'était pas lui qui cédait, c'était elle. Même si elle était tenace, elle tenait tellement à son frère qu'elle voulait qu'il s'explique, qu'il lui expose ses raisons. Et elle espérait qu'elles soient bonnes. Elle croisa les bras alors et lui fit un signe de tête, l'incitant à poursuivre.

- Je ne peux pas te suivre pour la simple et bonne raison qu'à deux, on se ferait prendre plus facilement. Ce serait trop flagrant. Là, les parents ne se doutent de rien : ils ne savent pas que je t'ai aidé à t'enfuir. D'après eux, ce serait grâce à ton pouvoir que tu aurais réussi à ouvrir la porte et à fuir. Tu es recherchée mais pour le moment, on ne me soupçonne pas. Et, tant que ça reste comme ça, je pourrais t'aider au mieux et …

L'aider au mieux ? Loin d'elle ? Sasha leva les yeux au ciel et le regarda avec froideur. Non mais comment pouvait-il s'imaginer que l'aider au mieux en restant bien au chaud dans leur maison, avec l'argent et le confort nécessaire pour vivre ? Elle l'interrompit alors, ne supportant pas son raisonnement.

- Comment tu veux m'aider si tu n'es pas avec moi ? Je ne peux pas, je ne veux pas rester toute seule, d'accord ? J'ai besoin de toi, avec moi. Je comprends pas ce qu'il m'arrive et j'ai besoin de mon frère pour me soutenir. Mais si t'es loin, je vois pas comment tu pourras y arriver. Je voulais même pas fuir, d'abord.

Non, l'idée ne lui avait pas effleuré l'esprit jusqu'à ce que son frère vienne la chercher, en catastrophe, parce que les Peacekeepers allaient arriver, pour elle. Elle avait juste fait confiance à son frère.

- C'était la meilleure des solutions. Je ne voulais pas te voir enfermé à cause de ta mutation. Et te voir malheureuse, c'était inimaginable.
- Parce que tu crois que je suis heureuse, là ? J'ai pas mangé à ma faim pendant deux jours, je me suis pas lavée, j'étais loin de tout, j'ai vu personne, c'est pas une vie ! Avec les Peacekeepers, j'aurai été bien mieux.
- Ne dis pas ça ! C'est faux ! On a plus de nouvelles des gens emmenés par ces flics, on sait pas ce que tu pourrais vivre et si tu dis ça, c'est juste parce que tu es en colère à cause de moi. Je te connais, Sasha, tu détesterais être enfermée.


C'était vrai. Mais, mauvaise foi oblige, Sasha ne l'avouerait pas, pas maintenant. Elle tourna la tête alors, essayant d'arrêter les larmes qui recommençaient à couler. Son frère la reprit dans ses bras mais elle lui en voulait toujours. C'était plus facile de rejeter sa colère contre lui que contre elle-même, contre sa mutation de merde qu'elle ne comprenait pas. Elle finit par se dégager : elle avait envie de connaître la suite des plans de son frangin.

- Et on fait quoi maintenant ? Qu'est ce que je fais ? Je me cache pour l'éternité ?

Sasha parlait avec colère et son frère comprenait. Lui-même était en colère à cause du sort de sa sœur. Elle ne méritait pas ça selon lui. Ses parents la voyaient comme un monstre : c'était injuste. Elle n'avait pas demandé à développer un don. Une idée germa dans son esprit et il espéra qu'elle soit bonne, suffisamment pour qu'elle et lui essaie de surmonter cette épreuve. Il verrait sa mutation comme un don du ciel, quelque chose de merveilleux et il essayerait de convaincre sa sœur de la même chose. Alors, il décida de jouer son rôle de grand frère parfait et la prit par les épaules. Essayer de lui faire accepter la situation pour le moment, c'était son seul et unique pouvoir.

- Ce qui t'arrive, c'est pas de ta faute, faut que tu le comprennes. Et surtout, tu n'es pas un monstre, Papa a tord. Tu es toujours aussi merveilleuse qu'avant, voire même plus. Tu as un don.

Sasha le regarda, septique, les yeux rouges. Elle n'était pas persuadée qu'il s'agisse d'un don. Elle était dangereuse, voilà. Elle avait entendu les messages de sécurité de la Neo Corp. Le gouvernement avait fermé la ville à cause des mutations. Pourquoi ? Parce que c'était dangereux. Elle pouvait tuer quelqu'un et ça, ça lui faisait peur. Voyant le peu de réaction de sa sœur, Matthew essaya de l'encourager un peu plus.

- Crois moi, arrête de croire les médias. Essaies de penser par toi même.
- Ca me dit toujours pas ce que je dois faire.

Matthew soupira. Sa sœur était têtue. Lui faire comprendre quelque chose lorsqu'elle pensait l'inverse, c'était difficile. Mais il y arriverait : il suffisait d'abord qu'il lui montre qu'il croyait dur comme fer que sa mutation était quelque chose de fantastique – il finirait par le croire réellement – et elle lui ferait confiance. Elle accepterait ce qu'elle était un jour ou l'autre. Il l'avait aidé à surmonter le manque d'affection de leur parents, il réussirait à l'aider à surmonter une nouvelle épreuve.

- Pour le moment, il faut que tu te fasses discrète. Attends avant de t'énerver ! Je viendrais te voir le plus souvent possible. Disons … Deux fois par semaine, ici, dans ce parc ou ailleurs. Toujours à la même heure. Tu manqueras de rien. A chaque fois, je te ramènerai à manger. Je vais pas te laisser seule, d'accord ? Et tu me feras un rapport détaillé de tes journées. Je te fais confiance, Sasha, je sais que tu es capable de te débrouiller, mieux que moi en plus.

Ce plan ne lui plaisait pas trop. Déjà, rester toute seule, sans défense, dans cette zone abandonnée, ça lui faisait peur. Et si on l'attaquait ? Elle ne pouvait pas compter sur les Peacekeepers pour la défendre. Elle devrait compter sur ses propres moyens et qu'avait-elle de plus ? Une mutation à la con. Un don. Et elle refusait de s'en servir. Elle ne savait même pas comment ça marchait.

- Et si je dis non, tu vas faire quoi ? Je veux rentrer Matthew, j'en peux déjà plus après deux jours. Je veux notre maison, ma chambre, mon lit …
- Sois raisonnable, tu ne peux pas rentrer. Tu ne te rends pas compte. Tout le monde ne pense pas comme moi. Il faut que tu restes cachée.


Sasha soupira : son frère ne la laisserait pas rentrer. Elle essaya de se projeter un peu dans l'avenir : à la rue, évitant un maximum les gens, squattant les maisons abandonnées, voyant son frère deux fois par semaine. Et que ferait-elle de ses journées ? L'école allait lui manquer. Toute sa vie allait lui manquer, même les réflexions désagréables de ses parents.

- Essaies au moins. Je t'assure que c'est ce qu'il y a de mieux. En attendant de trouver autre chose.
- Ok. J'essaie de vivre comme ça. Mais, promets moi que ça ne dureras pas.
- Je te le promets, Sasha. Reste cachée et tout ira bien.


Elle n'avait pas le choix, elle ferait avec. Elle devait faire confiance à son frère et essayer de trouver un moyen de vivre plus ou moins correctement. Matthew resta un petit moment avec elle avant de la laisser, avec quelques provisions et autres affaires, lui disant qu'il se reverrait dans quelques jours. Il s'inquiétait pour elle, évidemment, et la laisser toute seule le tuait, mais il ne pouvait pas faire autrement : la cacher à l'université ou même chez eux était bien trop risqué, elle finirait par se faire prendre. Ici, elle restait plus ou moins anonyme : les Peacekeepers avaient beaucoup de monde à trouver, Sasha n'allait pas faire partie de leur priorité et tant qu'elle restait cachée, elle ne risquait rien. Avant de la quitter, il lui demanda aussi de s'entraîner, de chercher à savoir comment fonctionnait sa mutation – ou don, comme il se forçait à l'appeler. Elle, elle ne voulait pas, il l'avait bien vu, mais il avait réussi à lui arracher une petite promesse, une de plus. Sasha allait au moins chercher à savoir comment fonctionner son pouvoir dans le but de se défendre, à l'avenir. Mais il savait que lui faire accepter sa nouvelle condition serait une longue tâche, pas facile qui plus est.





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Dernière édition par Sasha Campbell le Sam 29 Déc - 17:07, édité 8 fois
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Sam 29 Déc - 0:09


Histoire


CHAPITRE 4


Sasha essayait peu à peu de se créer un nouveau quotidien, une nouvelle vie, mais ce n'était pas toujours évident. Le confort de la maison familial lui manquait, de même que la présence constante de son frère. Elle le voyait régulièrement, certes, mais c'était des moments trop bref, trop court et la plupart du temps, après un rapide résumé de leur vie respective, il la poussait à découvrir sa mutation ce qui ne plaisait pas vraiment à Sasha qui refusait de faire ça toute seule, se trouvant trop dangereuse. Depuis son plus jeune âge, elle avait appris que le feu était dangereux : elle se voyait déjà brûler une maison toute entière – son refuse par exemple. D'abord, les flammes attireraient l'attention. Puis, elle pouvait se blesser et pire même, blesser des gens, voire les tuer. Donc s'entraîner toute seule était proscrit. Elle n'osait même plus toucher à une allumette, pour dire.

Un jour, son frère avait ramené des tas de briquet – collection d'un ami lui avait-il dit – pour reproduire la scène du soir de sa fuite. Après quelques essais, Matthew avait déduit qu'elle n'avait qu'un contrôle sur les flammes : elle ne pouvait pas en créer, malgré les multiples efforts de Sasha. Au fil de ces séances d'entraînement, elle avait réussi à faire passer une flamme d'un briquet à la paume de sa main mais c'était tout ce qu'elle savait faire pour le moment et pour elle, c'était déjà bien suffisant. Matthew avait réussi à lui faire promettre de toujours avoir un briquet sur elle, au cas où : c'était son seul moyen de défense. Mais elle n'était pas vraiment prête à s'en servir.

Elle sortait très peu les premières semaines, mais elle commençait à prendre un peu d'assurance, ne supportant plus d'être enfermée. Évidemment, elle parlait très peu de ses escapades à son frère qui souhaitait qu'elle reste cachée, non seulement à cause des Peacekeepers mais aussi à cause des gens malfaisants qu'elle pourrait rencontrer. Étant une gamine de quinze ans, jolie qui plus est, Sasha était une proie bien trop facile. Mais la solitude lui pesait trop, elle voulait voir du monde, même sans parler à quelqu'un : se balader sur le Black Market lui suffisait, l'endroit lui rappelait l'ambiance bruyante du lycée, un lieu qui avait toujours été rassurant pour elle car elle avait vraiment pu s'épanouir là-bas, étant aimé par la plupart de ses camarades par son caractère un peu rebelle. Enfin, le Black Market n'était pas aussi rassurant et Sasha avait du se rendre à l'évidence qu'elle aurait bien du mal à reconstruire un endroit où elle se sentirait chez elle dans de telles conditions.

Elle avait appris qu'un mouvement avait été crée, mouvement qui rassemblait des mutants recherchés pour la plupart et où les gens s'entraidaient. Mais elle n'était pas prête à le rejoindre. Pas tant qu'elle n'aurait pas accepté sa mutation. Pas tant qu'elle n'était pas sûre de le vouloir vraiment. Et puis, son frère serait peut être contre, qui sait. Quelque part, elle se disait que faire parti de ce mouvement l'aiderait peut être à accepter qui elle était, qu'il pourrait lui apporter un soutien supplémentaire : elle savait que Matthew faisait tout pour l'aider, mais il ne vivait pas la situation comme elle. Aussi, parler à quelqu'un d'aussi perdu qu'elle l'aiderait peut être à sortir de son état de semi-dépression. Parce que pour le moment, à part pleurer, se plaindre et voir tout en noir, elle ne faisait pas grand chose.




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Dernière édition par Sasha Campbell le Sam 29 Déc - 12:33, édité 5 fois
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Sam 29 Déc - 0:24

Bienvenue dans notre monde Mademoiselle Campbell ^^


Spoiler:
 


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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Sam 29 Déc - 14:10

Bienvenue :)
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Sasha Campbell
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Sam 29 Déc - 18:12

Merci à vous deux ♥

Je pense avoir fini, j'ai bâclé la fin de l'histoire et le caractère, mais il fallait vraiment que je termine >< Désolée, pour l'histoire à rallonge, d'ailleurs, je voulais me rattraper par rapport à celle de Charlie faite à la va-vite XD



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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Dim 30 Déc - 2:56

J'ADORE *__* Je suis fan de cette gamine ! Et j'adore cette histoire o.o
Je n'ai vu absolument aucune incohérence, ton style est toujours aussi agréable à lire, je n'ai pas vu de fautes, BREF, validée, évidemment. ♥



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Eryn Blake
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Dim 30 Déc - 8:48

o/*

N'oublie pas tes fiches de personnages pour indiquer tes DC, ma biche ♥


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Sasha Campbell
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Dim 30 Déc - 12:48

Huhu merci :D Contente que ça te plaise Jeff ! ♥

Eryn, je m'occupe de tout ça dans l'après midi, tu fais bien de me le rappeler XD



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Jeffrey J. Gallagher
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Message Sujet: Re: Sasha Campbell | Dim 30 Déc - 14:29

Je déplace donc la fiche ♥ Et pour ton rang, aussi, si tu as une idée, n'hésite pas à proposer o.o



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